
Marine Le Pen réaffirme à « mille pour cent » sa confiance en Jordan Bardella après les messages antisémites de 2013
Marine Le Pen a écarté les révélations de Mediapart sur les messages antisémites qu'aurait écrits Jordan Bardella en 2013, lors d'un sommet de l'élevage près de Clermont-Ferrand, tandis que Bardella a déposé des plaintes en justice.
Le Pen soutient le président du parti
Marine Le Pen a publiquement réaffirmé mercredi 7 octobre 2026 sa pleine confiance dans le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, rejetant les informations qui lui attribuent des messages antisémites. En visite au Sommet de l'élevage près de Clermont-Ferrand, la candidate du RN à la présidentielle a qualifié les révélations du site d'investigation Mediapart de manœuvre en sous-main. Marine Le Pen avait déjà qualifié l'enquête de sabotage politique et promis de démonter les accusations visant Jordan Bardella, qu'elle entend nommer Premier ministre en cas de victoire électorale.
Je suis absolument certaine que nous faisons face à une manœuvre infâme de la part de Mediapart et je maintiens totalement, à mille pour cent, ma confiance en Jordan Bardella.
- Meta extrait l'archive Facebook citée dans le reportage de Mediapart
- Mediapart publie une enquête attribuant à Jordan Bardella des messages antisémites de 2013
- Un huissier certifie les relevés de messages Facebook extraits
- Jordan Bardella rejette les accusations lors de la conférence de presse budgétaire du RN
- Marine Le Pen affirme sa pleine confiance en Jordan Bardella au Sommet de l'élevage
Bardella nie être l'auteur des messages et dépose des plaintes
La controverse a commencé avec une enquête de Mediapart publiée le 28 septembre 2026, qui attribuait à Jordan Bardella des écrits antisémites de 2013. Le président du parti, âgé de 31 ans, a nié l'intégralité des faits et déposé une plainte en diffamation, tout en annonçant une seconde plainte pour faux et usage de faux. Lors d'une conférence de presse tenue mardi au siège du RN pour présenter le programme budgétaire de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, Jordan Bardella a pris à partie les journalistes de Mediapart et rejeté l'authenticité des documents.
Je conteste formellement vos accusations. Je conteste vos preuves et je conteste vos sources.
Jordan Bardella s'est également exprimé sur un second article publié jeudi, qui citait des données de messages Facebook extraites par Meta le 16 août 2026 et certifiées par un huissier le 29 septembre. Il a déclaré ne pas disposer d'un compte Facebook personnel actif et ne pas avoir pu demander l'archivage de ses messages, expliquant que sa page publique est gérée par les équipes de communication du parti.
Polémique sur les témoins et les journalistes d'investigation
Lors de la conférence de presse du parti mardi, Jordan Bardella a accusé les journalistes d'investigation d'avoir manipulé une ancienne connaissance qui s'était exprimée auprès du média Les Incorrectibles. Mediapart a maintenu que cette personne n'était pas la source initiale de la fuite et confirmé l'exactitude des propos cités. Jordan Bardella a aussi mis en cause le journaliste d'investigation de Mediapart Antton Rouget, évoquant des procédures judiciaires passées autour d'un monument aux morts et une participation dans sa jeunesse à une organisation interdite en Espagne.
J'imagine que vous auriez adoré me voir poser un genou à terre, mais vous vous méprenez lourdement sur mon compte.
Histoire du parti et enquêtes d'opinion
L'examen des messages de 2013 s'inscrit dans une attention plus large portée à l'histoire institutionnelle du RN, fondé en 1972 par d'anciens membres de la Waffen-SS et des sympathisants néonazis. Les enquêtes annuelles de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) mesurent depuis plusieurs années les préjugés antisémites chez les sympathisants du RN. Le taux mesuré chez les sympathisants du RN s'établissait à 54 % en 2023, est passé à 55 % en 2024 et a reculé à 48 % en 2025.
- 2023
- 54 %
- 2024
- 55 %
- 2025
- 48 %
L'attention s'est aussi portée sur les liens passés entre la direction du parti et le groupe étudiant d'extrême droite Groupe Union Défense (GUD), actif de 1968 à 2024, ainsi que sur le passage de Jordan Bardella à la tête de la fédération départementale du parti en Seine-Saint-Denis.


