
Marine Le Pen dévoile un contre-budget de 140 milliards d'euros, sur fond de controverse autour de Jordan Bardella
La candidate du Rassemblement national à la présidentielle, Marine Le Pen, a proposé 140 milliards d'euros d'économies nettes et 30 milliards d'euros de baisses d'impôts sur cinq ans, tout en défendant le président du parti, Jordan Bardella, face à des accusations d'antisémitisme.
Propositions budgétaires et objectifs économiques
Mardi matin, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle, Marine Le Pen, a présenté un projet budgétaire alternatif au siège du parti, dans le 16e arrondissement de Paris. Le plan prévoit un effort de 140 milliards d'euros d'économies nettes sur cinq ans, jusqu'en 2032, afin d'établir sa crédibilité gouvernementale avant l'élection présidentielle de 2027. Marine Le Pen a associé ces réductions de dépenses à 30 milliards d'euros de baisses d'impôts proposées sur la même période de cinq ans. Selon les projections du parti, le déficit budgétaire français passerait de 5,6 % du produit intérieur brut cette année à moins de 3 % d'ici 2030. La présentation a eu lieu quelques jours après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé les propositions budgétaires officielles du gouvernement pour 2027.
- Économies nettes sur cinq ans
- 140 mds €
- Proposition d'économies d'août au Medef
- 125 mds €
- Baisses d'impôts sur cinq ans
- 30 mds €
Évolution de la stratégie budgétaire du RN
Le paquet d'économies de 140 milliards d'euros va au-delà des engagements pris plus tôt par Marine Le Pen devant le monde économique. Fin août, elle s'était exprimée devant le Medef, où elle avait promis 125 milliards d'euros de coupes dans les dépenses sur un cadre pluriannuel. Lors de la présentation parisienne devant environ 60 journalistes, les responsables du parti ont affirmé que le nouveau dispositif inverserait la dérive des comptes publics et rassurerait les marchés financiers. Économistes et opposants politiques ont relevé que des éléments clés restent flous, s'interrogeant sur les prévisions de croissance qui sous-tendent les estimations de recettes et d'économies. Marine Le Pen a présenté ce plan financier comme la preuve que le parti est prêt à passer du rôle d'opposition à l'exercice du pouvoir.
Accusations d'antisémitisme autour de Jordan Bardella
Le lancement budgétaire a coïncidé avec la controverse visant le président du parti, Jordan Bardella, après des révélations publiées dix jours plus tôt par Mediapart. Le site d'investigation a rapporté que Jordan Bardella avait tenu des propos antisémites dans des conversations privées sur Facebook en 2013, alors qu'il avait 17 ans. Mediapart a indiqué qu'un huissier avait vérifié l'authenticité des messages, qui contenaient des déclarations sur la domination et le vol d'autres groupes. Assis aux côtés de Marine Le Pen, Jordan Bardella avait auparavant qualifié ces documents de faux grossiers et a rejeté directement le rapport lors de la conférence de presse de mardi.
Je nie expressément vos accusations. Je conteste vos preuves et je conteste vos sources.
Dynamique interne et congrès à venir
Marine Le Pen a réitéré sa confiance absolue en Jordan Bardella, assise à ses côtés pendant la présentation, alors que le parti gérait les retombées politiques. Le président du parti, âgé de 31 ans, occupe une place centrale dans les efforts de Marine Le Pen pour élargir l'audience du parti au-delà de l'héritage de son père, Jean-Marie Le Pen, condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme et négationnisme avant d'être exclu du mouvement. Le scandale surgit alors que Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont récemment opposés sur la réforme des retraites, d'éventuelles restrictions sur le voile et la doctrine économique générale, divergences qui ont conduit Marine Le Pen à écarter un conseiller économique choisi par Jordan Bardella. Un sondage Elabe réalisé le 1er octobre montrait que Marine Le Pen conservait une image favorable de 37 % auprès de son électorat de base. Le parti aborde une étape organisationnelle le 25 octobre, lorsque les délégués se réuniront au congrès national pour voter la confirmation de Jordan Bardella à la présidence.
- Marine Le Pen présente un plan d'économies de 125 milliards d'euros devant le Medef.
- Un sondage Elabe enregistre une image favorable de 37 % pour Marine Le Pen.
- Marine Le Pen présente le contre-budget de 140 milliards d'euros à Paris, aux côtés de Jordan Bardella.
- Le congrès du Rassemblement national se réunit pour voter la confirmation de Jordan Bardella à la tête du parti.


