
La cour d'appel de Paris réduit l'inéligibilité de Marine Le Pen, ouvrant la voie à une candidature présidentielle en 2027
La cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds européens, mais a réduit la durée de son inéligibilité, permettant potentiellement à la dirigeante d'extrême droite de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.
Le verdict
Mardi, un panel de trois juges de la cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds du Parlement européen. La cour l'a condamnée à trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, et à une amende de 100 000 euros. L'année restante doit être purgée sous surveillance électronique, ce qui signifie que Marine Le Pen portera un bracelet électronique.
L'inéligibilité et la voie vers 2027
La cour s'est également prononcée sur l'inéligibilité. Le tribunal de première instance avait imposé une interdiction de cinq ans, mais la cour d'appel l'a réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis. Le verdict initial ayant été rendu le 31 mars 2025, la période effective de 15 mois d'inéligibilité est déjà écoulée. Cela ouvre la voie à une candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle prévue en avril et mai 2027, lorsqu'Emmanuel Macron ne pourra pas briguer un troisième mandat consécutif.
- Le tribunal de première instance condamne Marine Le Pen, lui interdisant l'exercice de fonctions publiques pendant cinq ans et prononçant une peine d'emprisonnement.
- La cour d'appel confirme la condamnation, réduit l'interdiction à 45 mois (30 avec sursis), les 15 mois effectifs étant déjà purgés ; impose un placement sous surveillance électronique d'un an.
- Élection présidentielle prévue ; la candidature potentielle de Le Pen dépend des conditions du bracelet électronique.
Le dilemme du bracelet
Malgré ce feu vert juridique, la candidature de Marine Le Pen n'est pas assurée. Elle a déclaré à plusieurs reprises qu'elle ne ferait pas campagne en portant un bracelet électronique. Dans un entretien accordé à BFMTV en février, elle a déclaré :
Elle a réitéré ce point en juillet, déclarant à LCI que si elle était autorisée à être candidate mais empêchée de faire campagne librement,On ne peut pas mener une campagne dans de telles conditions.
La période de surveillance d'un an s'étendrait sur une grande partie de la campagne électorale.il est compréhensible que cela ne soit pas possible.
Répercussions politiques
Marine Le Pen, candidate à la présidentielle à trois reprises et présente au second tour en 2017 et 2022, reste la figure de proue du Rassemblement national. Elle a affirmé que si elle ne peut pas se présenter, elle soutiendra Jordan Bardella, le président du parti âgé de 30 ans,
Marine Le Pen devrait s'exprimer sur son avenir politique dans une déclaration télévisée mardi soir.avec énergie, conviction et une grande confiance.
Contexte de l'affaire
L'affaire remonte à la période 2004-2016, lorsque Marine Le Pen était députée au Parlement européen. Les procureurs ont allégué qu'elle et d'autres eurodéputés avaient utilisé des fonds européens pour rémunérer des assistants qui travaillaient en réalité pour le parti plutôt que pour des tâches parlementaires. Le tribunal de première instance a estimé les pertes à 2,9 millions d'euros, bien que les procureurs aient initialement avancé le chiffre de 7 millions d'euros. Huit autres eurodéputés et douze assistants ont également été condamnés.


