
Le pape Léon XIV dénonce la « réalité dramatique » des féminicides et appelle à faire de la santé mentale une priorité lors d'une veillée à Barcelone
S'exprimant lors d'une veillée de prière au stade olympique de Barcelone, le pape Léon XIV a qualifié la violence faite aux femmes de « réalité dramatique » et a exhorté la société à faire de la santé mentale une priorité dans les systèmes de santé publics.
Le pape Léon XIV a profité d'une immense veillée de prière pour les jeunes au stade olympique Lluís Companys de Barcelone mardi pour aborder deux des problèmes les plus urgents de la société : la violence faite aux femmes et la crise de santé mentale chez les jeunes. L'événement, qui a attiré environ 40 000 participants, a marqué la première visite papale en Catalogne depuis 44 ans et a proposé un format brut de questions-réponses qui a donné la parole à des témoignages profondément personnels.
Témoignages de souffrance et de survie
Le moment le plus émouvant de la soirée est survenu lorsque Desirée, une étudiante en droit de 20 ans issue d'un quartier modeste de Barcelone, a partagé son histoire. Elle a raconté comment son père a tenté de tuer sa mère quand elle était enfant, une attaque déjouée par un passant qui est mort dans l'opération. Son père est allé en prison, et sa mère s'est tournée vers la drogue. Desirée a été prise en charge par les services sociaux à l'âge de 10 ans. Elle a demandé au pape comment elle pouvait pardonner à son père et se réconcilier avec Dieu.
Pendant mon enfance, mon père a essayé de tuer ma mère. Elle a été sauvée parce qu'un garçon est intervenu pour la protéger et il est mort. Mon père est allé en prison et ma mère s'est réfugiée dans la drogue.
Une autre jeune femme, Carmina, enseignante à L'Hospitalet de Llobregat, a parlé de sa tentative de suicide après des années de lutte contre la dépression. Elle a décrit les « ténèbres » qu'elle a vécues et a demandé comment on peut voir Dieu quand les ténèbres sont absolues.
Je suis ici parce que Dieu m'a donné une seconde chance et je lui en serai éternellement reconnaissante. Mais il y a encore beaucoup de personnes qui luttent et continuent de faire face à ces ténèbres chaque jour.
La réponse du pape sur la violence contre les femmes
Léon XIV a répondu en décrivant un « climat toxique dans les relations familiales marqué par les abus et l'oppression » et plus précisément « la violence contre les femmes, qui malheureusement conduit souvent au féminicide. » Il a qualifié cela de « réalité dramatique » que chacun est appelé à aborder, tant personnellement qu'en société.
Tant de rapports de criminalité, encore aujourd'hui, reflètent un climat toxique dans les relations familiales marqué par les abus et l'oppression et, en particulier, par la violence contre les femmes, qui malheureusement conduit souvent au féminicide.
Le pape a souligné que les racines de cette violence sont anthropologiques et culturelles, et il a rejeté toute tentative d'attribuer le mal à la volonté de Dieu. Il a fait valoir que Dieu a donné à l'humanité l'intelligence, la volonté, la conscience, la dignité et la liberté, et que les humains doivent interroger leur propre comportement et les dynamiques de la société, de l'individualisme et de la tentation de la violence.
La santé mentale comme priorité
Répondant au témoignage de Carmina, Léon XIV l'a remerciée pour son courage et a lié la « maladie silencieuse » de la dépression chez les jeunes à la souffrance du Christ sur la croix. Il a critiqué une société qui exige la perfection de sa jeunesse et qui réduit au silence les moments d'obscurité et de souffrance. Le pape a suscité des applaudissements lorsqu'il a exigé de meilleurs services de santé et une meilleure prise en charge des problèmes de santé mentale, insistant sur le fait que la santé mentale doit être considérée comme une priorité dans le système de santé.
Dans ces heures sombres, alors qu'il mourait sur la croix, Jésus a partagé notre douleur et nous a révélé le visage d'un Dieu compatissant, qui porte nos peines, qui souffre avec nous, pleure nos larmes et reste à nos côtés avec sa présence pleine d'amour et de miséricorde.
Un accueil catalan
La veillée était imprégnée de culture catalane. Le pape a alterné entre l'espagnol et le catalan tout au long de ses interventions, un geste chaleureusement accueilli. L'événement a inclus une performance des castellers de Vilafranca, qui ont construit une tour humaine de huit étages, suscitant des applaudissements appréciateurs du pontife. La musique était assurée par le groupe Hakuna et le chanteur Sergio Dalma, aux côtés de l'Escolania de Montserrat. Le cardinal archevêque de Barcelone, Juan José Omella, a accueilli le pape et a exprimé sa gratitude pour le fait qu'il « comprend et saisit notre langue catalane. » La veillée s'est déroulée devant une réplique de la Tour de Jésus de la Sagrada Familia, qui devait être officiellement inaugurée le lendemain, coïncidant avec le centenaire d'Antoni Gaudí.
La visite plus large
La veillée de Barcelone était la deuxième étape d'une visite d'une semaine en Espagne qui avait commencé à Madrid, où plus de 70 000 personnes s'étaient rassemblées au stade Santiago Bernabéu. Le pape, né aux États-Unis, a attiré de grandes foules malgré la forte tradition séculière de l'Espagne. Après Barcelone, il devait se rendre aux îles Canaries. Les billets pour l'événement de Barcelone se sont vendus en quinze minutes après leur mise à disposition des fidèles.


