
Le Nicaragua adopte une réforme constitutionnelle interdisant l'opposition et prolongeant le mandat présidentiel à sept ans
L'Assemblée nationale a approuvé mardi un amendement constitutionnel en première lecture, repoussant la prochaine élection présidentielle à 2028 et prolongeant les mandats des dirigeants militaires et policiers.
Approbation législative et prolongation des mandats
L'Assemblée nationale du Nicaragua a voté mardi 1er septembre 2026 en faveur d'une réforme constitutionnelle interdisant à tous les partis d'opposition de participer aux élections. La mesure a été adoptée à l'unanimité en première lecture, comme l'a annoncé le président du Parlement, Gustavo Porras. Soutenue par les coprésidents Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, la réforme allonge également le mandat présidentiel de six à sept ans.
Les amendements constitutionnels prolongent le mandat d'autres élus dans tout le pays, notamment les députés nationaux et les maires municipaux. En outre, la législation applique le nouveau mandat de sept ans aux hauts commandants de la police nationale et de l'armée, renforçant ainsi le contrôle de l'exécutif sur l'appareil sécuritaire et les branches législatives.
- Avant 2024
- 5 ans
- Réforme de 2024
- 6 ans
- Réforme de 2026
- 7 ans
Calendrier de ratification et échéances électorales
Selon la loi nicaraguayenne, les modifications de la constitution nécessitent l'approbation de deux sessions législatives distinctes avant d'entrer en vigueur. La coprésidente Rosario Murillo a annoncé lundi 31 août 2026 que les législateurs se réuniront pour le deuxième et dernier vote de ratification à partir du 18 janvier 2027. Compte tenu du contrôle du parti sandiniste au pouvoir sur l'Assemblée nationale, le vote à venir devrait confirmer la mesure.
La réforme ajuste le calendrier électoral, repoussant la prochaine élection présidentielle à 2028 et déplaçant les élections municipales à 2029. Cette révision s'appuie sur une réforme de 2024 qui a étendu le mandat présidentiel de cinq à six ans, élevé Murillo du poste de vice-présidente à celui de coprésidente, et initialement reporté l'élection présidentielle de 2026 à fin 2027. Ortega avait exposé le plan lors d'un discours le 19 juillet.
Il n'y aura plus d'élections.
Réaction internationale et répercussions diplomatiques
Le vote a suscité des critiques de la part de gouvernements de tout l'hémisphère occidental. Plusieurs pays d'Amérique centrale, ainsi que la Bolivie, le Brésil et le Chili, ont décrit ce bouleversement constitutionnel comme un recul pour la gouvernance démocratique dans la région.
Les États-Unis ont répondu en appelant la communauté internationale à isoler diplomatiquement le gouvernement nicaraguayen. Le Panama a pris une mesure diplomatique concrète en retirant son ambassadeur de la capitale Managua suite à l'annonce de l'interdiction électorale.
Contexte et consolidation du pouvoir
Daniel Ortega, ancien guérillero de gauche approchant de son 81e anniversaire, dirige le Nicaragua depuis son retour au pouvoir en 2007, ce qui fait de lui le dirigeant en poste le plus longtemps en Amériques. Ortega avait auparavant participé au renversement de la famille Somoza à la fin des années 1970. Il a remporté son quatrième mandat présidentiel consécutif en janvier 2022 à la suite d'un scrutin contesté en novembre 2021.
Le système politique connaît une instabilité continue depuis avril 2018, lorsque les forces de l'État ont réprimé des manifestations anti-gouvernementales dans tout le pays. Ces affrontements ont fait plus de 300 morts, des milliers de blessés et déclenché un exode massif de citoyens fuyant le pays. Les nouveaux amendements consolident l'autorité du couple gouvernant en empêchant les factions rivales de participer à l'avenir.
- Daniel Ortega participe au renversement de la famille Somoza
- Ortega retourne au pouvoir présidentiel
- Répression des manifestations anti-gouvernementales, plus de 300 morts
- Début du quatrième mandat consécutif d'Ortega
- Mandat présidentiel étendu à six ans ; Rosario Murillo devient coprésidente
- Ortega annonce son projet de mettre fin aux élections multipartites
- L'Assemblée nationale adopte en première lecture la réforme interdisant les partis d'opposition
- Deuxième session législative prévue pour entamer la ratification

