
Trump attaque les alliés de l'OTAN avant le sommet d'Ankara, qualifiant la relation d'« à sens unique » alors que les alliés tentent de montrer leur unité
À quelques jours du sommet de l'OTAN des 7 et 8 juillet à Ankara, le président Trump a renouvelé ses critiques sur les dépenses de défense européennes, tandis que les alliés préparent un paquet d'aide à l'Ukraine sur deux ans et une vitrine de l'industrie de défense pour réparer les fissures transatlantiques.
Le sommet de l'OTAN à Ankara des 7 et 8 juillet s'annonce comme un test décisif pour l'alliance transatlantique, le président Donald Trump lançant de nouvelles attaques contre les alliés européens au sujet des dépenses de défense et de la guerre en Iran. En coulisses, les diplomates s'activent pour finaliser une déclaration qui comprend un programme d'assistance militaire de 70 milliards d'euros sur deux ans pour l'Ukraine et un langage sur le partage équitable des charges.
La charge de Trump avant le sommet
Sur sa plateforme Truth Social, Trump a énuméré ce qu'il a présenté comme les chiffres des dépenses de l'OTAN : les États-Unis à 999 milliards de dollars, le Royaume-Uni à 90,5 milliards, la France à 66,5 milliards, l'Italie à 48,8 milliards et la Pologne à 44,3 milliards, l'Allemagne et d'autres étant « bien plus bas ». Il a qualifié la relation de « ridicule » et « à sens unique », ajoutant que les alliés européens « n'ont pas été à la hauteur !!! »
Les États-Unis dépensent pour l'OTAN plus que tout autre pays, et de loin, pour garantir sa protection, sans en tirer aucun avantage.
Ces chiffres ne tiennent pas compte du PIB ou de la population, et les analystes notent que les dépenses de défense américaines couvrent des engagements mondiaux bien au-delà de l'Europe. Malgré tout, cette sortie a instauré un ton tendu pour la réunion des 32 États membres.
L'engagement de 3,5 % et le partage des charges
Un haut diplomate allié a décrit le sommet comme « le moment de vérité », faisant référence à l'engagement pris lors de la réunion de La Haye l'an dernier d'atteindre 3,5 % du PIB pour la défense de base. Le diplomate a déclaré que le message des États-Unis est « maintenant c'est à vous, Europe », et que la réponse européenne doit être « Washington, nous nous en occupons ».
Ce sommet est le moment de vérité. L'an dernier à La Haye, tous les alliés ont pris un engagement concret : atteindre 3,5 % pour la défense de base. Maintenant, nous, Européens, devons montrer que nous sommes à la hauteur de cet engagement.
Sous la pression de Trump, les dirigeants de l'OTAN avaient précédemment accepté de porter les dépenses de défense à 5 % du PIB d'ici 2035, selon un rapport. Le sommet permettra de vérifier si cet objectif est toujours réalisable.
- États-Unis
- 999 mds $
- Royaume-Uni
- 90.5 mds $
- France
- 66.5 mds $
- Italie
- 48.8 mds $
- Pologne
- 44.3 mds $
Aide à l'Ukraine : un engagement biennal
Les négociations sur la déclaration finale incluent une promesse de 70 milliards d'euros d'assistance militaire à l'Ukraine pour 2026 et 2027. Une source diplomatique a souligné que l'engagement doit être biennal et équitable, même si la guerre prend fin, afin de transformer l'Ukraine en un « porc-épic » comme garantie de sécurité durable. La date limite de la procédure de silence sur le texte a été reportée au 3 juillet.
Il est important que l'engagement d'aider Kyiv soit biennal. Même si la guerre devait prendre fin. Car nous devons transformer l'Ukraine en un porc-épic : c'est la meilleure garantie de sécurité pour que cela ne se reproduise jamais.
Les données du Ukraine Support Tracker de l'Institut Kiel montrent de fortes disparités dans l'aide. L'Italie a fourni 4,24 milliards d'euros depuis février 2022 (0,18 % du PIB), loin derrière l'Allemagne (29,93 milliards d'euros) et le Royaume-Uni (21,30 milliards d'euros), et seulement devant l'Espagne parmi les grands pays européens.
- Allemagne
- 29.93 mds €
- Royaume-Uni
- 21.3 mds €
- Danemark
- 11.03 mds €
- Pays-Bas
- 10.7 mds €
- Norvège
- 10.69 mds €
- Suède
- 10.56 mds €
- France
- 7.91 mds €
- Pologne
- 5.86 mds €
- Italie
- 4.24 mds €
- Espagne
- 2.28 mds €
La guerre en Iran et la mission dans l'Hormuz
Une deuxième ligne de fracture est le conflit américano-iranien qui a débuté en février. Washington veut une mission maritime de l'OTAN dans le détroit d'Ormuz pour protéger la liberté de navigation, mais plusieurs alliés hésitent à s'engager avant une fin officielle des hostilités. Le secrétaire général Mark Rutte a tenté d'apaiser les tensions en rappelant au public américain que les alliés ont fourni des bases pour les opérations en Iran (dans les limites de la non-participation) et que les investissements de défense des alliés soutiennent des emplois américains.
La vitrine de l'industrie de défense
Pour impressionner Trump, le 7 juillet verra le plus grand forum de l'industrie de défense jamais organisé parallèlement à un sommet de l'OTAN, avec toutes les grandes entreprises attendues. Des annonces d'accords, des lettres d'intention sur la coopération multilatérale et la coproduction d'armes américaines en Europe sont prévues, des sources évoquant une valeur de « plusieurs milliards ».
- Date limite de la procédure de silence pour la déclaration finale
- Forum de l'industrie de défense et début du sommet de l'OTAN
- Clôture du sommet de l'OTAN
La position de l'Italie et le pilier européen
L'Italie arrive à Ankara avec un bilan mitigé. Son aide à l'Ukraine est modeste, mais la Première ministre Giorgia Meloni peut affirmer avoir résisté aux pressions de l'extrême droite pour réduire le soutien. Parallèlement, le Canada et neuf autres partenaires créent une « Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience » pour canaliser au moins 100 milliards de dollars d'investissements des « puissances moyennes » vers l'OTAN, anticipant un rôle financier décroissant des États-Unis. Le contexte stratégique plus large est le « Pivot vers l'Asie » de longue date des États-Unis, qui envisage un pilier européen plus fort pour gérer les menaces régionales tandis que Washington se concentre sur la Chine.

