
Le Mercosur lance des négociations de libre-échange avec le Japon alors que les querelles sur l'accord avec l'UE dominent le sommet d'Asunción
Le bloc sud-américain Mercosur a officiellement lancé des négociations avec le Japon pour un accord de partenariat économique, tandis que des frictions internes de longue date sur les quotas commerciaux avec l'UE ont éclipsé la réunion des dirigeants au Paraguay.
Lancement du sommet et pivot vers le Japon
Le 68e sommet des chefs d'État du Mercosur à Asunción a officiellement ouvert mardi des négociations de partenariat économique avec le Japon, un premier pas vers une zone de libre-échange couvrant 400 millions de personnes et un PIB combiné de 7 000 milliards de dollars. L'annonce est intervenue alors que le pays hôte, le Paraguay, a remis la présidence tournante du bloc à l'Uruguay, l'Argentin Javier Milei étant absent du sommet. Les échanges bilatéraux entre le Mercosur et le Japon se sont élevés à 13,7 milliards de dollars en 2025.
- Partenariat stratégique Mercosur-Japon établi
- Première réunion bilatérale de responsables
- Deuxième réunion bilatérale de responsables
- Lula et le Premier ministre Takaichi discutent du lancement au sommet du G7
- Lancement officiel des négociations au sommet d'Asunción
Le Brésilien Lula da Silva, qui avait déjà évoqué ce lancement avec le Premier ministre japonais Sanae Takaichi lors du G7 de juin, a confirmé que le Mercosur "continue de se rapprocher des marchés les plus dynamiques de la planète". Deux réunions préparatoires avaient eu lieu en janvier et mars 2026, sur la base du partenariat stratégique signé en décembre dernier.
Le différend sur les quotas avec l'UE
L'accord commercial du bloc avec l'Union européenne, en vigueur à titre provisoire depuis le 1er mai, a suscité de vives critiques du président paraguayen Santiago Peña. Il a décrit un "goût amer" face à ce qu'il a qualifié de déploiement asymétrique, où les quotas d'exportation en franchise de droits pour des produits tels que les œufs, la viande, le riz et le miel ont été attribués selon le principe du premier arrivé, premier servi, au lieu d'être répartis équitablement.
À quoi bon un accord qui reproduit les asymétries existantes au lieu de les corriger ? Quand nous parlons de quotas, nous ne demandons pas de privilèges, nous demandons de l'équité.
Le Paraguay, pays enclavé aux coûts logistiques plus élevés, avait demandé 25 % des quotas. Le ministre des Affaires étrangères Rubén Ramírez a déclaré que le sujet restait en cours de négociation et a insisté : "ce que nous voulons, c'est que cette répartition soit équitable, compte tenu des efforts que nous avons consentis". Aucune avancée n'a été réalisée lors du sommet.
Tensions internes et autres fronts
Les tensions sur la direction du bloc ont refait surface : le gouvernement de Milei souhaite la liberté de conclure des accords bilatéraux avec des pays tiers, tandis que Lula prône l'unité régionale et a annoncé que le Brésil contribuerait à hauteur de 100 millions de dollars par an au fonds de convergence structurelle du Mercosur. L'Uruguayen Yamandú Orsi, nouveau président pro tempore, a déclaré que son mandat prioriserait la mise en œuvre des accords récemment conclus avec l'UE et l'AELE, ainsi que la finalisation des négociations avec le Canada et les Émirats arabes unis. L'Inde et le Vietnam ont également été cités comme des fronts actifs.
Depuis la présidence, l'Uruguay s'efforcera de conclure les négociations avec le Canada et les Émirats arabes unis, ainsi que d'avancer avec l'Inde et le Vietnam.
La Chine à l'horizon
Lula a déclaré aux dirigeants que le Mercosur vise à lancer prochainement des négociations avec la Chine, s'appuyant sur une série de mesures de diversification commerciale devenues urgentes depuis l'imposition de droits de douane américains généralisés sous la présidence de Trump. Le bloc considère une intégration plus poussée avec l'Asie comme la prochaine étape logique après l'accord avec l'UE.
Solidarité avec la Bolivie
Le sommet a publié une déclaration commune exprimant son inquiétude face à sept semaines de violentes manifestations en Bolivie et a apporté son soutien au président Rodrigo Paz, qui a participé en tant que membre à part entière dans le cadre du processus d'adhésion en cours du pays.


