
Le plus grand incendie en France depuis 50 ans brûle 42 000 hectares et force 220 000 évacuations près de Bordeaux
Le plus grand incendie de forêt en France depuis 50 ans a brûlé 42 000 hectares en Gironde, forcé 220 000 évacuations et détruit 240 habitations. Les pompiers tentent de le maîtriser avant l'arrivée d'une nouvelle canicule mardi.
Situation de l'incendie
L'incendie qui a éclaté mercredi dernier près de Saumos en Gironde a brûlé 42 000 hectares, une superficie équivalente à cinq fois la taille de Paris. Lundi soir, la situation était décrite comme « globalement stable », avec moins de foyers actifs et aucune nouvelle évacuation ordonnée pour la première fois depuis vendredi. Les flammes se trouvent encore à 15 kilomètres de l'agglomération bordelaise, et les autorités soulignent que l'incendie n'est pas encore maîtrisé. Les pompiers sont désormais dans ce que le porte-parole Eric Brocardi a appelé une « course contre la montre » avant l'arrivée d'une nouvelle canicule mardi, avec des températures pouvant atteindre 40 °C et des vents plus secs qui pourraient rapidement aggraver le sinistre.
C'est une course contre la montre avant la hausse des températures.
Comportement inédit du feu
L'incendie a présenté un comportement jamais observé auparavant en France. Vendredi soir, il a généré un nuage pyrocumulonimbus, un phénomène dans lequel une chaleur extrême crée son propre système météorologique. Marc Vermeulen, directeur du service d'incendie et de secours de la Gironde, a déclaré que ce nuage avait transformé l'incendie en une « tempête de feu » avec des rafales de vent atteignant 240 km/h, rendant les flammes totalement imprévisibles. La préfète Sophie Brocas l'a décrit comme un « feu homérique » qui « n'obéit à aucune logique connue ».
Nous sommes confrontés à de véritables épisodes de tempêtes de feu. C'est un phénomène incroyable et inédit qui rend les incendies totalement imprévisibles.
Évacuations et dégâts
Environ 220 000 personnes ont été évacuées du département de la Gironde, auxquelles s'ajoutent 30 000 déplacés par un incendie distinct dans la région des Landes, portant le total à 250 000. Au moins 240 habitations ont été détruites et 13 000 entreprises ont été contraintes de fermer temporairement. Quatre-vingt-quatre pompiers ont été blessés depuis le début des opérations. Bordeaux elle-même n'est pas évacuée ; le maire Thomas Cazenave a déclaré que la ville avait préparé son Parc des Expositions comme abri pour des milliers d'évacués, et la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a confirmé que l'évacuation de la ville « n'est pas à l'ordre du jour ». Une alerte à la qualité de l'air a été émise dans toute l'agglomération bordelaise, les résidents étant invités à fermer les fenêtres, porter des masques et éviter les activités extérieures.
Bilan économique
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a qualifié les incendies de « séisme économique » pour un pays déjà accablé par une dette élevée et une faible croissance. Il a annoncé que les compagnies d'assurance couvriront les frais d'hébergement des déplacés. Le secteur touristique subit de lourdes pertes en pleine saison estivale, les hôtels, restaurants et autres entreprises des régions très prisées de la Gironde, des Landes et du Var étant tous touchés. Les agriculteurs craignent que les dégâts causés par la fumée ne rendent la récolte de raisin de cette année impropre à la production de vin dans les célèbres vignobles de Bordeaux.
Les multiples incendies de cet été sont un séisme économique.
Réponse et perspectives
Quelque 2 500 pompiers et 1 500 soldats sont déployés, soutenus par des moyens aériens de l'Union européenne qui passeront à neuf avions et deux hélicoptères. Le président Emmanuel Macron a présidé lundi un cabinet de crise interministériel aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu et des ministres clés, et s'est rendu dans la zone dévastée pour promettre une aide financière. Avec l'arrivée de la canicule mardi, les autorités se préparent à une possible résurgence de l'incendie, et de nouvelles évacuations ne sont pas exclues.
- L'incendie démarre près de Saumos dans le département de la Gironde.
- Un nuage pyrocumulonimbus se forme, créant une « tempête de feu » jamais observée auparavant en France.
- L'incendie se stabilise pendant la nuit ; aucune nouvelle évacuation ordonnée.
- Canicule attendue avec des températures jusqu'à 40 °C, menaçant d'aggraver l'incendie.

