
L'essai de phase 3 du médicament cardiaque pelacarsen de Novartis et Ionis échoue malgré une baisse du Lp(a)
Le médicament expérimental pelacarsen a réduit la lipoprotéine(a) dans une étude de 8 323 patients sur sept ans, mais n'a pas réduit le risque de crises cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux ou de décès cardiovasculaires.
Phase 3 clinical trial outcome
Le 4 septembre 2026, le laboratoire suisse Novartis et son partenaire Ionis Pharmaceuticals ont annoncé que leur médicament cardiovasculaire expérimental pelacarsen n'avait pas atteint son objectif principal dans une étude de phase 3. L'essai testait si l'injection mensuelle pouvait réduire les événements cardiovasculaires chez des patients atteints de cardiopathie établie par rapport à un placebo. Le pelacarsen n'a pas diminué l'incidence des décès d'origine cardiaque, des crises cardiaques, des AVC, ni le besoin de procédures urgentes pour rétablir le flux sanguin vers le cœur. Bien que le médicament ait réussi à abaisser les taux sanguins de la particule cible porteuse de cholestérol, cet effet biologique ne s'est pas traduit par une protection clinique pour les patients.
Bien que le pelacarsen ait considérablement réduit les taux de lipoprotéine(a) comme dans les études précédentes, nous sommes déçus que cela ne se soit pas traduit par une réduction du risque cardiovasculaire.
Paramètres de l'essai et biologie de la lipoprotéine
L'étude clinique a duré sept ans et a recruté 8 323 participants présentant des taux élevés de lipoprotéine(a), communément abrégée en Lp(a), ainsi qu'une cardiopathie préexistante. Les patients de l'étude s'administraient le pelacarsen ou un placebo une fois par mois à l'aide de seringues préremplies. La Lp(a) est une particule génétiquement déterminée qui ne fluctue pas au cours de la vie d'une personne et ne peut être modifiée par l'alimentation, l'exercice ou les changements de mode de vie. Un taux élevé de Lp(a) touche environ 1,4 à 2 milliards de personnes dans le monde, soit une personne sur cinq. Les concentrations les plus élevées, dépassant 250 nanogrammes par décilitre et présentes chez 10 % de la population mondiale, doublent le risque de crise cardiaque ou d'AVC, tandis que des taux légèrement élevés augmentent le risque de 25 %.
Réactions des cardiologues et implications cliniques
Avant les résultats de la phase 3, les cardiologues anticipaient que les thérapies réduisant la Lp(a) pourraient constituer un outil important aux côtés des statines pour prévenir les incidents cardiovasculaires. Toutes les études non randomisées avaient indiqué que la réduction de la particule protégerait contre le développement de la maladie, en particulier chez les personnes dont la pression artérielle et le cholestérol standard étaient déjà contrôlés. L'annonce a suscité des réactions immédiates dans la communauté cardiologique, les spécialistes s'étant préparés à des résultats positifs après des années de preuves observationnelles.
C'est une nouvelle extrêmement décevante. Nous attendions tous de pouvoir célébrer.
Le Dr David Maron, président du Collège américain de cardiologie préventive, a exprimé sa surprise face au résultat de l'étude pluriannuelle.
C'est un coup dur. Je ne sais pas quoi dire.
Impact sur le marché et programmes concurrents
Suite à l'annonce des résultats de l'essai, les actions d'Ionis Pharmaceuticals ont baissé de 6 % dans les échanges après Bourse, tandis que les actions de Novartis ont baissé de 1,33 %. Le pelacarsen représentait l'un des trois traitements en phase avancée, aux côtés de la thérapie contre la sclérose en plaques remibrutinib et du médicament génétique del-desiran, dont Novartis prévoyait qu'ils généreraient plus de 10 milliards de dollars de ventes annuelles maximales combinées. L'échec affecte également le secteur pharmaceutique au sens large, où des entreprises comme Amgen et Eli Lilly mènent de grands essais cliniques pour leurs propres médicaments expérimentaux conçus pour réduire les taux de Lp(a).
- Ionis Pharmaceuticals (après Bourse)
- -6 %
- Novartis
- -1.33 %


