
Le Liberia accepte d'accueillir jusqu'à 1 200 expulsés de pays tiers en provenance des États-Unis
Le gouvernement libérien a accepté d'accueillir jusqu'à 1 200 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis sur une période de douze mois, le premier groupe de 20 personnes devant arriver le 20 août 2026.
Termes de l'accord de transfert
Le gouvernement du Liberia a annoncé le 18 août 2026 qu'il accueillera jusqu'à 1 200 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis sur une période d'un an. Dans le cadre de cet accord bilatéral, un premier groupe de 20 expulsés doit arriver à Monrovia le 20 août 2026. Les responsables libériens ont précisé que les personnes transférées dans le cadre de ce programme incluront des citoyens de nations africaines ainsi que de pays d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et des Caraïbes. Toutes les personnes doivent être médicalement autorisées à voyager avant leur départ des États-Unis. Le ministre libérien de l'Information, Jerolinmek Piah, a confirmé que les arrivants ne seront pas placés en détention à leur arrivée, déclarant qu'ils seront traités comme des invités qui restent libres soit de demander l'asile au Liberia, soit de quitter le pays quand ils le souhaitent.
Expansion de la politique d'expulsion vers des pays tiers
L'accord s'inscrit dans le cadre d'une politique d'expulsion élargie menée par l'administration de Donald Trump depuis janvier 2025. Dans le cadre de cette politique, Washington a expulsé des milliers de personnes vers près d'une vingtaine de pays qui ne sont pas leurs pays d'origine, dont environ dix nations partenaires en Afrique. En vertu du droit de l'immigration américain, des juges fédéraux ont accordé à nombre de ces personnes des ordonnances de protection formelles interdisant leur rapatriement en raison de risques crédibles de torture, de mauvais traitements ou de persécution dans leur pays d'origine. Le gouvernement américain maintient que, bien qu'il ne puisse légalement renvoyer ces personnes dans leur pays d'origine, rien n'interdit de les transférer vers des pays tiers disposés à les accueillir. Parmi les autres nations africaines participant à des accords similaires figurent le Ghana, la Guinée équatoriale, le Rwanda, le Soudan du Sud, l'Eswatini, la République centrafricaine, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo.
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Préoccupations juridiques et conditions de transfert
Des organisations de défense des droits humains et des avocats spécialisés en immigration ont exprimé leur opposition au mécanisme de transfert vers des pays tiers, le décrivant comme une faille juridique conçue pour contourner les ordonnances de protection judiciaire. Les avocats spécialisés soutiennent que les accords ont été marqués par le secret, les expulsés étant fréquemment transférés sans divulgation publique de leur identité ou des charges retenues contre eux. Lors de plusieurs transferts antérieurs vers des pays tiers, des avocats ont rapporté que les expulsés étaient détenus dans des prisons à leur arrivée, vivaient un isolement total et étaient incapables de contacter un représentant légal. Les défenseurs des droits notent que ces conditions laissent souvent aux migrants peu d'autre choix que de retourner dans les pays qu'ils avaient initialement fuis. Les cibles de transfert incluent également Kilmar Abrego Garcia, un immigrant salvadorien devenu un point focal des procédures d'expulsion après avoir été expulsé par erreur vers le Salvador puis renvoyé aux États-Unis.
Réponse du gouvernement libérien
Les autorités libériennes ont rejeté les informations selon lesquelles l'accord aurait été obtenu par le biais d'une compensation financière, déclarant que Monrovia n'a ni demandé ni reçu de paiements monétaires ou de promesses de récompenses de la part de Washington. Les responsables gouvernementaux ont souligné que la création du Liberia au XIXe siècle en tant que refuge pour les esclaves affranchis constitue le fondement de l'offre d'un refuge humanitaire aux ressortissants étrangers. Le ministre de l'Information, Jerolinmek Piah, a évoqué la portée de l'accord lors d'un point de presse.
Le geste du Liberia est entièrement humanitaire et conforme aux traditions de longue date du pays.
Piah a expliqué que, bien que les paiements financiers directs aient été exclus, les États-Unis fourniront une assistance opérationnelle et technique pour soutenir la gestion du programme et renforcer les capacités du système migratoire national libérien.
Le gouvernement du Liberia entend fournir aux personnes transférées le soutien nécessaire pour demander une protection au Liberia et être en sécurité pendant leur séjour ici.
Les responsables américains n'ont pas émis de réponse publique officielle concernant cette annonce.
