Diplomatie · Moscou

Le Kremlin exige des explications après qu'Apple a retiré le réseau social russe VK de l'App Store

Apple a retiré de son App Store une série d'applications internet russes gérées par le groupe contrôlé par l'État VK, ce qui a poussé Moscou à exiger des explications formelles et à menacer de réexaminer toute coopération avec le géant de la tech.

Texte IA fondé sur les articles de Mediapart, Business Insider, RFI et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

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En bref

Moscou · Russie
Comment on en est arrivé là
  1. 15 sept.Apple retire VKontakte de l'App Store après les sanctions britanniques ; restaure l'application moins d'un mois plus tard.
  2. 3 juinApple retire le messager Max soutenu par l'État, invoquant le respect des sanctions.
  3. 25 juinApple retire plusieurs applications VK (VKontakte, Odnoklassniki, VK Messenger, VK Video, VK Music, Mail.ru et Dzen).

Le retrait

Le 25 juin 2026, Apple a retiré de l'App Store une large gamme d'applications VK sans préavis. Parmi les applications disparues figurent les réseaux sociaux VKontakte et Odnoklassniki, les services de messagerie, vidéo et musique VK Messenger, VK Video et VK Music, l'application de rencontres VK Dating, le client de messagerie Mail.ru et la plateforme de contenu Dzen. VK a déclaré que cette décision a été prise « sans préavis ni explication » et l'a qualifiée de « totalement injustifiée et inacceptable ».

« Par ses actions, Apple limite l'accès des utilisateurs russes à des services populaires utilisés par des dizaines de millions de personnes chaque jour : réseaux sociaux, applications de messagerie, plateformes vidéo, messagerie électronique et produits éducatifs. »

VK

Les applications déjà installées continuent de fonctionner, mais les utilisateurs d'iPhone ne recevront plus de notifications push et ne pourront plus télécharger de mises à jour. Les applications restent accessibles sur les appareils Android.

Réponse du Kremlin

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes que le gouvernement attend d'Apple qu'elle clarifie sa décision et a menacé d'un réexamen plus large des relations. « Nous aborderons directement la question avec la société elle-même et exigerons une explication », a-t-il déclaré, ajoutant que si aucune explication n'est donnée, « nous devrons tirer les conclusions qui s'imposent quant à la poursuite de toute coopération avec cette entreprise ». Peskov a également conseillé aux utilisateurs russes de passer à Android ou à « nos systèmes ».

« Si de telles explications ne sont pas fournies, nous devrons tirer les conclusions qui s'imposent quant à la poursuite de toute coopération avec cette entreprise. »

Dmitri Peskov

Le ministère du Développement numérique a qualifié la décision de « politiquement motivée » et d'acte de « concurrence déloyale », notant qu'Apple avait ignoré les fonctions sociales des applications, y compris les systèmes d'alerte publique en cas d'urgence. Le ministère a saisi le Service fédéral antimonopole.

L'imbroglio des sanctions

VK insiste sur le fait qu'elle n'a jamais été placée sur une liste de sanctions et que des avocats américains et internationaux ont confirmé à plusieurs reprises son statut juridique irréprochable. Cependant, son directeur général, Vladimir Kirienko, est sous le coup de sanctions des États-Unis, de l'Union européenne et du Royaume-Uni. Il est le fils de Sergueï Kirienko, conseiller principal du Kremlin et premier chef adjoint de l'administration du président Vladimir Poutine.

Cette distinction entre un dirigeant sanctionné et une entité juridique non sanctionnée est au cœur du litige. Apple n'a pas publiquement lié le retrait de jeudi aux sanctions, mais plus tôt ce mois-ci, elle a déclaré à BBC News Russian qu'elle avait retiré le messager Max, soutenu par l'État, pour se conformer aux sanctions, sans préciser lesquelles.

Précédent et conséquences

Le retrait du messager Max début juin a eu un effet immédiat sur les médias soutenus par l'État. RIA Novosti a perdu 55.6 % de son audience, tandis que l'audience de la chaîne du commentateur pro-Kremlin Vladimir Soloviev est passée de 36.3 millions à 19.6 millions de vues. Ces chiffres illustrent à quel point la propagande d'État russe est devenue dépendante de l'écosystème d'Apple.

Baisse d'audience de la chaîne de Vladimir Soloviev après le retrait du messager Maxmillions de vues
Avant le retrait
36.3 millions de vues
Après le retrait
19.6 millions de vues

Données tirées du texte de l’article

Ce n'est pas la première fois que des applications VK disparaissent de l'App Store. En septembre 2022, Apple a retiré VKontakte après l'imposition de sanctions britanniques, pour le restaurer moins d'un mois plus tard. Cet épisode montre que ces retraits peuvent être annulés, et l'impasse actuelle pourrait donc être un nouvel épisode d'une négociation plus longue.

Parallèlement, le Kremlin pousse depuis des années les Russes vers les services internet nationaux. Le messager Max est préinstallé sur tous les téléphones vendus en Russie, et VK exploite sa propre plateforme d'applications, RuStore, lancée en 2022 comme alternative à l'épreuve des sanctions à l'App Store et à Google Play. Sergueï Boïarski, président du comité de la politique d'information de la Douma d'État, a qualifié ces retraits de « tentative délibérée de créer des désagréments pour tout le pays » et a déclaré qu'Apple « devenait un outil de guerre de l'information ».

« Nous assistons à une entreprise qui se discrédite, devenant un outil de guerre de l'information. Apparemment, ils ne peuvent pas nous pardonner nos succès numériques. »

Sergueï Boïarski

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