
Le Kazakhstan élit le Kurultai monocaméral de 145 sièges sous la constitution révisée
Près de 13 millions d'électeurs dans le plus grand producteur d'énergie d'Asie centrale choisissent 145 députés pour le nouveau Kurultai monocaméral, répartis entre sept partis autorisés.
Refonte législative et le nouveau Kurultai
Les électeurs du Kazakhstan se rendent aux urnes dimanche pour élire les membres d'un parlement monocaméral nouvellement créé. Le processus électoral fait suite à une vaste réforme constitutionnelle approuvée en mars, qui a formellement supprimé l'ancienne structure législative bicamérale. Dans le cadre du nouveau cadre constitutionnel, les deux anciennes chambres législatives ont été fusionnées en une seule assemblée, le Kurultai. Le nouveau corps monocaméral comprend 145 députés, tous élus lors de ce scrutin. Les estimations officielles du nombre d'électeurs pour l'élection nationale varient de 12,6 millions à près de 13 millions de citoyens éligibles dans ce pays d'Asie centrale. Cette élection est la première fois que les citoyens kazakhs votent pour des représentants dans la législature monocamérale nouvellement formée après la dissolution du format parlementaire à deux chambres.
Participation des partis et administration de Tokayev
Au total, sept partis politiques ont été autorisés par les autorités à briguer les 145 sièges législatifs. Parmi les groupes politiques autorisés figure Adilet, un parti nouvellement formé pour consolider le soutien politique autour du président Kassym-Jomart Tokayev. Tokayev a assumé la présidence en 2019 après la démission et l'abdication du dirigeant de longue date Nursultan Nazarbayev. Quelques mois après son arrivée au pouvoir, Tokayev a obtenu une légitimité formelle par une élection présidentielle, succédant à la structure de direction qui dominait le pays depuis l'ère soviétique. En 2022, à la suite d'un nouveau cycle d'amendements constitutionnels, les électeurs ont confirmé Tokayev dans ses fonctions pour un mandat renouvelé. Malgré les déclarations officielles selon lesquelles les réformes visent à démocratiser le système politique, l'environnement politique de cette ancienne république soviétique autoritaire reste étroitement contrôlé sous la présidence de Tokayev.
- Kassym-Jomart Tokayev devient président après la démission de Nursultan Nazarbayev et remporte une élection ultérieure
- Des changements constitutionnels confirment Tokayev au pouvoir tandis que les manifestations antigouvernementales sont violemment réprimées
- La réforme constitutionnelle fusionne le parlement bicaméral en un Kurultai monocaméral
- Les électeurs votent pour élire 145 députés au nouveau Kurultai
Préoccupations relatives aux droits de l'homme et répression de la dissidence
Les changements constitutionnels qui ont précédé le vote parlementaire de dimanche ont suscité des critiques formelles de la part d'organisations internationales de défense des droits, notamment Human Rights Watch. Human Rights Watch a averti que les réformes structurelles pourraient entraîner de graves restrictions à la liberté d'expression, à la liberté d'association et à la liberté de réunion pacifique. Avant le référendum constitutionnel qui a établi la nouvelle législature, les autorités nationales ont réprimé les critiques publiques. Les personnes qui exprimaient des points de vue divergents ou critiquaient les changements proposés sur les réseaux sociaux en ligne étaient systématiquement convoquées par la police ou placées en détention provisoire. En plus de la surveillance des commentaires numériques, le gouvernement a maintenu une sécurité publique stricte depuis les manifestations antigouvernementales de 2022, lorsque des manifestations massives à travers le pays ont été réprimées violemment par les forces de sécurité de l'État.
Puissance énergétique régionale et contexte stratégique
Le Kazakhstan représente la plus grande économie d'Asie centrale et possède d'immenses réserves de pétrole et de gaz naturel, ce qui en fait le premier producteur d'énergie de la région. Géographiquement situé entre la Russie et la Chine, le pays entretient des liens commerciaux et diplomatiques vitaux avec les deux puissances mondiales voisines. En politique intérieure, les espoirs d'ouverture démocratique apparus lorsque Tokayev a pris le pouvoir en 2019 ne se sont pas concrétisés, la compétition politique restant bloquée. Le scrutin législatif de dimanche achève la transition institutionnelle vers le Kurultai monocaméral de 145 sièges, mettant pleinement en œuvre les changements de gouvernance adoptés lors de la révision constitutionnelle de mars, tout en laissant le pouvoir exécutif fermement concentré entre les mains de la présidence.


