Migration · Bruxelles, Rome et Berne
Le nouveau système d'asile de l'UE entre en vigueur, l'Italie met fin à quatre ans de gel des transferts Dublin avec la Suisse
Un nouveau régime d'asile à l'échelle de l'UE, conçu pour accélérer les procédures et partager la charge, est entré en vigueur vendredi. L'Italie a immédiatement annoncé qu'elle reprendrait les réfugiés relevant du règlement de Dublin en provenance de Suisse après un gel de plus de quatre ans.
Texte IA fondé sur les articles de Neue Zürcher Zeitung, watson.ch/, SRF News et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Le nouveau régime d'asile de l'UE introduit un contrôle obligatoire aux frontières, des procédures accélérées pour les pays à faible taux de reconnaissance et un mécanisme de solidarité.
Après plus de quatre ans, Rome acceptera à nouveau les réfugiés relevant du règlement de Dublin en provenance de Suisse, permettant potentiellement le retour de plus de 1 200 personnes.
Le chiffre de 30 000 relocalisations annuelles est une ligne directrice ; la compensation de 20 000 € par personne peut être remplacée par d'autres formes de soutien, ce qui limite son caractère contraignant.
Les infrastructures de contrôle aux frontières sont encore en construction et les anciennes règles continuent de s'appliquer pour les dossiers en cours, retardant l'impact total du système.
Une nouvelle architecture d'asile
Le système d'asile européen commun (Geas), convenu il y a deux ans, est entré en vigueur dans toute l'Union européenne vendredi. Il vise à accélérer les décisions d'asile, à freiner les mouvements secondaires au sein du bloc et à soutenir les États membres confrontés à un nombre élevé d'arrivées irrégulières. Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a qualifié cette réforme de début d'une « nouvelle phase de la politique migratoire européenne ».
« La fin d'un système de dysfonctionnement et de chaos des responsabilités est arrivée, et le début du contrôle, de la clarté et de la cohérence. »
Aux frontières extérieures de l'UE, dans les aéroports et les ports maritimes, les demandeurs d'asile feront désormais l'objet d'un contrôle obligatoire ; leurs données et leurs empreintes digitales seront intégrées dans une base de données paneuropéenne. Les demandes émanant de ressortissants de pays dont le taux de reconnaissance est inférieur ou égal à 20 %, ainsi que celles de personnes qui dissimulent leur identité ou sont jugées dangereuses, suivront une procédure accélérée. Les décisions doivent être rendues dans un délai de douze semaines, pendant lequel le demandeur reste dans des centres d'accueil fermés ou des zones de transit aéroportuaires. Le principe de Dublin – le premier pays d'entrée reste responsable – est maintenu mais intégré dans le nouveau cadre.
L'Italie lève le gel des transferts Dublin avec la Suisse
La réforme a immédiatement débloqué un conflit bilatéral. Depuis fin 2022, l'Italie bloquait le retour des demandeurs d'asile relevant du règlement de Dublin vers la Suisse. Le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) a confirmé que Rome a désormais annoncé qu'elle reprendrait les transferts.
« Nous nous attendons à ce que les premiers transferts aient lieu après la mise en œuvre du pacte de l'UE. »
Entre fin 2022 et avril 2026, la Suisse a été contrainte de rouvrir les procédures d'asile pour 3 071 personnes qui auraient dû relever de la responsabilité de l'Italie. Parmi elles, 1 046 ont obtenu une protection en Suisse et le contribuable suisse a assumé les coûts. Actuellement, 1 211 personnes ont encore un délai de transfert valide et pourraient théoriquement être renvoyées en Italie.
- Procédures reprises
- 3071
- Protection accordée en Suisse
- 1046
- Actuellement éligibles au transfert
- 1211
Données tirées du texte de l’article
Un mécanisme de solidarité aux effets limités
Le Geas introduit un mécanisme de solidarité pour soulager les États de première ligne. Les pays membres qui ne sont pas sous pression migratoire sont censés accueillir 30 000 personnes particulièrement vulnérables chaque année. Pour chaque personne non acceptée, une compensation de 20 000 € est due à l'État frontalier. Cependant, ce chiffre est une ligne directrice plutôt qu'un quota contraignant, et le paiement peut être effectué par d'autres formes de soutien, comme une aide en personnel ou logistique. La Suisse s'est dite prête à se joindre au mécanisme, mais a encore besoin d'un accord dédié avec l'UE, après quoi le Conseil fédéral déciderait des contributions annuelles.
Des obstacles à la mise en œuvre
Les plans conjoints de la Commission européenne prévoient un déploiement à l'échelle nationale, mais de nombreux États manquent des infrastructures, du personnel ou des hébergements nécessaires. La capacité de contrôle aux frontières extérieures reste incomplète, et les nouvelles règles ne s'appliquent qu'aux demandes déposées à partir de vendredi. La majorité des dossiers en cours continueront d'être traités sous l'ancienne législation, ce qui signifie que l'Allemagne et d'autres pays de destination ne ressentiront pleinement l'effet que progressivement. Les observateurs préviennent que le lancement, politiquement célébré à Berlin et à Berne, sera difficile.
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Sources et contexte
- Neue Zürcher ZeitungNeues europäisches Asylsystem Geas: Warum Deutschland davon vorerst wenig merken dürfte
- watson.ch/Italien will wieder Dublin-Asylsuchende von der Schweiz aufnehmen
- SRF NewsItalien will wieder Dublin-Flüchtlinge von der Schweiz aufnehmen
- Blick.chItalien will Dublin-Flüchtlinge wieder zurücknehmen
- Alexander Dobrindt
- Ministre allemand de l'Intérieur, a qualifié le nouveau système d'asile de l'UE de nouvelle phase de la politique migratoire européenne.
- Magdalena Rast
- Porte-parole suisse des migrations, a confirmé la volonté de l'Italie de reprendre les transferts Dublin.
- Giorgia Meloni
- Première ministre italienne, dont le gouvernement avait gelé les retours Dublin depuis 2022.
- Lieux
- Dublin
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