
France Télévisions retire le replay de La Grande Librairie après le discours d'Adèle Haenel sur Gaza
France Télévisions a retiré l'intégralité du replay de l'épisode du 9 septembre de La Grande Librairie de sa plateforme france.tv après que l'actrice Adèle Haenel a accusé Israël de génocide en Palestine.
Retrait du replay de l'émission
France Télévisions a retiré l'intégralité du replay de l'émission littéraire La Grande Librairie de sa plateforme france.tv le 10 septembre vers 10h30. L'épisode, présenté par Augustin Trapenard sur France 5, a été diffusé en direct le mercredi soir 9 septembre. L'actrice césarisée et autrice Adèle Haenel, qui avait précédemment porté des accusations d'abus contre le réalisateur Christophe Ruggia, était l'invitée principale de l'émission. Elle était venue présenter son premier roman, Viser juste, publié aux Éditions L'Arche, qui dépeint la transformation d'un enfant retraçant sa propre disparition à travers la vie et l'art. À la fin de l'émission, Haenel a livré un segment en solo intitulé « Droit dans les yeux », dans lequel elle a abordé la guerre à Gaza.
Les remarques de Haenel sur Gaza et les violences sexuelles
Pendant le segment de clôture, Haenel a établi des parallèles entre le silence entourant les violences de genre et sexuelles et le discours public concernant le conflit israélo-palestinien. S'adressant directement à la caméra, l'autrice de 37 ans a critiqué ce qu'elle a décrit comme un silence télévisuel engloutissant le pays concernant les actions militaires dans les territoires palestiniens.
Il est nécessaire de parler pour répéter ce qui se trouve dans ce silence, afin que tout le monde l'entende : l'État d'Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice.
Haenel a conclu son monologue en exhortant les téléspectateurs à rejeter la violence en cours, appelant à des sanctions contre Israël et à la libération de la Palestine.
- France 5 diffuse La Grande Librairie en direct avec Adèle Haenel qui livre une carte blanche de clôture sur Gaza.
- France Télévisions supprime l'intégralité du replay de l'épisode de sa plateforme numérique france.tv.
- France Télévisions annonce une suspension à titre préventif en attendant un examen de l'Arcom, tandis que les politiques réagissent.
Justification du diffuseur et examen réglementaire
France Télévisions a défendu le retrait le 11 septembre dans des commentaires à l'AFP et à Télérama, affirmant que l'action constituait une mesure de précaution plutôt que de la censure. Le diffuseur public a indiqué avoir reçu plusieurs signalements et plaintes concernant l'émission. La direction a déclaré qu'en vertu des exigences strictes de la charte du réseau, les déclarations de Haenel manquaient de points de vue contradictoires pour contrebalancer sa perspective pendant le direct. Le réseau a suspendu l'intégralité du replay en attendant une évaluation par l'Arcom, l'autorité française de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
Il n'y a pas de censure.
Le diffuseur a ajouté que Haenel s'est exprimée librement sur son livre pendant la discussion principale et a été choisie parmi tous les invités pour délivrer la carte blanche conclusive.
Réactions politiques et réponses publiques
La suppression a suscité des réactions dans tout l'échiquier politique français. Des représentants de gauche, dont le socialiste Olivier Faure, le sénateur communiste Ian Brossat et des membres de La France insoumise, ont condamné le retrait comme de la censure à la télévision publique.
Le principe d'une carte blanche est de donner la parole. Y a-t-il des points de vue interdits ? Y a-t-il eu des propos constituant une infraction ? En l'absence de justification, cette suppression est une honte.
À l'inverse, le député du Rassemblement national Julien Odoul a critiqué l'apparition de Haenel, affirmant qu'elle a relayé la propagande du Hamas sans nuance ni contradiction. Après le retrait, Haenel a commenté sur Instagram qu'elle avait enregistré son écran pendant l'émission en anticipant que France 5 pourrait supprimer son segment, bien qu'elle n'ait pas anticipé la suppression de l'épisode complet. Elle a noté que le retrait a également réduit au silence d'autres auteurs ayant participé à la table ronde, affirmant que France Télévisions a démontré l'interdiction même de certains sujets qu'elle avait dénoncée.
