
La commission des retraites allemande propose de lier l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie et de supprimer la « retraite à 63 ans »
Un comité d'experts nommé par le gouvernement recommande un relèvement progressif de l'âge de la retraite en Allemagne à 70 ans d'ici les années 2090, l'introduction d'un pilier par capitalisation géré par l'État et la fin de la possibilité de départ anticipé à 63 ans.
Ce que propose la commission
Une commission d'experts de dix membres, présidée par la professeure Constanze Janda et l'ancien président de l'Agence fédérale pour l'emploi Frank-Jürgen Weise, a soumis une trentaine de recommandations pour le système de retraite légal allemand. Les propositions, divulguées à plusieurs médias allemands le week-end dernier, lieraient l'âge de la retraite à l'espérance de vie à partir de 2032. Ce mécanisme devrait faire passer l'âge légal de départ de l'objectif actuel de 67 ans (prévu au début des années 2030) à 70 ans d'ici les années 2090. La commission préconise également la suppression de la « retraite à 63 ans » – la possibilité de prendre sa retraite sans décote après 45 années de cotisation.
Même aujourd'hui, de nombreuses personnes ne peuvent pas travailler jusqu'à 67 ans. Maintenant, la commission des retraites veut encore prolonger la vie active.
Un nouveau pilier par capitalisation
Un élément central est une pension complémentaire par capitalisation au sein du système légal, calquée sur la pension suédoise à prime. Elle serait financée par une cotisation supplémentaire sur les salaires bruts, initialement fixée à 0,5 % et augmentant progressivement jusqu'à 2 %, répartie à parts égales entre les salariés et les employeurs. Un fonds géré par l'État investirait les cotisations, avec des comptes individuels versant des prestations à partir de 2040. Jusqu'à l'arrivée à maturité du pilier par capitalisation, un facteur transitoire financé par l'impôt soutiendrait temporairement le niveau des pensions.
Financement et facteur de soutenabilité
La commission propose de rétablir le « facteur de soutenabilité » à partir de 2032, qui ajuste les augmentations annuelles des pensions en fonction du rapport entre le nombre de cotisants et de retraités. Le facteur serait également renforcé. Le taux de cotisation légal de 18,6 % devrait déjà passer à 19,9 % en 2028, et la cotisation supplémentaire pour le pilier par capitalisation viendrait s'y ajouter. Dans le cadre du système mixte de répartition et par capitalisation, le taux de remplacement cible est de 48 % à moyen terme, et passerait à 50 % une fois que le pilier par capitalisation sera pleinement arrivé à maturité, après 2040.
- La commission remet son rapport au chancelier Merz et à la ministre du Travail Bas
- Le taux de cotisation légal passe de 18,6 % à 19,9 %
- L'âge de la retraite commence à augmenter avec l'espérance de vie ; le facteur de soutenabilité est réactivé
- Le pilier par capitalisation commence à verser des prestations aux nouveaux retraités
Élargissement de l'assiette des cotisants
Pour élargir la base de financement, la commission recommande de mettre fin à la plupart des « mini-jobs » sans cotisations, d'intégrer les nouveaux travailleurs indépendants et les parlementaires dans le régime légal de retraite, et de limiter le recours aux postes de fonctionnaires aux seules missions régaliennes. L'intégration des fonctionnaires existants a été rejetée car elle imposerait des coûts lourds aux budgets des États sans aucun gain financier pour les autres assurés.
Réaction politique et prochaines étapes
La commission a pris ses décisions en grande partie par consensus, généralement avec plus de 70 % de soutien. Le rapport sera officiellement remis au chancelier Friedrich Merz et à la ministre du Travail Bärbel Bas mardi, une semaine plus tôt que prévu initialement. Le parti de gauche Die Linke a immédiatement condamné les propositions. Sa porte-parole en matière de politique des retraites, Sarah Vollath, les a qualifiées de « réductions massives des retraites » qui « frapperaient particulièrement durement les personnes aux revenus modestes » et a qualifié l'approche par capitalisation de « grosse erreur ». Le gouvernement de coalition a indiqué que les recommandations alimenteraient un ensemble plus large de réformes couvrant l'impôt sur le revenu, le marché du travail et la bureaucratie, qui devrait être rédigé avant la pause estivale.


