
Le Congrès espagnol rejette la trajectoire de déficit pour la sixième fois en deux ans, mais le gouvernement poursuivra l'élaboration du budget 2027
Le PP, Vox et Junts ont voté contre la trajectoire de stabilité budgétaire pour la deuxième fois en une semaine, bloquant une marge de déficit de 0,1 % du PIB pour les régions. Le gouvernement va désormais élaborer les comptes publics sur la seule base des engagements pris auprès de l'UE, tandis qu'un projet de loi distinct sur l'effacement de la dette a progressé.
Ce qui s'est passé au Congrès
La chambre basse du Parlement espagnol a rejeté jeudi 23 juillet 2026 les objectifs de déficit et de dette du gouvernement pour les administrations publiques, avec 178 voix contre et 167 pour. Ont voté contre le PP, Vox, Junts et un député de l'UPN. La coalition au pouvoir (PSOE, Sumar, ERC, EH Bildu, PNV, BNG et Coalición Canaria) a voté pour, tandis que Podemos s'est abstenu. Il s'agit du deuxième rejet de la même trajectoire de stabilité en dix jours : la proposition identique avait déjà été rejetée le mardi 21 juillet, et c'est la sixième fois que le Congrès oppose son veto aux objectifs budgétaires en deux ans.
- Premier rejet de la trajectoire de stabilité par le Congrès avec les votes du PP, de Vox et de Junts
- Deuxième rejet des mêmes objectifs de déficit ; le gouvernement confirme qu'il élaborera le budget sans approbation du Congrès
Réaction du gouvernement : le budget sera élaboré sans trajectoire approuvée
Le ministre du Budget, Arcadi España, est arrivé à la séance plénière extraordinaire, qui clôturait le calendrier politique avant la trêve estivale, en déclarant qu'il était confiant que les députés du PP avaient reconsidéré leur position. Il a mis l'opposition au défi de choisir entre faire échouer le gouvernement et accorder aux régions une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire de 5 849 millions d'euros sur les trois prochaines années. Après le vote, le gouvernement a indiqué qu'il passerait directement à l'élaboration du budget de l'État pour 2027, en fixant ses objectifs de déficit conformément aux engagements déjà pris auprès de Bruxelles : 1,8 % du PIB en 2027, 1,6 % en 2028 et 1,5 % en 2029. Le ministère des Finances considère le vote comme une étape procédurale et s'appuie sur un rapport de l'Avocat de l'État datant du mandat de l'ancienne ministre María Jesús Montero pour justifier la poursuite sans approbation parlementaire de la trajectoire de stabilité.
Espero que hayan reflexionado sobre lo que es perder dinero para sus comunidades autónomas, 5.800 millones de euros.
Impact budgétaire régional
L'allocation de déficit de 0,1 % rejetée aurait permis aux 15 communautés autonomes sous régime commun de pouvoir afficher un petit déficit au lieu d'équilibrer leurs budgets. Sans cela, elles sont confrontées à une trajectoire plus restrictive : l'État absorbe 1,5 % du total de 1,8 %, le reste étant réparti entre la Sécurité sociale (0,2 %) et les régions (0,1 %). Les municipalités doivent atteindre l'équilibre budgétaire. Les régions d'opposition dirigées par le PP, qui gouvernent la plupart des communautés autonomes, ont fait valoir que le chiffre de 0,1 % est insuffisant compte tenu de leurs responsabilités en matière de dépenses. La marge budgétaire perdue sur trois ans s'élève à 5 849 millions d'euros, selon le ministère des Finances.
- État central
- 1.5 % du PIB
- Sécurité sociale
- 0.2 % du PIB
- Communautés autonomes
- 0.1 % du PIB
- Municipalités
- 0 % du PIB
Le projet de loi sur l'effacement de la dette progresse
Lors d'un vote séparé le même jour, le Congrès a donné son approbation initiale au projet de loi du gouvernement sur les mesures exceptionnelles de soutien à la viabilité financière des communautés autonomes, malgré les amendements de rejet déposés par le PP et Vox. Le texte permet à l'État central de reprendre 83 254 millions d'euros de dette régionale, provenant principalement du Fonds de liquidité autonome (FLA). Arcadi España a qualifié cette initiative de mesure de solidarité et de responsabilité, notant que sept euros sur dix iraient à des régions gouvernées par le principal parti d'opposition.
7 de cada 10 euros serán para autonomías gobernadas por el principal partido de la oposición.
Réactions politiques
Le député du PP José Vicente Marí Bosó a accusé le gouvernement d'essayer de faire semblant d'être actif et de ne pas respecter la loi, appelant l'exécutif à présenter une nouvelle proposition budgétaire. La porte-parole de Junts, Miriam Nogueras, avait prévenu avant le débat que son parti voterait de la même manière, et le député Josep María Cruset a répété ses critiques selon lesquelles l'accord était une arnaque pour la Catalogne. La députée du PNV Idoia Sagastizabal a qualifié le débat de déjà-vu. Le ministre du Budget, qui avait exhorté l'opposition à ne pas opter pour le blocage, a reçu la même réponse deux fois en quatre jours.


