
L'Espagne et l'Italie échangent des suspensions de Schengen alors que la crise migratoire à Ceuta s'intensifie
L'Italie juge les contrôles aux frontières espagnols 'incompréhensibles et inacceptables' après que Madrid a riposté à la suspension de Schengen par Rome, déclenchée par l'arrivée d'au moins 72 000 migrants à Ceuta depuis le Maroc le 30 juillet.
Migration massive vers Ceuta
Les 30 et 31 juillet, des dizaines de milliers de personnes ont traversé du Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta, en nageant à travers la frontière au niveau du brise-lames de Tarajal. El Mundo a rapporté qu'au moins 72 000 migrants irréguliers sont entrés dans la ville autonome, tandis que le vice-Premier ministre Matteo Salvini a cité le chiffre de 50 000. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) a confirmé vendredi que 141 personnes se sont noyées lors de la traversée. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, estime qu'entre 8 000 et 11 000 personnes restent sur le territoire après l'expulsion des autres, avec des milliers identifiés comme des Africains subsahariens qui ne peuvent pas être rapatriés.
- Décès confirmés (AMDH)
- 141 personnes
- Restants, estimation basse (Vivas)
- 8000 personnes
- Restants, estimation haute (Vivas)
- 11000 personnes
L'Italie suspend Schengen avec l'Espagne
Le gouvernement italien, dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni, a répondu en suspendant les dispositions de libre circulation de Schengen pour les voyageurs arrivant d'Espagne. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a défendu cette mesure comme une mesure préventive autorisée par les traités de l'UE, citant la situation 'extraordinaire' à Ceuta. Il a soutenu que les Africains subsahariens qui ont traversé à Ceuta se rendraient probablement ensuite en Italie, la qualifiant de destination 'la plus exposée'. Tajani a également cité des rapports des services de renseignement espagnols avertissant d'une possible nouvelle vague d'arrivées vers la mi-août, liée à des appels sur les réseaux sociaux pour une nouvelle entrée massive le 15 août. Selon El Mundo, 22 États membres de l'UE se sont joints aux critiques de l'Italie à l'égard de la politique migratoire espagnole.
- Des dizaines de milliers de personnes traversent du Maroc vers Ceuta au brise-lames de Tarajal
- Le porte-parole du gouvernement espagnol fait état d'un appel sur les réseaux sociaux pour une nouvelle entrée massive le 15 août
- L'Espagne donne à l'Italie un délai de trois jours pour revenir sur les contrôles Schengen
- L'Espagne rétablit les contrôles aux frontières pour les voyageurs italiens à minuit
- Le BOE publie l'arrêté ; Tajani et Salvini critiquent l'Espagne dans des entretiens à la presse
- Nouvelle entrée massive redoutée à Ceuta suite aux appels sur les réseaux sociaux ; l'Italie déclare qu'elle reconsidérera les contrôles après cette date
L'Espagne riposte avec des contrôles aux frontières
Le gouvernement espagnol a donné à l'Italie un délai de trois jours vendredi 7 août pour revenir sur ses contrôles. Devant le refus italien, l'Espagne a rétabli les contrôles aux frontières dans les ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d'Italie à partir de minuit samedi 8 août. L'arrêté, publié au Bulletin officiel de l'État (BOE) dimanche 9 août, court pendant 30 jours calendaires, du 8 août au 7 septembre 2026, et cite une 'forte pression sur la route méditerranéenne centrale'. La troisième vice-présidente Sara Aagesen, également ministre de la Transition écologique, a défendu la mesure comme visant à 'défendre la dignité des citoyens espagnols'. Elle a souligné qu'aucune personne en provenance de Ceuta n'avait atteint le continent espagnol, ce qui signifie que l'espace Schengen n'avait pas été violé.
Il n'y a eu aucune personne arrivée de Ceuta sur le continent.
Des responsables italiens attaquent la réponse espagnole
Tajani a qualifié la réaction de l'Espagne de 'disproportionnée', 'incompréhensible et totalement inacceptable', et l'a décrite comme une 'représaille'. Dans des entretiens avec La Stampa et La Repubblica, il a critiqué la politique migratoire espagnole de frontières ouvertes où 'tout le monde entre et se fait régulariser', affirmant qu'elle envoie 'un message négatif qui met en danger la sécurité de tous' et affirmant que cette préoccupation est 'partagée par toute l'Europe'. Il a ajouté que l'Italie n'avait pas rompu les relations diplomatiques et a accusé Sánchez de dramatiser le différend.
Ce qui est incompréhensible et totalement inacceptable, c'est la réaction de l'Espagne.
Le vice-Premier ministre et ministre des Transports Matteo Salvini est allé plus loin, accusant le gouvernement espagnol de 'frôler le ridicule' et déclarant que l'Italie défend les frontières européennes tandis que l'Espagne ne l'a pas fait. Il a également fait référence à la régularisation par l'Espagne de 500 000 migrants sans papiers et a déclaré au Corriere della Sera qu'il attendait que le chef de l'opposition Santiago Abascal arrive au pouvoir pour 'corriger' la situation.
Efforts de médiation
Le président italien Sergio Mattarella a appelé à une gestion des migrations qui 'respecte la dignité humaine' et a mis en garde contre l'utilisation de la crise comme arme politique. L'Union européenne tente de jouer les médiateurs dans ce conflit, décrit par LaSexta comme le plus grave affrontement diplomatique entre l'Espagne et l'Italie depuis le début du siècle. L'Italie a déclaré qu'elle ne reconsidérerait pas sa décision avant le 15 août, date à laquelle une nouvelle entrée massive est redoutée, tandis que les contrôles espagnols restent en vigueur jusqu'au 7 septembre 2026.


