
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, entame une visite de trois jours en Syrie, une première pour un chef de l'ONU en 17 ans
António Guterres est arrivé à Damas samedi pour une visite de trois jours visant à soutenir la transition politique du pays, plus d'un an après le renversement de Bachar al-Assad par des forces dirigées par des islamistes.
Arrivée et rencontre
Le ministre des Affaires étrangères, Assaad al-Chaïbani, a accueilli Guterres et sa délégation à l'aéroport international de Damas samedi matin, a rapporté l'agence de presse d'État SANA. Le chef de l'ONU s'est ensuite rendu au palais du Peuple, où le président Ahmed al-Charaa l'a reçu, mais aucun détail de leurs entretiens n'a été divulgué dans l'immédiat. Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés à l'Assemblée générale de l'ONU à New York en septembre 2025, lorsque al-Charaa y avait assisté pour la première fois. L'arrivée de ce jour marque la première fois qu'un secrétaire général de l'ONU met les pieds en Syrie depuis la visite de Ban Ki-moon en 2009, deux ans avant que le pays ne sombre dans la guerre civile.
Un pays qui émerge de plus d'une décennie de guerre
Le conflit syrien a éclaté en 2011 et a fait plus d'un demi-million de morts avant qu'une coalition de factions rebelles islamistes, dirigée par al-Charaa, ne chasse le président Bachar al-Assad du pouvoir lors d'une offensive éclair en décembre 2024. Al-Charaa avait publiquement rompu les liens avec Al-Qaïda en 2016 et s'efforce depuis de présenter son gouvernement comme une force d'unité nationale. La communauté internationale reste toutefois prudente, exhortant les nouvelles autorités à bâtir des institutions étatiques solides et inclusives capables de rassembler Alaouites, Druzes, Kurdes, Chrétiens et la majorité arabe sunnite. Malgré des promesses répétées de protéger les minorités religieuses, la transition a été ébranlée par deux épisodes de violence sectaire. Près de 1 500 Alaouites, la secte minoritaire à laquelle appartenait Assad, ont été tués l'année dernière dans la région côtière par des factions alignées sur le gouvernement. Des mois plus tard, des centaines de Druzes ont été massacrés dans le sud, érodant davantage la confiance entre les communautés que l'ONU espère réconcilier.
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Le message de soutien et de responsabilité de Guterres
Avant le voyage, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a articulé le message central de la visite.
L'opportunité aujourd'hui n'est pas seulement de se remettre du conflit, mais aussi de jeter les bases d'un avenir pour la Syrie qui sera plus stable, plus inclusif et plus prospère pour tous les Syriens.
Guterres a déjà exprimé son inquiétude face aux violences contre les Alaouites et les Druzes et a appelé à ce que les auteurs rendent des comptes. Pendant son séjour, il prévoit de rencontrer non seulement des responsables gouvernementaux, mais aussi des militants de la société civile, des organisations de femmes et des représentants des divers groupes ethniques et religieux de Syrie, a déclaré Dujarric. Le porte-parole a ajouté que Guterres "réaffirmerait le rôle des Nations unies, qui est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement".
Prochaines étapes et dimension régionale
Le programme de trois jours du secrétaire général comprend une visite à la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD), qui surveille la ligne de cessez-le-feu entre la Syrie et Israël sur le plateau du Golan. Ce voyage signale un réengagement de haut niveau des Nations unies un peu plus de 18 mois après l'éviction d'Assad, alors que Damas cherche à reconstruire sa légitimité internationale. Bien que la visite de Guterres soit principalement axée sur la transition intérieure, l'étape prévue à la FNUOD met en lumière les dimensions régionales plus larges qui pèsent encore sur la stabilité de la Syrie.


