
Le Portugal décrète un jour de deuil national pour les victimes du séisme au Venezuela alors que le bilan atteint 1 943 morts et 50 000 disparus
Une semaine après un double séisme qui a dévasté le nord du Venezuela, le Portugal a annoncé un jour de deuil national pour dimanche alors que le nombre de morts confirmés s'élève à 1 943 et que l'ONU estime que 50 000 personnes sont toujours portées disparues.
Une semaine après que deux puissants séismes ont frappé le nord du Venezuela le 24 juin, l'ampleur de la catastrophe s'est considérablement aggravée. Le bilan officiel s'élève désormais à 1 943 morts, selon les derniers chiffres publiés par les autorités vénézuéliennes le 1er juillet. 10 571 autres personnes ont été blessées et plus de 15 000 ont été déplacées, tandis que les équipes de secours ont sorti 6 461 survivants des décombres. L'ONU estime qu'environ 50 000 personnes sont toujours portées disparues, un nombre qui dépasse de loin les premières évaluations du gouvernement.
La réponse du Portugal
À Lisbonne, le Premier ministre Luís Montenegro a annoncé que le gouvernement avait décrété un jour de deuil national qui sera observé dimanche 5 juillet. Cet hommage est spécifiquement dédié aux victimes des séismes et, en particulier, aux citoyens portugais et aux descendants de Portugais qui ont perdu la vie. Montenegro a déclaré que la décision avait été prise en consultation avec le Président de la République.
Nous avons décidé au gouvernement de désigner dimanche prochain comme jour de deuil national pour les victimes des séismes survenus au Venezuela et, en particulier, pour les citoyens portugais et les descendants de Portugais qui ont perdu la vie et pour tous ceux qui ont subi les effets de ces tragédies.
Le ministère portugais des Affaires étrangères a mis à jour son propre bilan, faisant état de 71 morts parmi les ressortissants portugais et les binationaux, et de 71 autres personnes toujours portées disparues. Ce bilan comprend 11 enfants et 60 adultes ; 61 des défunts possédaient également la nationalité vénézuélienne.
Efforts de sauvetage
Les équipes de secours portugaises, ainsi que leurs homologues internationales, ont continué à travailler contre la montre. Un homme de 44 ans, Hernán Alberto Gil, est piégé depuis plus de six jours au troisième étage d'un centre commercial effondré à Playa Grande. Les secouristes ont établi le contact et le maintiennent hydraté, mais son extraction reste difficile. Mardi, une équipe jordanienne a sorti vivant un enfant de trois ans, offrant l'un des rares motifs d'espoir dans des recherches par ailleurs sombres.
- Double séisme frappe le nord du Venezuela : secousses de magnitude 7,2 et 7,5 à 200 km de Caracas, suivies de plus de 20 répliques.
- Les équipes de secours jordaniennes sortent vivant un enfant de 3 ans des décombres à La Guaira.
- Le bilan officiel est mis à jour : 1 943 morts et 10 571 blessés. Le gouvernement portugais confirme 71 citoyens morts et décrète un deuil national pour le 5 juillet.
- Le Portugal observe un jour de deuil national pour les victimes, avec un hommage particulier aux victimes portugaises et d'origine portugaise.
Crimes dans le chaos
La catastrophe a été entachée par des pillages. Quatre agents de la police scientifique vénézuélienne, le CICPC, ont été arrêtés et exclus du corps après avoir été accusés d'avoir volé de l'argent liquide et d'autres objets de valeur dans les décombres de l'État de La Guaira. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des citoyens en colère confrontant un suspect. Le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a qualifié ces actes d'« éhontés, indécents et immoraux ». Le parti d'opposition Primero Justicia a également allégué que certains responsables exploitaient la tragédie à des fins personnelles.
Urgence humanitaire
Les agences humanitaires ont mis en garde contre une crise qui s'aggrave. L'agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR, a indiqué que les pénuries alimentaires étaient généralisées, que les services de base s'étaient effondrés et que les communications étaient presque totalement interrompues à La Guaira, la région la plus touchée. Le Programme alimentaire mondial a lancé un appel de 50 millions de dollars pour nourrir 500 000 personnes au cours des trois prochains mois, tandis que l'Organisation mondiale de la santé a exprimé ses inquiétudes quant au risque d'épidémies de maladies infectieuses causées par la défaillance des systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement.
- Morts
- 1943 personnes
- Blessés
- 10571 personnes
- Déplacés
- 15000 personnes
- Sauvés
- 6461 personnes
- Disparus (estimation ONU)
- 50000 personnes
Témoins
Parmi les survivants se trouve Grian Serrano, 46 ans, un commerçant qui a survécu aux glissements de terrain et aux inondations dévastateurs de 1999 qui ont tué 782 personnes dans l'ancien État de Vargas, et maintenant au double séisme. Coincé avec son fils de 8 ans et sa mère de 69 ans lorsque leur immeuble de huit étages s'est effondré à Caraballeda, il a creusé dans l'obscurité à mains nues et les a sauvés. « La Guaira est maudite », a-t-il déclaré à l'Associated Press. « Il n'est pas normal que des choses aussi horribles se produisent au même endroit. »
Aurora Rodríguez dort sur un matelas devant sa maison détruite depuis sept jours, attendant des nouvelles de son fils de 25 ans, toujours enseveli à l'intérieur. Des bénévoles lui ont apporté de la nourriture et de l'eau, mais elle refuse de partir. « C'est la seule personne que j'ai dans ma vie », a-t-elle déclaré.


