Le bénéfice de TotalEnergies bondit de 67 % au deuxième trimestre, à 6 milliards de dollars, alors que la guerre en Iran fait grimper les prix du pétrole et les marges de raffinage
Le géant pétrolier français annonce un résultat net ajusté de 6 milliards de dollars, en hausse de 67 %, porté par la hausse des prix du brut et des marges de raffinage dans le contexte du conflit iranien, qui dure depuis douze jours.
Hausse des résultats
TotalEnergies a annoncé un résultat net ajusté de 6 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, en hausse de 67 % par rapport aux 3,6 milliards de dollars de la même période un an plus tôt. Ce résultat est conforme aux attentes des analystes, selon un consensus compilé par LSEG. Le résultat net (IFRS) s'élève à 5,4 milliards de dollars, soit 4,7 milliards d'euros, environ le double des 2,36 milliards d'euros enregistrés au deuxième trimestre 2025. Pour le premier semestre 2026, le résultat net totalise 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73 % sur un an. Le groupe avait déjà affiché une hausse de près de 50 % de son bénéfice au premier trimestre 2026, avec un résultat net ajusté de 5,4 milliards de dollars.
Dans un environnement de prix élevés liés au conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher un résultat net ajusté de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre.
- T2 2025
- 3.6 mds $
- T1 2026
- 5.4 mds $
- T2 2026
- 6 mds $
Contexte de prix lié à la guerre
Cette hausse des résultats a été alimentée par une forte augmentation des prix du pétrole et des produits raffinés après la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran. Le conflit est entré jeudi dans son douzième jour consécutif, les cours du brut grimpant alors que les marchés intègrent les risques de perturbation de l'offre. TotalEnergies a bénéficié à la fois de la hausse des réalisations pétrolières en amont et de marges de raffinage exceptionnellement élevées, qui ont compensé la baisse des bénéfices de sa division gaz. Le modèle intégré du groupe, couvrant la production, le raffinage et le négoce, a amplifié l'effet de la hausse des prix.
Rendement pour les actionnaires et réduction de la dette
Rempli de liquidités, TotalEnergies a indiqué qu'elle poursuivrait son programme de rachat d'actions, avec jusqu'à 1,5 milliard de dollars prévus pour le troisième trimestre. Le conseil d'administration a également déclaré un deuxième acompte sur dividende de 0,90 € par action pour l'exercice 2026, identique au premier acompte et représentant une hausse de 5,9 % par rapport au total des dividendes versés pour 2025. Le Wall Street Journal a rapporté que la société donne la priorité à la réduction de la dette, utilisant cette manne pour renforcer son bilan.
Réaction du gouvernement français
Parallèlement, le gouvernement français est confronté aux conséquences nationales de la hausse des prix à la pompe. La ministre de l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a reconnu l'incertitude mardi.
La situation est extrêmement incertaine.
Le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, a déclaré sur Franceinfo qu'un dispositif d'aide gouvernementale sur le carburant pour les grands rouleurs resterait en place jusqu'à la fin du mois d'août. Environ 3 millions de citoyens français y sont éligibles, mais seuls 1,2 million ont déposé une demande à ce jour, selon le gouvernement.
## Perspectives TotalEnergies n'a pas fourni de prévisions spécifiques dans son communiqué de jeudi, mais le conflit en cours suggère que les prix élevés des hydrocarbures pourraient persister. Les analystes surveilleront d'éventuelles perturbations de l'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz, un point de passage crucial pour les flux pétroliers mondiaux. La forte génération de trésorerie et le faible endettement du groupe lui permettent de maintenir les distributions aux actionnaires même si les prix se modèrent plus tard dans l'année.


