- 1 juil.Reprise des combats, rupture des pourparlers de paix
- 18 juil.Échanges de tirs intenses entre les États-Unis et l'Iran, arrêt du trafic dans le détroit d'Ormuz
- 20 juil.Ryanair publie ses résultats, l'action chute de 7,2 %
Bénéfice inférieur aux prévisions et baisse des tarifs
Ryanair a annoncé un bénéfice après impôts de 538 millions d'euros pour son premier trimestre fiscal, les trois mois jusqu'en juin, soit une baisse de 34 % par rapport à la même période un an plus tôt. Ce résultat est inférieur au consensus de 579 millions d'euros établi par un sondage d'analystes compilé par l'entreprise. La compagnie low-cost irlandaise a indiqué avoir réduit ses tarifs moyens de 6 % sur un an pour stimuler la demande, alors que la guerre au Moyen-Orient rendait les consommateurs hésitants à réserver, suscitait des craintes de pénurie de carburéacteur dans l'UE et poussait les réservations à se faire plus près des dates de départ. Le chiffre d'affaires total a à peine augmenté de 1 %, à 4,38 milliards d'euros, tandis que le revenu par passager a chuté de 5 %.
« Le conflit au Moyen-Orient a entraîné une hésitation des consommateurs, des inquiétudes concernant les pénuries de carburéacteur dans l'UE, une incertitude économique et des réservations plus tardives. »
- T1 exercice 2027 réel
- 538 millions d'euros
- Prévisions des analystes
- 579 millions d'euros
Données tirées du texte de l’article
Coûts du carburant et couverture
La part non couverte des besoins en carburéacteur de Ryanair, environ 20 % de ses besoins, a plus que doublé de prix au cours du trimestre, le carburéacteur atteignant 150 dollars le baril. Les coûts d'exploitation ont augmenté de 11 %, différents rapports les situant entre 3,42 et 3,81 milliards d'euros. Ryanair a couvert 80 % de son carburant pour l'exercice en cours à environ 67 dollars le baril, une position que le PDG Michael O'Leary a déclaré protéger les bénéfices et élargir l'avantage de la compagnie sur ses concurrents de l'UE. La société a également commencé à se couvrir pour l'exercice 2028, couvrant 15 % de sa consommation à environ 85 dollars le baril.
« La politique de couverture prudente de Ryanair, avec 80 % de l'exercice 2027 couvert à environ 67 dollars le baril, protège les bénéfices du groupe et étend son avantage sur les autres concurrents de l'UE. »
Trafic passagers et revenus
Malgré les réductions de tarifs, Ryanair a transporté 61,3 millions de passagers au cours du trimestre, soit une augmentation de 6 %. La compagnie a maintenu son objectif annuel de 216 millions de passagers, ce qui implique une croissance de 4 %. Cependant, le schéma de réservation plus tardif a réduit la visibilité, et la société a déclaré n'avoir « aucune visibilité sur le second semestre » pour l'exercice financier.
Perspectives estivales et risques
Ryanair s'attend à ce que les tarifs du trimestre juillet-septembre soient légèrement inférieurs à ceux de l'année dernière, un changement par rapport à mai où elle prévoyait des prix estivaux globalement stables. Le résultat dépend fortement des réservations de dernière minute en août et septembre. La compagnie aérienne a retiré ses prévisions de bénéfice annuel, invoquant une forte sensibilité à l'escalade du conflit au Moyen-Orient et en Ukraine, aux prix non couverts du carburant, aux chocs macroéconomiques et aux grèves des contrôleurs aériens européens. Un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l'Iran en juin a brièvement apaisé les prix du pétrole, mais les combats ont repris début juillet et se sont intensifiés le week-end précédant les résultats, poussant le Brent au-dessus de 90 dollars le baril et interrompant le trafic dans le détroit d'Ormuz.
« Plus le détroit reste fermé et la guerre s'intensifie, plus le risque est grand que les prix du pétrole doivent monter à environ 150 dollars le baril pour réduire la demande afin de l'adapter à la baisse de l'offre. »
Réaction du marché
L'action Ryanair a chuté de 7,2 % le 20 juillet, entraînant un déclin plus large des valeurs aériennes européennes. Lufthansa a perdu 2,7 %, Air France-KLM 3,1 %, IAG 2,1 %, Wizz Air 3,0 % et easyJet 0,5 %. Le Brent a augmenté de 2,5 % ce jour-là, ajoutant aux pressions sur les coûts dans tout le secteur.