
Trump transforme le 250e anniversaire de l'Amérique en carnaval personnel, réécrit l'histoire et suscite de vives critiques
À la veille de l'anniversaire de samedi, le président Donald Trump a transformé le National Mall de Washington avec un mini Arc de Triomphe, une grande roue et une « Great American State Fair », tandis que les critiques l'accusent de détourner l'histoire de la nation pour sa propre gloire.
Une capitale transformée en parc d'attractions
La pièce maîtresse du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, que les treize colonies originales ont adoptée le 4 juillet 1776, est un vaste carnaval sur le National Mall. Des barrières métalliques bordent désormais l'espace vert entre le Capitole et le Washington Monument. Un mini Arc de Triomphe a été érigé, ainsi que des tentes géantes, des pavillons temporaires et une grande roue, le tout faisant partie de ce que la Maison-Blanche a baptisé la « Great American State Fair ». Le spectacle, décrit par plusieurs médias européens comme chaotique et égocentrique, remplace le ton unificateur habituel d'un anniversaire national par une célébration du président lui-même.
Réécrire le récit national
Au-delà de la transformation physique de Washington, le président Trump cherche à imposer son interprétation de l'histoire américaine aux musées, parcs nationaux et monuments, selon un reportage de France 24. L'administration a déjà commencé à modifier le visage de la capitale, une décision que les critiques considèrent comme une tentative de mettre en avant des moments favorables à Trump tout en effaçant d'autres. Le média français note que le président entend faire de ce jalon historique l'apothéose de son second mandat.
Le verdict du philosophe
Un long essai publié par le New Statesman à la veille de l'anniversaire offre une évaluation sombre de la trajectoire du pays. Le philosophe britannique John Gray décrit l'Amérique de Trump comme un « vortex d'aventurisme militaire raté, de diplomatie clownesque, de mauvaise gestion économique et de kleptocratie à la Poutine ». Il soutient que le président n'a pas seulement perturbé la république, mais a dissous sa promesse fondatrice.
Donald Trump a réduit cet espoir à néant. Un fauteur de troubles nihiliste dissout le mythe fondateur du pays, laissant l'avenir de l'Amérique dans une profonde incertitude.
Gray implique également une élite progressiste qui, selon lui, a accéléré la perte de confiance dans les institutions politiques après des décennies de mondialisation néolibérale. Il affirme que la désindustrialisation a privé des dizaines de millions d'Américains d'un rôle productif tandis que la législation progressiste sapait systématiquement leurs valeurs, alimentant le ressentiment que Trump exploite aujourd'hui.
Un jour de division
Les commentateurs de la presse européenne s'accordent à dire que le 250e anniversaire, normalement une occasion d'unité nationale, sera tout sauf cela. Le Monde observe que les commémorations n'ont pas pu échapper à la polarisation qui a marqué le retour au pouvoir de Trump. Süddeutsche Zeitung note que certains espéraient encore qu'un président américain ne se prendrait pas trop au sérieux pour un tel anniversaire, un espoir que les célébrations actuelles ont anéanti.
- Les treize colonies adoptent la Déclaration d'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne.
- Le National Mall est transformé en carnaval avec un mini Arc de Triomphe, des tentes et une grande roue.
- Le 250e anniversaire est célébré au milieu du spectacle personnel de Trump, suscitant de vives critiques nationales et internationales.


