
La centrale nucléaire de Paks en Hongrie fonctionne à 10 % de sa capacité alors que la sécheresse du Danube menace les réseaux électriques européens
Les niveaux d'eau historiquement bas du Danube ont réduit la production de la principale centrale nucléaire hongroise, tandis que les vagues de chaleur mettent à rude épreuve les systèmes électriques de la Serbie à la Pologne.
Paks au bord du gouffre
La centrale nucléaire hongroise de Paks, qui fournit près de la moitié de l'électricité du pays, fonctionne à environ 10 % de sa capacité de 2 000 MW après une cascade de réductions de puissance imposées par le rétrécissement du Danube. Le bloc 1 a été réduit de 254 MW le soir du 27 juillet, le bloc 3 de 237 MW le lendemain, puis temporairement arrêté le 29 juillet, et le bloc 2 a été réduit de moitié le 30 juillet, ce qui en fait la seule unité en fonctionnement. Le Premier ministre Peter Magyar a averti qu'un arrêt complet pourrait durer plus d'un mois, une première dans les 44 ans d'histoire de la centrale.
La garantie totale de sûreté nucléaire est une exigence fondamentale, sur laquelle il n'y a aucune place pour le compromis et qui restera toujours la plus importante.
Le niveau du Danube est à un niveau record, et avec une autre vague de chaleur intense prévue, de nouvelles baisses sont attendues. Magyar a déclaré que la centrale pourrait peut-être continuer à fonctionner à capacité réduite jusqu'à lundi ou mardi, gagnant du temps pendant les jours de pointe de la demande.
Cascade régionale
La crise ne se limite pas à la Hongrie. Les centrales hydroélectriques serbes Djerdap I et Djerdap II, qui représentent ensemble environ 18 % de l'électricité annuelle du pays, fonctionnent respectivement à 20 et 30 % de leur capacité, leur plus bas niveau depuis leur mise en service il y a 23 ans. En Roumanie, l'une des deux unités de la centrale nucléaire de Cernavodă a été déconnectée du réseau il y a cinq jours, supprimant temporairement 650 MW nets et obligeant le pays à couvrir le déficit par des importations ; le dernier arrêt de ce type remonte à août 2003. La seule centrale nucléaire bulgare, Kozloduy, fonctionne toujours, mais les autorités ont demandé l'aide de la Serbie et de la Roumanie. La Croatie, qui dépend de l'hydroélectricité pour plus de la moitié de son électricité, ressent également la pression, et la centrale nucléaire de Krško qu'elle partage avec la Slovénie est menacée par le faible débit et les températures élevées de la rivière Sava.
La situation est grave et les conséquences pourraient être plus sévères que lors de la panne d'électricité de 2025 en Espagne.
Conservation et réponse du réseau
Face au risque de panne totale, le gouvernement hongrois a lancé un appel à des économies d'énergie volontaires, en particulier entre 17 h 00 et 22 h 00. Dimanche, les ménages, les entreprises, les municipalités et les institutions ont ensemble économisé 700 MW, l'équivalent d'un bloc et demi de Paks, et environ 300 entreprises se sont engagées à réduire leur consommation lundi. Ilona Gizińska du Centre d'études orientales a noté que le pays maximise également la production renouvelable et augmente les importations, mais a ajouté que le système est en équilibre sur le fil de la demande.
Nous sommes en équilibre sur le fil de la demande.
En Pologne, l'opérateur du réseau PSE a confirmé que les températures élevées et les faibles niveaux des rivières imposent des restrictions de production dans certaines centrales conventionnelles. La centrale de Kozienice, propriété d'Enea, serait officieusement parmi celles touchées, bien que la société ne l'ait pas confirmé. PSE a déclaré disposer de procédures opérationnelles et d'outils pour maintenir la stabilité, mais n'a pas exclu de déclarer une période d'appel du marché de capacité si les réserves se resserrent.
Quelle est la suite ?
Les prévisions pour mardi 4 août annoncent des températures de 35 à 36 degrés Celsius dans le sud de la Pologne, et la chaleur devrait persister dans toute la région. Mariusz Marszałkowski, analyste en énergie et sécurité, a décrit la situation de Paks comme un cas extrêmement rare, tout en soulignant que le processus d'arrêt et de redémarrage d'une centrale nucléaire est sûr. Avec le Danube qui continue de baisser, le fonctionnement limité de la centrale pourrait s'étendre sur des semaines, et le réseau régional plus large reste sous forte pression.
- Bloc 1 réduit de 254 MW
- Bloc 3 réduit de 237 MW
- Bloc 3 temporairement arrêté
- Production du bloc 2 réduite de moitié ; seule unité en fonctionnement
- 700 MW économisés grâce à la conservation volontaire
- Magyar déclare que la centrale pourrait fonctionner à puissance réduite jusqu'au 4-5 août


