
La Suisse restructure son armée pour la défense contre les menaces hybrides, prévoit un bataillon de drones d'ici 2028
Vendredi, le Conseil fédéral suisse a dévoilé des plans de réforme complets visant à faire passer l'armée d'une force d'entraînement à une force opérationnelle, avec un nouveau bataillon de drones d'ici 2028, des structures de commandement simplifiées et un accent sur les menaces hybrides et les attaques à longue portée.
Réorientation défensive dictée par le paysage des menaces
Le gouvernement suisse répond à ce que le ministre de la Défense Martin Pfister a décrit comme une situation de menace aggravée. L'armée passera de son rôle actuel principal d'organisation d'entraînement à une force opérationnelle capable de protéger la population et les infrastructures critiques.
Les futures opérations se concentreront sur les menaces hybrides (combinaisons de sabotage, cyberattaques, frappes sur les centres de données et centrales nucléaires, et propagande) ainsi que sur les attaques de missiles à longue portée.Aujourd'hui, l'armée est essentiellement une armée d'entraînement.
Refonte du commandement et structures allégées
Toutes les missions terrestres seront dirigées par des divisions opérationnelles, remplaçant la disposition actuelle avec des règles de responsabilité claires, a déclaré le Conseil fédéral. Le haut commandement sera restructuré en chef des forces armées avec un état-major de l'armée, un commandement de l'entraînement, un commandement des opérations comprenant les forces terrestres, l'armée de l'air, le commandement cyber et le commandement de soutien. La réforme réduit le nombre d'officiers d'état-major supérieurs et rationalise les états-majors pour permettre un leadership continu dans toutes les situations. Les modifications législatives nécessaires seront soumises au parlement d'ici 2029.
Bataillon de drones et impulsion technologique
D'ici 2028, l'armée prévoit de lever son premier bataillon de drones, formant l'épine dorsale du déploiement systématique de systèmes sans pilote.
Le ministère de la Défense entend collaborer étroitement avec les universités suisses, l'industrie et les start-ups pour intégrer les technologies émergentes. La guerre électronique, la défense anti-drones et la protection des réseaux et des données sont des capacités modernes clés dans la planification.Cela constitue le noyau de l'introduction systématique de systèmes sans pilote et tient compte du développement technologique rapide dans ce domaine.
Orientation des investissements jusqu'en 2039
Environ 80 % des investissements d'armement iront aux capacités répondant aux menaces les plus probables : défense aérienne, protection des troupes, opérations de drones et mesures anti-drones, et cybersécurité pour les systèmes critiques. Les 20 % restants sont consacrés au maintien des capacités de repousser une attaque militaire de grande envergure. Le Conseil fédéral a déclaré que « dans la mesure du possible, les moyens classiques sont compensés par des technologies modernes et plus rentables ».
- Menaces les plus probables (défense aérienne, drones, cyber)
- 80 %
- Défense contre une attaque militaire de grande envergure
- 20 %
Financement par hausse de la TVA et fonds spécial
Les réformes font suite à la proposition antérieure du Conseil d'injecter 31 milliards de francs suisses supplémentaires dans la défense, à financer par le budget ordinaire de l'armée et une augmentation temporaire de la TVA limitée à dix ans. L'argent serait versé dans un fonds d'armement dédié à partir de 2028. La hausse de la TVA est impopulaire auprès du public, selon un rapport de 20 Minuten, mais le gouvernement la considère comme essentielle pour financer la transformation.
- Le Conseil fédéral annonce la réforme de la défense et de nouvelles directives
- Premier bataillon de drones opérationnel
- Modifications législatives soumises au parlement
- 80 % des investissements d'armement dirigés vers les menaces les plus probables


