
Smotrich déclare l'accord d'Hébron annulé, le ministère des Affaires étrangères dément
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé mardi avoir annulé l'accord d'Hébron de 1997 avec l'Autorité palestinienne, avant que le ministère israélien des Affaires étrangères ne démente quelques heures plus tard toute annulation. Le président palestinien Mahmoud Abbas a mis en garde contre des conséquences graves, et le Hamas a appelé à une intensification de la résistance.
L'annonce de Smotrich
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré mardi avoir annulé l'accord d'Hébron de 1997, un arrangement vieux de près de trois décennies avec l'Autorité palestinienne. Dans un message sur X, Smotrich a écrit que de nombreuses compétences dans la ville divisée d'Hébron et sur ses sites sacrés, dont le Tombeau des Patriarches, ne relèveraient plus de la municipalité palestinienne mais « reviendraient entièrement à la responsabilité de l'État d'Israël ». Il a décrit la décision comme une « correction historique » et partie d'une « révolution » plus large visant à légaliser les colonies et à approfondir la souveraineté israélienne en Cisjordanie.
« J'ai annulé l'accord d'Hébron. »
Le démenti du ministère des Affaires étrangères
En quelques heures, le ministère israélien des Affaires étrangères a contredit les affirmations de Smotrich, publiant un communiqué selon lequel « contrairement aux déclarations du ministre des Finances, l'accord d'Hébron n'a pas été annulé ». Le ministère a précisé qu'une décision du cabinet de sécurité plusieurs mois auparavant avait transféré aux autorités israéliennes la compétence en matière de planification et de construction dans le quartier juif d'Hébron et les sites sacrés juifs, mais qu'aucun autre changement n'avait été apporté. Le communiqué a noté que l'administration palestinienne de la ville n'avait pas coopéré dans ces domaines depuis des années.
Réaction palestinienne
Le président palestinien Mahmoud Abbas, via l'agence Wafa, a mis en garde contre des « conséquences graves » et appelé la communauté internationale à intervenir immédiatement pour annuler la décision « extrêmement dangereuse ». Abbas a jugé que cette mesure compromet les efforts vers une solution pacifique fondée sur la solution à deux États.
« Il y aura des conséquences graves. Une intervention internationale immédiate est nécessaire pour annuler cette décision extrêmement dangereuse. »
Le groupe militant Hamas a qualifié la décision de Smotrich d'« escalade politique et militaire sans précédent » et a exhorté les Palestiniens à « renforcer toutes les formes de résistance ».
« C'est une escalade politique et militaire sans précédent. Toutes les formes de résistance doivent être renforcées. »
Critiques israéliennes internes
L'organisation israélienne de paix Peace Now a condamné cette décision comme « une étape dangereuse et irresponsable de la part d'un politicien en échec ». Elle a déclaré que le gouvernement avait échoué sur tous les fronts dans la guerre régionale, et que désormais « l'incendiaire Smotrich essaie de mettre le feu à la Cisjordanie occupée ».
« C'est une étape dangereuse et irresponsable de la part d'un politicien en échec. L'incendiaire Smotrich essaie de mettre le feu à la Cisjordanie occupée. »
Contexte et implications
L'accord d'Hébron de 1997 a été négocié sous le premier gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il divisait la ville, Israël conservant le contrôle d'environ un cinquième pour protéger plusieurs centaines de colons juifs principalement radicaux, tandis que le reste de la ville (environ 200 000 Palestiniens) restait sous autorité civile palestinienne. L'accord exigeait l'approbation municipale palestinienne pour certaines activités de planification et de construction dans le secteur juif et près des sites sacrés. Selon le portail d'information israélien ynet, la nouvelle mesure transfère ces compétences aux autorités israéliennes de planification. Des représentants du gouvernement ont également indiqué que la municipalité d'Hébron ne fournirait plus de services municipaux tels que la collecte des déchets ou les permis de construire au quartier juif, les autorités israéliennes et l'armée assumant l'entière responsabilité. Les signaux contradictoires émanant du propre gouvernement israélien créent une incertitude, et avec les violences des colons contre les Palestiniens signalées ces derniers mois, cette mesure risque d'aggraver la situation.


