L'Allemagne lance la reprivatisation de l'importateur de gaz SEFE avec une vente prévue en 2027
Berlin a lancé des appels d'offres pour des conseillers et mandaté la banque d'investissement Lazard afin de préparer la reprivatisation de SEFE, visant une vente au début de 2027.
Appels d'offres pour conseillers et préparation de la vente
Le gouvernement allemand a lancé le 2 octobre 2026 le processus de reprivatisation du groupe énergétique public SEFE (Securing Energy for Europe), en ouvrant des procédures d'appel d'offres pour des conseillers juridiques et financiers. Le ministère fédéral de l'Économie et de l'Action climatique a invité les cabinets d'avocats à candidater pour des mandats de conseil juridique, avec une date limite d'attribution des contrats fixée au 1er novembre 2026. En parallèle, des banques d'investissement ont candidaté auprès de la banque publique de développement KfW pour obtenir des mandats de transaction. Berlin travaille également avec la banque d'investissement Lazard pour évaluer les voies stratégiques de sortie de l'actionnariat public de cette entreprise basée à Berlin. La reprivatisation découle d'un accord conclu au sein de la coalition gouvernementale allemande. Un représentant du gouvernement a confirmé vendredi le lancement des appels d'offres pour les conseillers.
Le gouvernement fédéral a lancé le processus de candidature pour les cabinets d'avocats et les banquiers d'investissement.
Taille opérationnelle et situation financière
SEFE est le premier importateur de gaz naturel d'Allemagne, avec un volume d'importation environ deux fois supérieur à celui de son homologue national Uniper. Le groupe emploie près de 2 200 personnes réparties dans plusieurs divisions commerciales, dont un desk de trading de matières premières, 4 200 kilomètres (2 600 miles) de gazoducs et un quart de la capacité de stockage de gaz de l'Allemagne. Sa clientèle dépasse 50 000 entités, avec plus de 200 térawattheures de gaz et d'électricité livrés à des entreprises industrielles et à des services publics municipaux. En 2025, l'entreprise a enregistré un chiffre d'affaires de 15,5 milliards d'euros et un résultat d'exploitation de 789 millions d'euros. Le sauvetage de 2022 a nécessité 6,3 milliards d'euros (7,1 milliards de dollars) de fonds publics après l'abandon de l'entreprise par son ancien propriétaire Gazprom, dont SEFE a remboursé près d'un milliard d'euros.
- Le gouvernement allemand accorde un plan de sauvetage de 6,3 milliards d'euros après l'abandon de l'entreprise par Gazprom
- SEFE propose au ministère de l'Économie une augmentation de capital pouvant atteindre 2 milliards d'euros
- Date limite d'attribution des appels d'offres de conseil juridique pour la privatisation
- Le processus de vente de SEFE doit être lancé
- Échéance européenne pour ramener la participation publique allemande dans SEFE à 25 % plus une action
Processus à double voie et intérêt du marché
Le cadre de la transaction prévoit une procédure à double voie qui laisse ouverte la possibilité théorique d'une introduction en bourse ou d'une vente directe, même si des sources de marché jugent une IPO improbable. Le plan intègre une augmentation de capital pouvant atteindre 2 milliards d'euros destinée à étendre le réseau d'infrastructures énergétiques de SEFE, conformément à une proposition soumise par l'entreprise au ministère de l'Économie en avril. Des rapports financiers allemands valorisent l'entreprise à environ 6 milliards d'euros, un montant comparable au premier plan de sauvetage public. L'intérêt des investisseurs reste limité dans les premières étapes, le redressement financier de SEFE progressant plus lentement que celui d'Uniper. SEFE a également fait l'objet d'un examen en 2025 concernant ses achats de gaz naturel liquéfié russe.
- Chiffre d'affaires 2025
- 15.5 mds €
- Sauvetage 2022
- 6.3 mds €
- Valeur estimée de l'entreprise
- 6 mds €
- Augmentation de capital proposée
- 2 mds €
- Aides d'État remboursées
- 1 mds €
- Résultat d'exploitation 2025
- 0.789 mds €
Échéances réglementaires et coordination avec Uniper
Le processus de cession doit s'ouvrir au début de 2027, afin d'éviter une concurrence directe avec les efforts en cours de Berlin pour vendre une participation majoritaire dans Uniper. En vertu des engagements d'aides d'État de l'Union européenne, l'Allemagne doit réduire sa participation dans SEFE et Uniper à 25 % plus une action au maximum d'ici la fin de 2028. Le ministère de l'Économie de Berlin supervise la participation fédérale et dirigera les tours d'enchères formels menant à l'échéance de cession de 2028. SEFE a refusé de commenter les mandats de conseil spécifiques, tandis que le ministère a maintenu que la sécurité énergétique européenne reste au cœur des termes de la transaction.
Qu'il y aura un processus de reprivatisation ressort également du cadre fourni par la Commission dans ses décisions d'approbation. Le gouvernement fédéral prendra en compte la sécurité d'approvisionnement de l'Allemagne et de l'Europe dans le processus de reprivatisation.

