
Le cabinet allemand supprime la consommation accompagnée d'alcool pour les jeunes de 14 et 15 ans
Le cabinet fédéral allemand a approuvé un projet de loi mettant fin à l'exception qui permettait aux jeunes de 14 et 15 ans de boire de la bière et du vin en public avec leurs parents, envoyant le texte au Bundestag.
Le cabinet approuve l'interdiction de la consommation accompagnée d'alcool
Le cabinet fédéral allemand a approuvé le 12 août 2026 un projet de loi abolissant ce que l'on appelle le "begleitetes Trinken", une exception dans la loi sur la protection de la jeunesse qui permettait aux jeunes de 14 et 15 ans d'acheter et de consommer de la bière, du vin et du vin mousseux en public lorsqu'ils sont accompagnés d'un parent ou d'un tuteur légal. Le projet de loi, présenté par la ministre de la Famille Karin Prien (CDU), fixerait un âge minimum strict de 16 ans pour l'achat et la consommation publics de ces boissons. La loi actuelle sur la protection de la jeunesse est en vigueur depuis 2003. Le projet de loi est maintenant soumis au Bundestag pour délibération.
Le texte du projet de loi indique que l'exception existante "affaiblit la protection des jeunes contre les conséquences sanitaires et sociales importantes de la consommation d'alcool" et contredit les objectifs du gouvernement fédéral en matière d'amélioration de la prévention des addictions. Les spiritueux et autres boissons distillées restent déjà réservés aux adultes. La session du cabinet était présidée par le ministre des Finances Lars Klingbeil.
Campagne de longue durée des Länder
La ministre de la Santé du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Stefanie Drese (SPD), a milité pendant des années contre cette exception. En 2025, son Land a présenté avec succès une initiative au Bundesrat réclamant l'abolition, et la Conférence des ministres de la Santé a adopté des mesures correspondantes sur l'initiative du Land. Le commissaire fédéral aux drogues, Hendrik Streeck, a également soutenu l'interdiction.
Drese a salué la décision du cabinet comme une "étape importante pour une protection cohérente de la jeunesse et un grand succès pour la prévention de l'alcoolisme". Elle a auparavant déclaré qu'elle préférerait une limite d'âge de 18 ans, "comme dans les pays voisins", mais a reconnu que 16 ans serait déjà un succès compte tenu des majorités requises pour modifier la loi sur la protection de la jeunesse.
Un sondage Forsa de 2025 commandé par la Kaufmännische Krankenkasse a révélé que près des deux tiers des adultes étaient favorables à l'abolition de la consommation accompagnée d'alcool.
- La loi actuelle sur la protection de la jeunesse entre en vigueur, autorisant la consommation accompagnée d'alcool pour les 14-15 ans
- Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale présente une initiative d'abolition au Bundesrat ; la Conférence des ministres de la Santé la soutient ; un sondage Forsa montre près des deux tiers des adultes favorables
- Le cabinet fédéral approuve un projet de loi abolissant l'exception, le texte est transmis au Bundestag
- Le Parlement doit délibérer sur le projet de loi
Réforme plus large de l'aide à l'enfance et à la jeunesse
La disposition sur l'alcool fait partie d'un projet de loi de 56 pages dont l'objectif principal est une réforme structurelle des services d'aide à l'enfance et à la jeunesse (Kinder- und Jugendhilfe). Le ministère de la Famille a décrit l'objectif comme étant de rendre le système "pérenne", avec une aide parvenant plus rapidement et plus précisément aux familles, des structures municipales renforcées et une bureaucratie inutile réduite.
La réforme touche des domaines allant du placement en famille d'accueil à la vérification simplifiée de l'âge pour les mineurs étrangers non accompagnés. Elle comprend également de nouvelles dispositions pour les enfants et les jeunes handicapés, qui ont droit à une assistance en crèche ou à l'école. Le projet de loi précise que cette assistance devrait idéalement être fournie sous forme d'"offres de groupe" pour plusieurs enfants ; lorsqu'une telle "offre infrastructurelle" n'existe pas localement, un droit individuel à l'orientation et au soutien subsiste.
Inquiétudes des associations sociales
Michaela Engelmeier du Sozialverband Deutschland a déclaré à l'agence de presse allemande que son organisation s'inquiète de la possibilité d'organiser l'assistance scolaire conjointement pour plusieurs enfants. Si l'assistance partagée peut fonctionner pour certains enfants, elle ne convient pas aux enfants souffrant de handicaps plus complexes, a-t-elle déclaré.
Nous considérons la possibilité d'organiser l'assistance scolaire de manière plus conjointe pour plusieurs enfants comme particulièrement critiquable.
Prien a souligné que le droit juridique individuel à une aide adaptée aux besoins reste pleinement intact et que les familles doivent pouvoir compter sur l'obtention de l'aide nécessaire à l'avenir.
Pour cela, nous avons besoin d'un système de soutien et de protection qui soit efficace, fiable et en même temps abordable.
Coûts et mesures supplémentaires
Selon l'Office fédéral de la statistique, les dépenses totales pour l'aide à l'enfance et à la jeunesse des gouvernements fédéral, des Länder et des municipalités ont atteint 78,8 milliards d'euros en 2024. Les deux tiers de ce montant ont été consacrés à la garde d'enfants, et un quart supplémentaire à l'aide éducative, y compris le placement de jeunes dans des foyers, des logements partagés ou des familles d'accueil.
Le cabinet a également approuvé une "Frühstartrente" (pension de démarrage précoce) distincte, en vertu de laquelle le gouvernement fédéral verserait 10 euros par mois sur un compte d'épargne retraite pour chaque enfant de 6 à 18 ans. La mesure s'appliquerait d'abord aux enfants nés en 2020, chaque nouvelle cohorte d'enfants de 6 ans étant ajoutée chaque année à partir de 2027. Les versements ne commenceraient généralement pas avant l'âge de 65 ans, et les rendements seraient exonérés d'impôt jusqu'à la phase de versement. En outre, le cabinet a approuvé de nouveaux pouvoirs pour les douanes afin de lutter contre la criminalité financière, notamment la saisie d'avoirs sans procédure judiciaire préalable, l'analyse de données basée sur l'IA et le déploiement de drones.


