Gouvernement · Berlin et Hambourg
La ministre allemande de la Justice propose d'étendre à 20 ans le délai de prescription pour viol et d'adopter la règle du « seul le oui signifie oui »
La ministre fédérale de la Justice, Stefanie Hubig, a appelé à doubler le délai de prescription et à faire évoluer la norme juridique du « non signifie non » vers le « seul le oui signifie oui », à l'occasion de la conférence des ministres de la Justice des Länder à Hambourg.
Texte IA fondé sur les articles de Handelsblatt, DIE WELT, RP Online et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Hubig veut porter le délai de prescription pour viol de 5 à 20 ans, égalant le seuil des crimes de gravité comparable.
La ministre propose de passer du « non signifie non » au « seul le oui signifie oui », criminalisant les actes sexuels sans consentement explicite.
Le ministre de la Justice de la Hesse, Christian Heinz, est devenu le premier responsable CDU au niveau d'un Land à soutenir publiquement le modèle fondé sur le consentement.
Le chef adjoint du groupe CDU/CSU, Günter Krings, a rejeté le principe du consentement, invoquant des obstacles probatoires inchangés dans les enquêtes policières.
- 1 nov.L'Allemagne adopte le principe du « non signifie non », remplaçant l'exigence de résistance physique ou de force.
- 1 oct.La France introduit un droit pénal sexuel fondé sur le consentement, le « seul le oui signifie oui ».
- 1 avr.Le parti Vert soumet une proposition de « seul le oui signifie oui » au Bundestag ; renvoyée en commission.
- 11 juinLa ministre Hubig propose un délai de prescription de 20 ans et une réforme du consentement avant la conférence de Hambourg.
La proposition en deux volets de la ministre
La ministre fédérale de la Justice Stefanie Hubig (SPD) a présenté un plan de réforme du droit pénal sexuel allemand dans des entretiens publiés le 11 juin 2026, avant la conférence des ministres de la Justice des Länder à Hambourg. Elle souhaite porter le délai de prescription pour viol de cinq à vingt ans, arguant que la fenêtre actuelle est trop courte pour des victimes qui ont souvent besoin d'années, voire de décennies, avant de pouvoir porter plainte. Le deuxième volet de sa proposition est le passage du principe actuel du « non signifie non » à une norme de consentement fondée sur le « seul le oui signifie oui », qui rendrait tout acte sexuel sans consentement explicite passible de poursuites.
« Un délai de prescription de 5 ans est trop court pour un viol. À mon avis, 20 ans seraient appropriés — comme pour les crimes de gravité comparable. Nous voulons adapter cela dès que possible. »
La norme juridique actuelle et ses critiques
L'Allemagne applique le principe du « non signifie non » depuis novembre 2016. Dans ce cadre, un acte sexuel est pénalement répréhensible s'il est accompli contre la volonté reconnaissable d'une autre personne, exprimée verbalement ou par des mouvements défensifs. Avant 2016, la loi exigeait généralement que la victime ait opposé une résistance physique ou que l'auteur ait utilisé la force ou des menaces. Hubig a qualifié la réforme de 2016 d'étape importante, mais a estimé que le moment était venu de passer à la suivante. Elle a cité d'autres pays européens qui ont déjà adopté des lois fondées sur le consentement, dont l'Espagne, la France et la Suède. La France a introduit le principe du « seul le oui signifie oui » en octobre 2025.
« De nombreux États européens ont déjà cette solution — et elle fonctionne. Je la considère comme un modèle. »
Un ministre CDU fait dissidence sur le consentement
Un signal notable est venu du ministre de la Justice de la Hesse, Christian Heinz (CDU), qui a déclaré au journal Die Welt que son Land soutient l'approche du « oui signifie oui ». Il a estimé que la situation juridique actuelle conduit à ce que de nombreux auteurs ne soient pas condamnés, qualifiant cela de problème structurel au détriment des femmes qui doit être traité par la loi. La position de Heinz marque la première fois qu'un ministre CDU au niveau d'un Land soutient publiquement le modèle fondé sur le consentement, qui jusqu'à présent était surtout défendu par les Verts et le SPD au Bundestag.
« « Oui signifie oui » est la bonne voie pour enfin mieux protéger les femmes. »
Scepticisme au sein de la coalition
Malgré le soutien de Heinz, des résistances persistent au sein du groupe parlementaire CDU/CSU. Le chef adjoint du groupe, Günter Krings (CDU), a déclaré à la Rheinische Post que s'il juge raisonnable un allongement du délai de prescription, il rejette le principe du consentement pour des raisons de preuve. Il a fait valoir que les agressions sexuelles se produisent presque toujours sans témoins et que le fait de faire passer la charge de la preuve de la démonstration d'une résistance à celle d'un consentement explicite ne change pas structurellement la réalité des enquêtes. Krings a mis en garde contre le fait que le modèle du consentement suscite chez les victimes des espoirs que les enquêtes policières ne peuvent pas satisfaire dans la pratique.
« Le principe du consentement suscite chez les personnes concernées l'espoir d'une meilleure poursuite pénale, espoir qui ne peut être satisfait dans la réalité des enquêtes policières. »
Arithmétique politique et prochaines étapes
Les Verts avaient déjà soumis une proposition similaire au Bundestag, qui a été renvoyée en commission. Les députés SPD se sont montrés ouverts, tandis que les élus AfD ont exprimé leur scepticisme, tout comme une partie de l'Union. La conférence des ministres de la Justice des Länder à Hambourg, qui a débuté le 11 juin, devrait servir de forum pour le débat, même si tout changement législatif devra passer par le parlement fédéral. Hubig a déclaré que l'allongement du délai de prescription devrait être adapté dès que possible.
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Sources et contexte
- HandelsblattSexualstrafrecht: Hubig will Verjährungsfrist von Vergewaltigung verlängern
- DIE WELTHubig will Verjährungsfrist von Vergewaltigung verlängern
- DIE WELTStrafrechtslücke bei Vergewaltigungen: "Nur ja heißt ja" - erster CDU-Minister spricht sich für rot-grünen Plan zu Sexualstrafrecht aus
- RP OnlineReform des Sexualstrafrechts: Hubig drängt auf schärferes Sexualstrafrecht - längere Verjährungsfrist
- Stefanie Hubig
- Ministre fédérale de la Justice d'Allemagne (SPD), proposant la réforme du droit pénal sexuel.
- Christian Heinz
- Ministre de la Justice de la Hesse (CDU), premier ministre CDU d'un Land à soutenir le modèle du « seul le oui signifie oui ».
- Günter Krings
- Vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU, sceptique quant au principe du consentement pour des raisons de preuve.
- Lena Gumnior
- Porte-parole des Verts pour la politique juridique, a cité une affaire du tribunal de Bernau pour plaider en faveur d'une réforme du consentement au Bundestag.
- Lieux
- Hambourg, Luxembourg
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