
Lagarde n'exclut pas de quitter la BCE plus tôt pour entrer dans le débat présidentiel français
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a jugé « possible » de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat en octobre 2027 pour apporter une « voix européenne » au débat présidentiel français, relançant les spéculations sur un départ anticipé.
Un possible retour sur la scène française
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a déclaré au quotidien économique français Les Échos qu'elle ne peut exclure de quitter l'Eurotower avant la fin de son mandat en octobre 2027. Sa motivation, a-t-elle dit, serait de garantir qu'une perspective résolument pro-européenne soit entendue durant la campagne présidentielle française.
C'est possible. Je pense qu'une voix européenne doit se faire entendre dans le débat présidentiel français.
Ces propos, publiés le 3 juillet, constituent le signal public le plus fort à ce jour que l'ancienne ministre de l'Économie de 70 ans pourrait abandonner son mandat plus tôt. En février seulement, après que le Financial Times a rapporté qu'elle pourrait s'effacer pour permettre au président Emmanuel Macron et au chancelier allemand Friedrich Merz d'avoir leur mot à dire sur son successeur, Lagarde avait déclaré au Wall Street Journal qu'elle avait l'intention d'aller au bout de son mandat.
Le défi eurosceptique
Lagarde a présenté un éventuel départ anticipé comme un rempart contre le Rassemblement national (RN) d'extrême droite, que les sondages donnent comme un prétendant de premier plan pour l'Élysée. Marine Le Pen et le président du parti Jordan Bardella sont actuellement les favoris, même si le RN doit attendre le verdict de la cour d'appel de Paris mardi avant de finaliser son candidat. Cette décision déterminera si Le Pen peut se présenter à l'élection après une condamnation pour détournement de fonds.
S'il apparaissait qu'un rôle réduit de la France en Europe se profile, je pense qu'il est important d'expliquer pourquoi ce serait une voie douloureuse pour notre pays et nos concitoyens.
Lagarde n'a pas précisé le rôle qu'elle pourrait briguer, déclarant seulement qu'une candidature directe de sa part n'était « pas à l'ordre du jour » et qu'elle pourrait avoir des conversations ouvertes avec les candidats français dans les mois à venir.
Toujours à la barre de la BCE, pour l'instant
Tout en évoquant un possible départ, Lagarde a immédiatement lié son avenir à la stabilité de l'économie européenne. Elle a souligné que le capitaine de la banque centrale doit rester à la barre en période de turbulences.
Étant donné que nous traversons à nouveau une période turbulente, je pense que le capitaine du navire BCE doit rester à bord.
Alexandre Krüger, économiste en chef d'ABN Amro, a interprété ces propos comme laissant une démission conditionnée à un rapprochement de l'inflation de l'objectif de 2 %, une mission qui, selon lui, ne sera pas accomplie avant le printemps 2027. Aucune annonce immédiate n'est attendue.
La suite
Lagarde doit assister aux Rencontres Économiques de Provence le 4 juillet en compagnie du président du Conseil européen Antonio Costa, un événement qui attire désormais une attention accrue. Un départ anticipé déclencherait une course à la présidence de la BCE à un moment où la zone euro navigue entre volatilité de l'inflation et chocs géopolitiques.
- Le Financial Times rapporte que Lagarde pourrait démissionner plus tôt pour permettre à Macron et Merz de choisir son successeur ; Lagarde déclare au WSJ qu'elle compte aller au bout de son mandat.
- Lagarde déclare aux Échos qu'elle ne peut exclure de partir avant octobre 2027 pour apporter une « voix européenne » au débat présidentiel français.
- La cour d'appel de Paris rend son verdict sur la condamnation de Le Pen pour détournement de fonds, déterminant son éligibilité à se présenter.
- Élection présidentielle française prévue ; Macron ne peut pas se représenter pour un troisième mandat.
- Le mandat non renouvelable de Lagarde à la présidence de la BCE prend officiellement fin.
Le mandat de Lagarde s'achève officiellement six mois après le scrutin français d'avril 2027. Qu'elle parte plus tôt dépendra probablement des perspectives économiques et de l'évolution de la course présidentielle, y compris de l'issue de la bataille judiciaire de Le Pen.

