
L'AfD dépose une plainte pénale pour diffamation contre le chancelier allemand Friedrich Merz à propos de ses commentaires sur la remigration
Alternative pour l'Allemagne a déposé une plainte pénale contre le chancelier Friedrich Merz après qu'il a qualifié le programme de remigration du parti de nettoyage ethnique lors d'un débat budgétaire au Bundestag.
Affrontement parlementaire autour de la remigration
Le groupe parlementaire d'Alternative pour l'Allemagne a déposé une plainte pénale contre le chancelier Friedrich Merz à la suite de déclarations faites lors des délibérations budgétaires fédérales au Bundestag le 9 septembre 2026. L'échange a commencé après que la co-cheffe de l'AfD, Alice Weidel, a critiqué le gouvernement fédéral, déclarant que le mandat du chancelier était expiré et attaquant la politique d'immigration actuelle. Merz a défendu la contribution économique des travailleurs d'origine étrangère dans l'artisanat allemand avant de s'adresser directement au slogan principal du programme du parti d'opposition. Ses remarques ont provoqué des protestations vocales des députés AfD dans l'hémicycle.
Le mot remigration n'est rien d'autre qu'un synonyme de nettoyage ethnique basé sur l'origine et la couleur de peau.
Plainte pénale et dispositions sur l'immunité
Stephan Brandner, secrétaire parlementaire et conseiller juridique de la faction AfD, a annoncé le dépôt de la plainte dans une vidéo publiée, arguant que le chancelier avait franchi un seuil en matière de diffamation pénale. Le parti a soutenu que le fait d'assimiler la remigration à un nettoyage ethnique associe illégalement l'AfD à des expulsions forcées et à des meurtres, tout en diffamant à la fois les députés et les électeurs. En vertu de l'article 46 de la Loi fondamentale allemande, les membres du Parlement bénéficient de l'indemnité pour les déclarations faites dans l'hémicycle, mais la loi prévoit une exception spécifique pour les insultes diffamatoires. Les procureurs peuvent ouvrir une enquête en vertu de cette disposition, bien que la mise en accusation d'un député ou d'un chancelier en exercice nécessite un vote du Bundestag pour lever l'immunité parlementaire. Quelques heures avant l'annonce, le Bundestag a voté la levée de l'immunité de Brandner lui-même dans le cadre d'une procédure de diffamation sans rapport.
L'insinuation selon laquelle le groupe parlementaire AfD, qui se tient fermement sur les fondements de la Loi fondamentale, prône le nettoyage ethnique et donc en fin de compte les expulsions et les meurtres, est si explicite que la justice doit intervenir.
Résultat des élections en Saxe-Anhalt
La confrontation à Berlin a suivi l'élection régionale organisée en Saxe-Anhalt le 6 septembre 2026. Lors de ce scrutin, l'AfD a obtenu 43,8 % des suffrages, plus du double de sa part de voix par rapport à l'élection de 2021. L'Union chrétienne-démocrate au pouvoir, dirigée au niveau national par Merz, a terminé deuxième avec 17 %. Le terme remigration figurait en bonne place dans la campagne de l'AfD, occupant un chapitre dédié dans le manifeste électoral régional du parti. L'attention du public autour de ce terme s'est accrue après des rapports en janvier 2024 concernant une réunion de novembre 2023 à Potsdam où des figures d'extrême droite ont discuté de plans d'expulsion de populations.
- AfD
- 43.8 %
- CDU
- 17 %
- Des figures d'extrême droite se réunissent à Potsdam pour discuter de concepts de remigration de population
- L'AfD remporte 43,8 % des voix aux élections régionales de Saxe-Anhalt
- Friedrich Merz assimile la remigration à un nettoyage ethnique lors d'un débat au Bundestag
- Le groupe parlementaire AfD dépose une plainte pénale pour diffamation contre Merz
Remarques sur la production d'armes par un candidat régional
Un nouveau différend politique a émergé à propos des déclarations d'Ulrich Siegmund, le candidat tête de liste de l'AfD en Saxe-Anhalt, à la suite d'une réunion parlementaire à Magdebourg. Interrogé sur un fabricant d'armes israélien, Siegmund a déclaré que son parti ne condamne pas la fabrication d'armes car des ressources correspondantes seront nécessaires pour une future offensive de déportation et de remigration. Katja Pähle, cheffe du groupe du Parti social-démocrate au parlement régional, a qualifié cette remarque de menace politique, tandis que la directrice parlementaire des Verts, Irene Mihalic, a décrit la déclaration comme profondément choquante. L'Alliance Sahra Wagenknecht s'est distanciée d'une éventuelle coopération. Siegmund a répondu en affirmant que l'équipement était destiné à la Bundeswehr, à la police et aux agences de sécurité pour exécuter les ordres d'expulsion.


