Le Haut Conseil pour le climat juge les politiques actuelles insuffisantes alors qu'une troisième canicule de 2026 met les hôpitaux sous tension et déclenche des incendies
Le Haut Conseil pour le climat a appelé à une expansion rapide des politiques d'adaptation et de réduction des émissions, alors que la France métropolitaine s'est réchauffée de 2,2 °C depuis le début du XXe siècle, les températures estivales ayant augmenté de 2,9 °C.
La France n'est pas préparée au rythme et à l'ampleur du changement climatique, selon le Haut Conseil pour le climat (HCC), un organisme indépendant créé en 2018 pour évaluer les politiques climatiques du gouvernement. Son rapport annuel, publié jeudi, intervient alors que le pays endure sa troisième canicule depuis mai, avec des hôpitaux sous tension, des incendies qui se propagent et des perturbations du travail dans plusieurs régions.
La tendance au réchauffement
La France métropolitaine et la Corse se sont réchauffées de 2,2 °C entre les périodes 1900–1930 et 2016–2025, selon le rapport. Les températures estivales ont augmenté encore plus fortement, de 2,9 °C, contribuant à des canicules de plus en plus fréquentes et intenses. La climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a travaillé au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de l'ONU, a déclaré que la France était entrée dans une « zone dangereuse », avec des températures supérieures à 40 °C affectant désormais régulièrement de grandes parties du pays.
Nous entrons dans une période tragique.
Le président du HCC, François Soussana, a fait cette remarque en présentant le rapport, soulignant les canicules de mai et juin qui ont causé des milliers de décès supplémentaires. Le rapport a souligné que les canicules ne sont qu'un résultat du changement climatique : sécheresses, incendies et précipitations extrêmes deviennent tous plus courants, chacun entraînant des conséquences sanitaires, sociales, économiques et environnementales accrues.
Infrastructures construites pour un climat passé
Le HCC a constaté que les infrastructures françaises, l'aménagement du territoire et l'activité économique « avaient été développés et conçus pour un climat qui n'existe plus », selon les termes de Masson-Delmotte. Les maisons deviennent dangereusement chaudes, les élèves des écoles et des universités peinent à étudier, et les villes manquent d'espaces publics frais suffisants pour que les personnes vulnérables puissent se rafraîchir. Le secteur agricole n'a pas encore fait de l'adaptation climatique une priorité suffisante malgré des chocs climatiques répétés.
Les efforts d'adaptation actuels privilégient des solutions incrémentales et technologiques qui traitent certains impacts tout en en aggravant ou en en déplaçant d'autres.
Sur le terrain : incendies et services perturbés
France 24 a rapporté qu'en seulement huit jours, 8 000 hectares ont brûlé dans plusieurs régions (plus que sur l'ensemble du mois de juillet dernier). Les hôpitaux sont débordés, les lits de rivières s'assèchent et même la glace vient à manquer.
Le HCC estime que les mesures d'adaptation actuelles sont inadéquates face à la nouvelle réalité climatique. L'organisme a appelé la France à « augmenter l'ampleur, la portée, l'étendue et la rapidité de la mise en œuvre des mesures d'adaptation ».
Ce que demande le HCC
Le message principal du gendarme climatique est que la France doit rapidement élargir l'ambition, la portée et la rapidité de sa réponse à mesure que les effets du réchauffement climatique s'aggravent. Les politiques de réduction des émissions et d'adaptation ont besoin d'un « changement d'échelle », selon la caractérisation de France 24. Le rapport présente les canicules récurrentes, les incendies et la tension sur le système de santé non comme des accidents, mais comme des symptômes d'un climat radicalement modifié.
- Réchauffement global (1900-1930 à 2016-2025)
- 2.2 °C
- Réchauffement estival
- 2.9 °C

