
Renault conclut un accord social avec les syndicats espagnols, débloquant cinq nouveaux modèles électrifiés pour les usines de Palencia et Valladolid
Un pré-accord sur une nouvelle convention collective entre Renault Espagne et les syndicats majoritaires UGT et CCOO a évité des grèves et assuré l'avenir de ses usines de Palencia et Valladolid, apportant en Espagne la première production de véhicules électriques du groupe.
Un accord sous pression
Renault Espagne et les syndicats UGT, CCOO et SCP ont conclu mardi un pré-accord sur une nouvelle convention collective pour 2026-2028, mettant fin à des semaines de négociations tendues qui menaçaient l'avenir industriel des sites espagnols du groupe. L'avancée est survenue lors d'une réunion au ministère de l'Industrie, convoquée par le ministre Jordi Hereu pour débloquer des discussions qui étaient au point mort depuis le 7 mai. Le pacte évite les grèves qui avaient débuté par des arrêts de travail d'une heure le vendredi précédent, décrétés par les cinq syndicats présents au comité de négociation.
L'accord garantit les conditions nécessaires à l'avenir de l'usine de Valladolid et un changement de paradigme à l'usine de Palencia avec l'attribution de la nouvelle plateforme électrique RGEV Medium 2.0.
Ce que les usines obtiennent
Le pré-accord lie explicitement la paix sociale à l'attribution des produits. Renault avait prévenu qu'en l'absence d'accord, les usines espagnoles perdraient leur statut « privilégié » pour les nouveaux modèles, subissant des baisses de production et aucune garantie d'emploi. Selon les nouvelles dispositions, l'usine de Palencia recevra trois nouveaux véhicules, tandis que Valladolid continuera de produire deux modèles hybrides « longue durée ». Fait crucial, l'accord apporte la plateforme RGEV Medium 2.0 à Palencia, marquant la première fois dans les 75 ans d'histoire du groupe Renault en Espagne qu'il y fabriquera des véhicules électriques.
- Renault présente le plan stratégique futuREady incluant la plateforme électrique RGEV Medium 2.0
- Dernière réunion de négociation avant l'impasse ; Renault suspend l'attribution des véhicules et abaisse son offre
- Les cinq syndicats organisent des arrêts de travail d'une heure dans les usines espagnoles pour protester
- Le ministre Jordi Hereu convoque une réunion ; pré-accord signé par l'UGT, le CCOO et le SCP
Termes salariaux et conditions
Le cadre salarial lie les augmentations à l'inflation : IPC plus un point de pourcentage pour 2026, IPC seul pour 2027, et IPC plus 0,63 % pour 2028. Les travailleurs recevront également des versements uniques bruts de 400 € en 2026 et 2027, et de 200 € en 2028, avec un paiement annuel supplémentaire de 145 € chaque septembre. D'autres acquis incluent une augmentation de 15 % de la rémunération des heures supplémentaires, l'engagement de convertir 300 contrats temporaires en postes permanents sur la durée de l'accord, un investissement annuel minimum de 300 000 € pour l'amélioration des usines, un plafond de 14 samedis par équipe et par an, et une nouvelle politique de déconnexion numérique à définir en 2026.
Divisions syndicales
Tous les syndicats n'ont pas soutenu l'accord. Alors que l'UGT, le CCOO et le SCP l'ont signé, la CGT et le CSIF l'ont rejeté, le jugeant insuffisant. Le CSIF a argumenté que l'accord ne permet pas de récupérer le pouvoir d'achat perdu pendant le gel des salaires de 2021 et 2022, et ne répond pas à ce qu'il décrit comme des charges de travail excessives. Cette division reflète le choix crucial auquel les syndicats étaient confrontés : accepter un cadre de modération salariale et de flexibilité, ou risquer de perdre entièrement l'attribution des véhicules électriques.
Changement de direction au sommet
L'accord a été scellé le même jour que l'annonce de Josep Maria Recasens, président de Renault Espagne, comme nouveau PDG de l'entreprise de défense et de technologie Indra. Recasens part en ayant mené les négociations à une conclusion qui verrouille un nouveau plan industriel pour les opérations espagnoles. Son départ intervient alors que le groupe Renault lui-même a déclaré des pertes de 10,9 milliards d'euros en 2025, liées à sa sortie de Nissan, soulignant les pressions financières qui sous-tendent la volonté d'obtenir des conditions de travail compétitives dans les usines européennes clés.
- 2026
- 400 €
- 2027
- 400 €
- 2028
- 200 €

