
L'escalade du conflit dans le Golfe pousse le pétrole au-dessus de 82 $ et le gaz à son plus haut niveau depuis trois mois, les Bourses européennes tiennent bon
La reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran et la fermeture de fait du détroit d'Ormuz ont porté le gaz européen à 51,5 euros le mégawattheure et le brut Brent au-dessus de 82 dollars le baril le 13 juillet 2026, tandis que les actions européennes affichaient des gains modestes et que les fabricants de puces asiatiques chutaient.
Les marchés de l'énergie ont subi un choc violent lundi alors que l'escalade de l'affrontement militaire entre les États-Unis et l'Iran a étranglé le trafic à travers le détroit d'Ormuz, le point de passage énergétique le plus critique de la planète. La dernière série de frappes et de contre-frappes, y compris environ 140 cibles américaines touchées à l'intérieur de l'Iran pendant le week-end et des tirs de missiles de représailles vers des bases américaines à Bahreïn, en Jordanie et au Koweït, a poussé les contrats à terme sur le gaz naturel et le pétrole brut nettement à la hausse, même si les indices boursiers européens sont parvenus à rester en territoire positif.
Le détroit d'Ormuz effectivement fermé
La voie navigable qui gère normalement plus de 130 transits de pétroliers par jour est pratiquement à l'arrêt. La Chambre internationale de la navigation maritime n'a recensé que 22 navires ayant osé emprunter le passage ces derniers jours, et des sources du secteur ont prévenu que ces navires pourraient ne pas revenir charger dans le Golfe. Les autorités iraniennes ont déclaré que le détroit resterait fermé « jusqu'à nouvel ordre », tandis que l'administration Trump a exigé des remboursements pour les marchandises transitant par la route et a proposé une nouvelle taxe de transit de 20 %.
Cette confiance s'est érodée très, très rapidement ; nous sommes de retour à la case départ.
Une installation de forage koweïtienne a subi de lourds dommages, marquant le premier coup direct contre des infrastructures énergétiques depuis des semaines et confirmant la crainte que les États voisins soient entraînés dans le théâtre des opérations.
Gaz au plus haut depuis mai, le brut franchit des niveaux de résistance
À Amsterdam, le contrat à terme de référence européen pour le gaz naturel pour livraison en août a bondi de 5,7 % à 51,4 euros le mégawattheure, atteignant plus tard 51,5 euros, son plus haut règlement depuis le 19 mai. Le West Texas Intermediate a grimpé de 4,55 % à 74,66 dollars le baril et a touché un plus haut de séance au-dessus de 75 dollars, tandis que le brut Brent a franchi les 82 dollars avant de se stabiliser près de 79,41 dollars, en hausse de 4,47 %.
Clairement, le risque est que la situation dégénère jusqu'aux niveaux observés au début de la guerre, où les pays voisins et leurs infrastructures énergétiques étaient également ciblés.
La hausse s'est répercutée sur les actions des entreprises : à Milan, Eni a grimpé de 3,88 % et a été la meilleure performance sur plusieurs séances de la journée, tandis que Stellantis a gagné près de 2 % grâce à une hausse de 10 % sur un an des livraisons au deuxième trimestre, à 1,6 million de véhicules.
- Les États-Unis frappent environ 140 cibles à l'intérieur de l'Iran ; l'Iran riposte par des missiles vers des bases à Bahreïn, en Jordanie et au Koweït
- Le Kospi de Séoul ouvre dans le rouge vif, chute de 8,95 % et déclenche le coupe-circuit ; la déroute technologique asiatique se répercute sur les valeurs européennes des semi-conducteurs
- Le gaz naturel européen atteint 50,8 euros/MWh, en hausse de 4,4 % en séance ; le WTI s'échange à 73,90 dollars, en hausse de 3,5 %
- Le contrat à terme sur le gaz pour livraison en août atteint 51,4 euros/MWh, son plus haut niveau depuis le 19 mai ; le WTI touche un plus haut de séance au-dessus de 75 dollars le baril
- Le gaz s'établit à 51,5 euros/MWh, en hausse de 6 % ; le Brent au-dessus de 82 dollars ; Lagarde rencontre Warsh à Washington ; le rendement du Trésor américain à deux ans atteint 4,24 %
Les Bourses européennes tiennent bon, les rendements obligataires grimpent sur toute la ligne
Les Bourses européennes ont absorbé la chaleur géopolitique sans panique. Le FTSE MIB de Milan a gagné 0,37 %, Paris a ajouté 0,31 % et Francfort a légèrement progressé de 0,19 %, tandis que Londres a clôturé stable. Madrid a cédé 0,3 %. Le calme était relatif : les traders se sont tournés vers l'énergie et les télécoms tout en réduisant la tech, faisant écho à une séance asiatique où le Kospi a plongé de 8,95 % à 6 806,93 points, déclenchant le coupe-circuit pour la septième fois cette année alors que Samsung chutait de 10 % et SK Hynix perdait 15 %.
La dette souveraine a ressenti plus de pression. Les rendements des gilts britanniques ont bondi de dix points de base, les rendements des BTP italiens ont augmenté de sept points pour atteindre 3,87 %, et le rendement du Bund à dix ans a ajouté deux points de base à 3,08 %. L'écart Italie-Allemagne s'est légèrement resserré pour clôturer à 76,5 points de base contre 77,6 à l'ouverture. Aux États-Unis, le rendement du Trésor à deux ans a grimpé de trois points de base à 4,24 %, son plus haut niveau depuis début 2025, et le rendement à dix ans a atteint 4,59 % alors que les traders intégraient le risque qu'un pétrole plus cher oblige la Réserve fédérale à maintenir des taux élevés.
Réunions à Washington et la menace inflationniste
La pression sur les taux d'intérêt forme la toile de fond d'une série inhabituelle de réunions à Washington. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a tenu des entretiens avec le président de la Fed, Kevin Warsh, et devait rencontrer le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, le même jour. Le rapport annuel 2025 du Comité européen du risque systémique (ESRB), cité lors de la séance, avertissait qu'une intensification du conflit au Moyen-Orient ou une détérioration plus large de l'appétit pour le risque mondial pourrait déclencher des « corrections de marché abruptes et désordonnées » se répercutant sur l'économie réelle via une confiance affaiblie et des coûts de financement plus élevés.
L'intensification des conflits au Moyen-Orient ou une détérioration du climat de risque mondial pourrait déclencher des corrections de marché abruptes et désordonnées, avec des répercussions possibles sur l'économie réelle par une confiance affaiblie et des coûts de financement plus élevés.
Un indice des prix à la consommation américain attendu le 14 juillet constitue désormais la prochaine ligne de crête : toute surprise à la hausse aggraverait les craintes inflationnistes liées à l'énergie déjà visibles sur le marché obligataire.
- Milan FTSE MIB
- 0.37 %
- Paris CAC 40
- 0.31 %
- Francfort DAX
- 0.19 %
- Londres FTSE 100
- 0 %
- Madrid IBEX 35
- -0.3 %
- Rendement 10 ans Royaume-Uni (Gilt)
- 10 %
- Rendement 10 ans Italie (BTP)
- 7 %
Débâcle des semi-conducteurs asiatiques et contagion technologique
La douleur la plus aiguë s'est concentrée sur les valeurs des puces asiatiques, où des valorisations élevées se sont heurtées à l'incertitude géopolitique. Séoul a mené la débâcle avec le Kospi perdant près de 9 %, entraînant Samsung et SK Hynix dans des baisses à deux chiffres. Tokyo a perdu près de 2 %, l'indice composite de Shanghai a chuté de 2,06 % à 3 913,79 points, et Shenzhen a perdu environ 4 %. Les valeurs européennes des semi-conducteurs ont subi des dégâts collatéraux : STMicroelectronics a cédé 0,8 % et Prysmian a chuté de 1,2 %.
L'or a reculé de 1,3 % à 4 064,91 dollars l'once, un mouvement contre-intuitif suggérant que certains investisseurs ont liquidé des positions pour couvrir des appels de marge ou se sont tournés vers des instruments liés à l'énergie. Ce schéma rappelle les premières semaines de la crise du Golfe, lorsque la volatilité des matières premières submergeait les flux traditionnels vers les valeurs refuges.


