
Les marchés mondiaux perturbés alors que Trump met fin à la trêve iranienne : le pétrole grimpe de près de 5% et le trafic dans le détroit d'Ormuz se fige
Une nouvelle confrontation militaire entre les États-Unis et l'Iran et la déclaration du président Trump selon laquelle la trêve est terminée ont provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux le 8 juillet, les prix du pétrole grimpant et les actions chutant. Tokyo a rebondi le lendemain grâce aux gains technologiques, mais de nouvelles menaces de blocus du détroit d'Ormuz ont maintenu une profonde incertitude.
Effondrement de la trêve et escalade militaire
Après des semaines de paix fragile, la trêve américano-iranienne s'est effondrée le 8 juillet lorsque les États-Unis ont lancé des attaques nocturnes contre des positions iraniennes. En représailles, l'Iran a frappé des cibles au Koweït et à Bahreïn, selon plusieurs rapports. S'exprimant lors du sommet de l'OTAN à Ankara, le président Donald Trump a déclaré que l'accord était mort.
Il a ajouté, en revanche,La trêve est terminée. Je ne veux plus parler à ces gens-là.
Téhéran a répondu en annonçant que le détroit d'Ormuz ne s'ouvrirait que sous conditions iraniennes, faisant planer le spectre d'un nouveau blocus maritime.Je ne crois pas que la guerre reprendra. Ce sera une affaire très rapide.
- Les États-Unis lancent de nouvelles frappes sur l'Iran ; l'Iran riposte en frappant le Koweït et Bahreïn
- Le président Trump déclare la trêve terminée : 'La trêve est terminée. Je ne veux plus parler à ces gens-là.'
- Seulement 14 navires transitent dans le détroit d'Ormuz contre une moyenne quotidienne de 34 en juin ; certains navires désactivent leurs transpondeurs
- Les indices européens clôturent en baisse de 0,6 % à 2,1 % ; le pétrole (Brent) dépasse brièvement 80 $ le baril ; le Dow Jones américain chute de plus de 600 points
- Le Nikkei clôture en hausse de 1,38 % à 67 743,85, les valeurs technologiques menant, ignorant les préoccupations géopolitiques
Hausse du pétrole et des matières premières
L'impact immédiat sur les marchés a été une forte augmentation des prix de l'énergie. Le Brent a brièvement dépassé 80 $ le baril avant de se stabiliser autour de 76 $, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a augmenté de plus de 7 % à un moment donné. Le gaz naturel européen (TTF) a augmenté de plus de 5 % pour atteindre environ 48 € par mégawattheure. L'or est monté au-dessus de 4 060 $ l'once, les investisseurs cherchant des valeurs refuges. Le positionnement spéculatif a amplifié le mouvement : les données sur les options à terme montrent environ 50 000 contrats positionnés à 80 $ le Brent et 75 000 à 85 $, créant un effet « gamma négatif » qui a accentué la volatilité.
Certains traders avaient placé des paris baissiers importants juste avant les précédentes annonces de Trump, suscitant un examen minutieux d'un éventuel délit d'initié.Au moins 50 000 options étaient positionnées sur environ 50 millions de barils de pétrole à exactement 80 $ sur les contrats à terme de septembre.
Baisse des actions et des obligations
Les indices boursiers européens ont connu de fortes baisses, Milan (-0,6 %), Londres (-0,94 %), Paris (-1,65 %), Francfort (-1,8 %) et Madrid (-2,1 %) étant tous dans le rouge. À Wall Street, le Dow Jones a perdu plus de 600 points, soit environ 0,87 %. Le Nasdaq, à forte composante technologique, a reculé de 0,2 %, plus modestement, les valeurs des semi-conducteurs comme ASML et STM se stabilisant. Les secteurs défensifs et l'énergie ont surperformé, avec Eni et Saipem gagnant plus de 2,5 %, tandis que les banques et les constructeurs automobiles ont chuté : UniCredit a perdu 2,5 % après avoir obtenu plus de 47 % de Commerzbank, et Stellantis a cédé 4,1 %. Sur le marché obligataire, le rendement italien à 10 ans a augmenté de 9 points de base pour atteindre 3,86 %, l'OAT française est passée à 3,89 % et le rendement du Trésor américain à 10 ans a dépassé 4,57 %, reflétant les craintes d'inflation.
Trafic à Ormuz et facteur spéculatif
Les perturbations physiques ont aggravé la tourmente financière. Le trafic dans le détroit d'Ormuz, passage d'un cinquième des flux pétroliers mondiaux, a chuté à 14 navires le 8 juillet contre une moyenne quotidienne de 34 en juin, selon les données de Bloomberg. Certains navires ont désactivé leurs transpondeurs pour éviter d'être détectés. Les mouvements du marché n'étaient pas uniquement motivés par les fondamentaux ; une importante accumulation d'options autour de niveaux de prix clés signifiait que même de petits mouvements déclenchaient un hedging forcé, ajoutant à la cascade. Les analystes ont signalé trois cas antérieurs depuis mars où des transactions importantes et suspectes ont précédé des annonces de Trump qui ont fait bouger les marchés, dont un pari baissier de 760 millions de dollars placé 20 minutes avant un précédent accord de réouverture d'Ormuz.
Reprise hésitante alors que Tokyo progresse
Un certain calme est revenu le 9 juillet. L'indice Nikkei de Tokyo a rebondi de 1,38 % pour clôturer à 67 743,85, soutenu par les valeurs technologiques malgré les risques persistants au Moyen-Orient. Les contrats à terme sur les indices européens étaient en hausse, avec les futures Eurostoxx 50 en hausse de 1 % et les futures FTSE MIB en hausse de 0,75 %. Le Brent a légèrement baissé de 0,42 % à 77,69 $ et le WTI a reculé de 0,57 % à 73,10 $. Cependant, les minutes de la Fed publiées dans la nuit ont révélé des divisions entre les décideurs politiques sur l'inflation, certains membres étant ouverts à un resserrement dès octobre, ajoutant une dimension de politique monétaire à des perspectives déjà tendues. Les premiers résultats de PepsiCo devaient offrir un avant-goût de la saison des résultats américaine.


