
Le Parlement roumain rejette le candidat au poste de Premier ministre Adrian Vestea, les négociations pour une coalition pro-européenne dans l'impasse
Le Premier ministre désigné Adrian Vestea a manqué l'obtention de 44 voix lundi soir, après que le parti d'extrême droite AUR a abandonné l'hémicycle et que son propre bloc libéral a refusé de le soutenir.
Le vote échoue
Adrian Vestea, désigné par le président Nicusor Dan pour diriger le prochain gouvernement roumain, n'a obtenu que 189 voix devant les chambres réunies tard le 22 juin. Il avait besoin d'une majorité absolue de 233 voix. Seuls 212 des 465 parlementaires ont pris part au vote ; 23 ont voté contre lui. Le parti d'extrême droite Alliance pour l'unité des Roumains (AUR) a quitté la salle de séance avant le décompte, scellant le résultat quelques heures après que Vestea ait courtisé son soutien.
Le pari présidentiel
Dan a nommé Vestea sans consulter la direction du Parti national libéral (PNL), la formation à laquelle les deux hommes appartiennent nominalement. Le président espérait relancer la coalition centriste qui s'est effondrée début mai. Au lieu de cela, la convention spéciale du PNL a voté dimanche pour exclure Vestea et ses partisans, bien que la mesure doive encore être approuvée formellement. Vestea a présenté un cabinet minoritaire s'appuyant sur le Parti social-démocrate (PSD) de gauche, des dissidents libéraux et des technocrates sans étiquette. Le PNL, l'USR réformateur et l'UDMR hungaro-roumain avaient déjà déclaré qu'ils ne confirmeraient aucun gouvernement qui violerait le cordon sanitaire contre l'extrême droite.
Je vise un gouvernement qui s'attaque aux réformes réelles et maintient la Roumanie sur une orientation pro-occidentale.
Le seul soutien constant était le PSD, le parti qui a fait tomber l'administration précédente. Vestea a également mené des négociations avec l'AUR, dont le chef George Simion a posé une condition pour son soutien : les partis traditionnels doivent cesser de qualifier le groupe d'« extrémiste ». L'AUR s'oppose à l'aide militaire à l'Ukraine et critique vivement l'Union européenne. La demande de Simion est restée sans réponse, et la faction a quitté l'hémicycle avant le vote.
Dan est le premier chef d'État depuis l'adhésion de la Roumanie à l'UE qui est prêt à faire entrer l'extrémisme dans le bateau du gouvernement.
L'effondrement du cabinet Bolojan
L'impasse a commencé en avril, lorsque le PSD s'est retiré de la coalition quadripartite du Premier ministre Ilie Bolojan. Le catalyseur en a été un ensemble de mesures impopulaires, notamment des augmentations d'impôts destinées à réparer les finances publiques mises à rude épreuve. Le 5 mai, le PSD s'est allié à l'AUR pour faire adopter une motion de censure, renversant Bolojan et le laissant comme Premier ministre par intérim. Sans le PSD, le plus grand groupe parlementaire, il s'est avéré quasi impossible de rassembler une majorité pro-européenne.
La suite
Conformément à la Constitution, le président doit organiser une nouvelle série de consultations et désigner un nouveau candidat. Ce candidat dispose de dix jours pour former un cabinet et faire face à un vote de confiance. Si un deuxième candidat au poste de Premier ministre est rejeté dans les 60 jours, le président peut dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées, une mesure jamais prise dans la Roumanie post-communiste. Des analystes cités par des médias allemands prédisent que le prochain candidat sera confirmé pour éviter des élections, un gouvernement minoritaire étant le résultat le plus probable. Des manifestations de rue ont eu lieu à Bucarest ce week-end, accusant Dan de trahir son électorat en courtisant l'extrême droite et le PSD.
