
La Suède double les peines de prison pour les crimes liés aux gangs, à compter du 1er août
La nouvelle loi, adoptée en juin, double les peines maximales pour les violences liées aux gangs, y compris pour les mineurs, avec une limite supérieure de 18 ans. Elle intervient alors que les gangs suédois recrutent des adolescents pour des contrats à l'étranger ; un Norvégien de 19 ans a été condamné à Londres cette semaine.
Le nouveau régime de peines
La Suède a doublé les peines maximales d'emprisonnement pour les crimes violents commis dans le cadre de la criminalité des gangs, à compter du 1er août. Un membre de gang pris avec une arme à feu, par exemple, risquait auparavant jusqu'à quatre ans de prison ; ce plafond passe désormais à huit ans. La limite supérieure globale pour la peine doublée est fixée à 18 ans. La réforme, qui a également resserré une cinquantaine d'autres cadres de peines, a été adoptée par le Parlement suédois à la mi-juin et est entrée en vigueur le premier jour d'août.
Les mineurs ne sont pas exemptés. Les peines doublées s'appliquent également à eux, bien que la loi prévoie certaines réductions. Le gouvernement du Premier ministre Ulf Kristersson avait initialement cherché à abaisser l'âge de la responsabilité pénale à 13 ans, mais faute d'un soutien parlementaire suffisant, il prévoit désormais de réduire le seuil à 14 ans.
Des années de violence des gangs
La Suède lutte depuis des années contre une grave violence des gangs. Les réseaux criminels recrutent systématiquement des mineurs comme tueurs à contrat, les envoyant souvent au-delà des frontières. Le gouvernement s'est régulièrement tourné vers le Danemark voisin pour s'inspirer, où les crimes liés aux gangs sont punis plus sévèrement depuis longtemps. La nouvelle loi suédoise reflète cette approche, bien qu'elle reste controversée : plusieurs experts ont critiqué les peines plus longues comme inefficaces.
Violence exportée à l'étranger
La dimension internationale de l'activité des gangs suédois a été soulignée cette semaine par une affaire judiciaire à Londres. Johannes N., un Norvégien de 19 ans, a été condamné le 29 juillet pour complot en vue d'un meurtre. Selon le tribunal, il s'est rendu de Norvège au Royaume-Uni pour le compte d'un gang criminel suédois afin d'exécuter un contrat pour 25 000 €. Il a nié avoir eu l'intention de mener à bien le plan. La peine sera prononcée en octobre. L'affaire a mis en évidence que les gangs suédois opèrent désormais bien au-delà de l'Europe du Nord, un chef de gang contrôlant son réseau depuis l'Iran, selon les informations.
Une voie contestée
Alors que le gouvernement présente les peines plus sévères comme un moyen de dissuasion nécessaire, le débat sur leur efficacité se poursuit. Les critiques pointent la violence persistante et la capacité des gangs à recruter des adolescents vulnérables comme preuve que des peines plus longues à elles seules ne résoudront pas la crise. La réforme marque néanmoins l'une des escalades les plus significatives de la réponse de la justice pénale suédoise à la criminalité des gangs ces dernières années.


