
Le ministre lituanien de la Défense prévient que la Pologne et les pays baltes sont les prochaines cibles de la Russie après les échecs en Ukraine
Le ministre lituanien de la Défense, Robertas Kaunas, déclare que Moscou pourrait chercher une nouvelle escalade après les revers en Ukraine, les renseignements indiquant de possibles attaques contre les infrastructures critiques.
Avertissement de Vilnius
Le ministre lituanien de la Défense, Robertas Kaunas, a déclaré lundi à la radiodiffuseur public LRT que la guerre de la Russie en Ukraine ne se déroule pas comme le Kremlin l'avait prévu. Les drones ukrainiens frappent régulièrement des infrastructures critiques en Russie, détruisant des raffineries et d'autres installations, tandis que les avancées russes sur le front sont minimes et que, sur certains secteurs, les forces russes battent en retraite sous la pression ukrainienne. Des explosions sont désormais entendues en Russie même, des pénuries de carburant apparaissent, et la société russe commence à remettre en question le régime. Kaunas a soutenu que le président Vladimir Poutine a besoin d'une nouvelle escalade et d'une nouvelle victoire, et que la région baltique et la Pologne sont les cibles les plus immédiates.
La guerre en Ukraine ne se déroule pas selon les plans de la Russie, et aujourd'hui des explosions sont entendues en Russie même, il y a des pénuries de carburant. La société russe remet déjà en question le régime du Kremlin, demandant pourquoi cela se produit et où est la victoire promise.
Poutine a besoin d'une nouvelle escalade, d'une nouvelle victoire, et la région baltique, la Pologne, est la cible la plus proche dans ce cas.
Renseignements et rapports antérieurs
La déclaration de Kaunas fait suite à la confirmation par le président lituanien Gitanas Nausėda de rapports de renseignements qui circulent depuis des semaines. Nausėda a déclaré que les évaluations indiquent de possibles attaques russes contre des infrastructures régionales critiques, utilisant à la fois des moyens conventionnels et non conventionnels. Le président a noté que les renseignements ne précisent ni le moment ni le lieu exacts, seulement la planification et l'intention.
Les premiers avertissements sont apparus fin juin, lorsque le média polonais Onet, citant des sources proches des services polonais, a fait état d'un risque de provocation militaire limitée contre la Pologne. Le 3 juillet, le quotidien britannique The Telegraph a rapporté que les États-Unis avaient averti la Pologne d'une possible provocation russe. Les scénarios analysés comprenaient des frappes de drones ou de missiles sur des infrastructures critiques, des attaques contre des installations énergétiques, des opérations hybrides le long de la frontière et une incursion limitée de soldats russes ou biélorusses sur le territoire polonais.
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, avait suggéré plus tôt que la Russie pourrait organiser une opération sous faux drapeau utilisant des drones ukrainiens. L'agence de presse BNS a rappelé cette remarque dans sa couverture de l'interview de Kaunas.
Réponse de la Pologne
Le vice-Premier ministre polonais, Władysław Kosiniak-Kamysz, a annoncé que le comité de sécurité du Conseil des ministres se réunira mardi 21 juillet, avec la menace de provocation russe comme principal point à l'ordre du jour. La réunion intervient alors que Varsovie assimile les derniers avertissements de son allié de l'OTAN.
Mesures défensives de la Lituanie
Le chef de l'armée lituanienne, le général Raimundas Vaiksnoras, a déclaré dimanche qu'il n'y a actuellement aucune menace militaire conventionnelle visible contre la Lituanie ou les autres États baltes. Cependant, il a mis en garde contre le fait que des provocations utilisant des moyens militaires ne peuvent être exclues. Les alliés occidentaux, a-t-il ajouté, partagent des évaluations de renseignements similaires.
En réponse à la menace accrue, la Lituanie a renforcé la protection de ses infrastructures de transport et d'énergie. La sécurité a été renforcée autour des ponts, des sous-stations électriques, des systèmes d'approvisionnement en gaz et des nœuds de communication. Kaunas a souligné que les efforts de la Lituanie pour renforcer sa défense et approfondir son intégration avec l'OTAN et l'Union européenne ne constituent pas une provocation contre la Russie.
Nous sommes un État souverain, nous sommes membres de l'OTAN, de l'Union européenne, et nous décidons de renforcer notre défense, de renforcer nos forces armées et d'approfondir l'intégration avec les États civilisés occidentaux, et cela ne devrait en aucun cas provoquer la Russie.
La suite
La séquence d'avertissements, de la fin juin à l'alerte américaine et maintenant à la déclaration publique du ministre lituanien de la Défense, a mis la région en état d'alerte renforcée. La réunion du comité de sécurité polonais mardi devrait examiner les renseignements et coordonner une réponse. Pour l'instant, les alliés de l'OTAN considèrent la menace comme crédible mais non imminente en termes militaires conventionnels.
- Onet rapporte un risque de provocation militaire limitée de la Russie contre la Pologne, citant les services polonais.
- The Telegraph rapporte que les États-Unis ont averti la Pologne d'une possible provocation russe, incluant des frappes de drones et des opérations hybrides.
- Le ministre lituanien de la Défense Kaunas prévient que la Pologne et les pays baltes sont les prochaines cibles de la Russie ; le président Nausėda confirme les renseignements.
- Réunion du comité de sécurité polonais prévue pour traiter la menace de provocation russe.
