
La Roumanie met à l'arrêt sa seule centrale nucléaire, le Danube à un niveau record privant le réacteur d'eau de refroidissement
Nuclearelectrica, l'opérateur nucléaire roumain, a entamé le 13 août le débranchement du dernier réacteur en fonctionnement de sa centrale de Cernavoda, alors que le débit du Danube a atteint un niveau historiquement bas, privant le pays d'un cinquième de son approvisionnement électrique pour la première fois depuis 2003.
Cernavoda dans le noir
Nuclearelectrica, le producteur nucléaire public roumain, a entamé le 13 août le débranchement de l'unité 2 de sa centrale de Cernavoda, alors que le niveau du Danube a atteint un niveau record. Les deux réacteurs de 706 mégawatts de la centrale, qui fournissent normalement environ un cinquième de l'électricité roumaine, avaient déjà perdu l'unité 1 fin juillet, lorsque la sécheresse a d'abord réduit l'alimentation en eau de refroidissement. L'arrêt de l'unité 2 marque le premier arrêt complet de Cernavoda depuis la sécheresse de 2003, où un seul réacteur était en service et la centrale avait été stoppée pendant plusieurs semaines. Selon des médias locaux cités par AGI, l'arrêt complet du réacteur était attendu entre 11 h et midi, heure locale, le 13 août. Le ministère de l'Énergie a déclaré dans un communiqué que l'unité 2 serait arrêtée de manière contrôlée compte tenu des conditions hydrologiques actuelles. Les autorités n'ont pas indiqué de date pour la reprise des opérations.
Mesures d'urgence
La Roumanie a déclaré un état d'urgence énergétique pour tout le mois d'août et a demandé aux entreprises et aux ménages de réduire volontairement leur consommation pendant les heures de pointe du soir. Le ministère de l'Énergie a activé une centrale au lignite de 330 mégawatts et compte sur une augmentation de la production éolienne et de l'hydroélectricité à partir de l'eau des réservoirs disponibles pour compenser le déficit. Le ministère a déclaré que le réseau national dispose d'une capacité transfrontalière d'environ 4 000 mégawatts pour les importations d'électricité et que les opérateurs européens coordonnent leurs efforts pour garantir la sécurité de l'approvisionnement sur les réseaux affectés par les conditions météorologiques. Le gouvernement a préparé un système de coupures d'électricité progressives et préavisées pour les consommateurs industriels si nécessaire. Des températures légèrement plus fraîches étaient attendues pour réduire la demande de pointe en soirée.
Des efforts pour gagner du temps
Avant de recourir à l'arrêt, la Roumanie avait pris une série d'interventions physiques pour maintenir le réacteur en fonctionnement. Des ingénieurs ont dragué le lit de la rivière, fait sauter un obstacle rocheux et coulé quatre barges remplies de roches dans le Danube pour rediriger les écoulements d'eau vers la centrale, selon Il Fatto Quotidiano. Ces efforts, dont le coût est estimé à plus de 2 millions d'euros, n'ont réussi qu'à retarder l'arrêt. L'unité 1 avait déjà été arrêtée fin juillet ; le dragage et les opérations de barges ont permis à l'unité 2 de continuer à fonctionner un peu plus longtemps avant que le débit de la rivière ne baisse encore. Le Danube, deuxième plus long fleuve d'Europe après la Volga et le plus long fleuve navigable de l'UE, a vu son débit tomber à un minimum record en raison de vagues de chaleur répétées et d'un manque de précipitations sur tout le continent.
Propagation régionale
La sécheresse du Danube affecte les centrales nucléaires dans toute l'Europe. En Hongrie, la centrale de Paks, dont les quatre réacteurs couvrent normalement environ un tiers des besoins électriques du pays, est partiellement arrêtée depuis fin juillet. Le Premier ministre Peter Magyar a annoncé le 13 août que le gouvernement avait ordonné la construction d'un barrage submergé près de Paks, avec deux barges de 80 mètres positionnées sur le site qui pourraient être coulées pour élever le niveau de l'eau. La Hongrie a jusqu'à présent évité un arrêt complet à Paks.
En Suisse, l'opérateur Axpo a arrêté la centrale nucléaire de Beznau le 26 juin pour éviter une surchauffe de la rivière Aar, utilisée pour le refroidissement. Les réglementations environnementales fixent des limites de température pour les rejets d'eau de refroidissement afin de protéger les écosystèmes aquatiques ; lorsque la température de l'eau en amont devient trop élevée, les opérateurs doivent réduire la production ou arrêter les réacteurs. En France, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a accordé une dérogation temporaire ajustant les limites de rejet pour le Rhône, et le pays a arrêté 8 de ses 57 réacteurs nucléaires, selon AGI.
- La centrale de Cernavoda s'arrête partiellement pendant plusieurs semaines lors de la sécheresse, avec un seul réacteur en fonctionnement
- Axpo, en Suisse, arrête la centrale nucléaire de Beznau pour éviter la surchauffe de la rivière Aar
- Arrêt de l'unité 1 de Cernavoda ; arrêt partiel de la centrale hongroise de Paks
- La Roumanie entame l'arrêt de l'unité 2 de Cernavoda ; la France arrête 8 de ses 57 réacteurs


