
L'opposition conteste la nomination de Voridis lors de l'ouverture de la commission de révision constitutionnelle grecque
La session inaugurale de la commission parlementaire grecque chargée de la révision constitutionnelle a été marquée par des tensions le 15 juin, les partis d'opposition condamnant la nomination de l'ancien ministre Makis Voridis à la présidence et accusant le gouvernement d'accélérer le processus.
L'élection du président suscite la colère
La première réunion de la commission multipartite chargée de réviser la Constitution grecque a donné lieu à des protestations concernant le choix de Makis Voridis à sa présidence. Le parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie, a imposé Voridis à ce poste, une décision qualifiée de provocatrice par les législateurs de l'opposition. Zoe Konstantopoulou, cheffe du parti Cap sur la liberté, a qualifié cette décision d'« insulte à la démocratie » et d'« affront extrême », demandant que soient révélés les noms des deux députés de l'opposition qui auraient soutenu sa candidature lors d'un vote secret tenu la semaine précédente.
C'est une insulte ; son élection est un affront extrême.
D'autres partis se sont joints aux critiques. Le député de SYRIZA, Giorgos Gavrilos, a déclaré que cette nomination montrait que le Premier ministre « trollait » le processus de révision, tandis que le rapporteur du PASOK, Panagiotis Doudonis, a reconnu que « des objections existent concernant votre personne ». Le député du Parti communiste (KKE), Giannis Giokas, a condamné ce qu'il a qualifié de « procédures accélérées ».
Voridis défend son rôle et le calendrier
Voridis a répondu calmement, notant que l'antipathie de l'opposition était manifeste. Il a déclaré qu'il n'enquêterait pas sur ceux qui ont voté pour lui, qualifiant le différend de « regrettable au regard de l'ampleur de la tâche que nous entreprenons ». Il a proposé trois sessions hebdomadaires et a révélé que les membres de la commission renonçaient à leur indemnité spéciale de séance.
L'opposition ne m'aime pas ; c'est devenu clair. Vous n'avez pas voté pour moi en tant que président ; nous ne chercherons pas à savoir qui sont les deux personnes qui l'ont fait. C'est regrettable au regard de l'ampleur de la tâche que nous entreprenons.
Voridis a également laissé ouverte la possibilité que des articles proposés par l'opposition mais non inclus dans le plan initial de Nouvelle Démocratie puissent être introduits au débat s'ils sont soutenus par 50 signatures de la majorité, présentant cela comme un geste de bonne volonté.
Conflit procédural sur le calendrier d'un mois
Un vif désaccord a éclaté concernant le calendrier de travail de la commission. La présidence a proposé de terminer les sessions en un mois, d'ici le 15 juillet, raccourcissant le délai initial de deux mois fixé par la plénière pour le rapport de la commission (prévu le 10 août). Giokas, du KKE, a dénoncé le calendrier comme une « amputation de l'amputation », arguant que cela minerait le débat de fond sur des questions sérieuses. Voridis a rétorqué que le délai était « plus qu'adéquat », citant le précédent de la révision de 2019.
Contexte de la tempête politique
Konstantopoulou a amplifié ses critiques dans le hall du Parlement, liant Voridis à plusieurs scandales en cours et à son passé de dirigeant de jeunesse d'un parti fondé par l'ancien dictateur Papadopoulos. Elle a accusé le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis d'avoir choisi une figure « connue pour ses activités fascistes et ses opinions racistes » pour diriger l'une des commissions les plus importantes du Parlement. De son côté, le rapporteur de Nouvelle Démocratie, Evripidis Stylianidis, a rappelé le processus de révision tendu de 2019, notant que malgré un climat fortement polarisé, la commission avait réussi à envoyer 49 articles au Parlement proposant la révision.
- Un vote secret élit Makis Voridis président de la commission ; deux députés de l'opposition votent en sa faveur.
- La session inaugurale explose suite à la nomination de Voridis et au calendrier raccourci d'un mois.
- Date cible pour la conclusion des sessions de la commission et la remise de son rapport.
- Date limite initiale de la plénière pour la soumission du rapport de la commission (raccourcie par la présidence).
Prochaines étapes
La commission va maintenant procéder à trois réunions par semaine tout au long du mois de juin et jusqu'à la mi-juillet, après quoi elle remettra son rapport à la plénière. La première session a souligné un fossé profond entre la majorité au pouvoir et les rangs de l'opposition, le consensus sur des changements constitutionnels de fond semblant lointain.


