
La Pologne, les États-Unis et trois alliés signent un accord pour un centre européen d'entretien des missiles Patriot lors du sommet de l'OTAN
L'accord, signé au Forum de l'industrie de défense de l'OTAN à Ankara, vise à accroître la capacité et à accélérer la production et la maintenance des intercepteurs PAC-3. C'est l'un des nombreux pactes de défense dévoilés alors que l'Alliance cherche à reconstituer ses stocks de missiles.
Un centre européen pour les missiles Patriot
Le premier jour du sommet de l'OTAN à Ankara, cinq nations ont signé une lettre d'intention avec Lockheed Martin pour créer un centre d'entretien européen pour les missiles PAC-3 utilisés dans les systèmes de défense aérienne Patriot. Les signataires sont les États-Unis, la Pologne, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède. Le vice-Premier ministre polonais et ministre de la Défense nationale, Władysław Kosiniak-Kamysz, a annoncé l'accord sur les réseaux sociaux.
Nous avons signé un accord avec les États-Unis, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède pour établir un centre d'entretien des missiles PAC-3 pour les systèmes Patriot en Europe. Cela augmentera considérablement la capacité et accélérera la production et l'entretien des missiles.
Le document a été signé lors du Forum de l'industrie de défense de l'OTAN, une réunion axée sur la production et l'innovation de défense transatlantique, tenue en marge du sommet principal.
Washington ouvre la porte à la production à l'étranger
Cette décision intervient alors que les États-Unis signalent leur volonté de délocaliser une partie de la production de missiles. Le secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis, Michael Duffy, a déclaré au forum que la possibilité de fabriquer des missiles PAC-3 à l'étranger est résolument envisagée.
Nous laissons définitivement ouverte la possibilité d'une production en dehors des États-Unis.
Kosiniak-Kamysz avait déjà laissé entrevoir les ambitions de la Pologne en mai, déclarant lors d'une visite au Canada que « les portes s'ouvrent à la possibilité de déplacer la production, par exemple, des missiles PAC-3 pour les Patriot ou des missiles de roquette pour les HIMARS ». Il a ajouté que la Pologne est « l'une des directions les plus sérieusement envisagées ».
Une série de pactes de défense
Le centre d'entretien Patriot est l'une des nombreuses initiatives dévoilées au forum. L'Allemagne et les Pays-Bas, avec les États-Unis et l'OTAN, ont lancé un plan pour débuter la production européenne du missile antiaérien à courte portée Stinger, fabriqué par RTX. Sept pays (la Belgique, le Canada, la Finlande, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Norvège) ont signé une lettre d'intention pour étudier l'expansion de la production de missiles AIM-120C-8 AMRAAM en Europe. Un projet distinct impliquant Lockheed Martin et l'allemand Rheinmetall vise à apporter des travaux sur le système de missiles ATACMS en Europe, bien que cette annonce ait été décrite comme davantage une séance photo qu'un accord contraignant.
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, avait annoncé les grandes lignes la veille, déclarant aux journalistes que les alliés dévoileraient de nouveaux contrats d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
- Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, déclare que les alliés annonceront de nouveaux contrats de défense d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars.
- Le Forum de l'industrie de défense de l'OTAN débute à Ankara ; les États-Unis, la Pologne, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède signent une lettre d'intention pour un centre d'entretien PAC-3 européen.
- L'Allemagne et les Pays-Bas lancent l'initiative de production Stinger ; sept pays signent une étude d'expansion de la production de missiles AMRAAM.
- Le sommet de l'OTAN se poursuit avec les dirigeants des 32 États membres et partenaires.
La Pologne pousse pour un rôle dans la fabrication de défense
Le gouvernement polonais a présenté l'accord comme une réponse aux critiques qui affirment que le pays perd des capacités de défense. Kosiniak-Kamysz a déclaré que l'accord prouve leur erreur et a souligné que l'objectif de la Pologne n'est pas seulement d'acheter des armes modernes, mais aussi de les produire et de les entretenir en Europe avec la participation polonaise. Le contexte plus large est un effort à l'échelle de l'OTAN pour reconstituer les stocks de missiles épuisés par la guerre en Ukraine et le conflit américain avec l'Iran, tout en répondant à la pression du président Donald Trump pour que les alliés européens assument une plus grande part du fardeau de la défense.


