
La Pologne va exiger un casier judiciaire du pays d'origine pour les conducteurs de taxi non européens
Le ministère des Infrastructures finalise un projet de loi qui obligerait les conducteurs de taxi non européens à présenter un certificat de casier judiciaire de leur pays d'origine, comblant une faille qui permet actuellement à des criminels condamnés de travailler légalement en Pologne.
La faille réglementaire
Selon la loi polonaise actuelle, toute personne demandant une licence de taxi doit présenter un certificat du Registre national des casiers judiciaires (KRK). Ce registre contient principalement les données des personnes condamnées par les tribunaux polonais et des citoyens polonais condamnés à l'étranger. Pour les citoyens de l'UE, le Système européen d'information sur les casiers judiciaires (ECRIS) offre un niveau supplémentaire de vérification transfrontalière. En revanche, il n'existe pas de mécanisme équivalent pour les pays extérieurs à l'UE. En pratique, une personne condamnée pour un crime grave en Géorgie, au Pakistan ou en Ukraine peut obtenir un certificat vierge en Pologne parce que la condamnation étrangère est invisible pour les autorités polonaises.
Rien n'empêche une personne ayant été condamnée par le passé, même pour des crimes graves (meurtre, viol ou trafic de drogue) en Géorgie, au Pakistan ou en Ukraine, d'obtenir un certificat de casier judiciaire vierge en Pologne.
Ce que propose le nouveau projet de loi
Le ministère des Infrastructures finalise un amendement à la loi sur le transport routier. Anna Szumańska, porte-parole du ministère, a déclaré à Rzeczpospolita qu'une demande d'inscription du projet de loi au registre des travaux législatifs du gouvernement sera déposée dans les jours à venir. Le changement principal : les ressortissants de pays non membres de l'UE et de l'AELE demandant une licence de taxi devront soumettre un certificat de casier judiciaire de leur pays d'origine, accompagné d'une traduction assermentée réalisée par un traducteur agréé ou un consul.
Les organisations du secteur du taxi réclament cette mesure depuis des années, arguant que le système actuel ne parvient pas à filtrer les conducteurs ayant un passé criminel. Selon l'Union polonaise des partenaires d'applications, les étrangers représentent déjà 48 % des chauffeurs de taxi en Pologne.
Au-delà des casiers judiciaires
L'avant-projet d'amendement va plus loin que les vérifications d'antécédents. Le ministère souhaite également limiter le nombre d'extraits de licence délivrés pour un même véhicule. Actuellement, une seule voiture peut fonctionner sous plusieurs licences simultanément. Les critiques estiment que cela permet à une entreprise qui perd sa licence de continuer à opérer via une autre entité détenant des extraits pour la même flotte. Le projet de loi mettrait un terme à cette pratique.
Un identifiant national du conducteur de taxi est également prévu. Ce document confirmerait qu'un conducteur satisfait à toutes les exigences pour transporter des passagers partout dans le pays. Les représentants du secteur réclament depuis longtemps une base de données centralisée couvrant les conducteurs, les véhicules, les licences et les examens médicaux, arguant qu'elle faciliterait la détection des irrégularités et la régulation du marché.
Contexte politique
Le député PiS Jarosław Krajewski a salué l'initiative du gouvernement, notant que son parti avait déposé un projet de loi similaire il y a un an. Il a exprimé l'espoir que le projet atteigne rapidement la Diète et devienne loi dès que possible. L'amende actuelle pour avoir permis à un conducteur sans licence ou examen médical requis de transporter des passagers peut atteindre 40 000 złotys.

