
Sikorski affirme que l'OTAN doit se préparer à une attaque hybride russe meurtrière
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a déclaré que les membres de l'OTAN devraient préparer une riposte ferme si des sabotages russes faisaient des morts, et il a appelé à fermer les consulats russes et à restreindre les visas accordés aux Russes.
Un seuil pour la riposte de l'OTAN
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a déclaré au Financial Times que les membres de l'OTAN devraient préparer une riposte ferme à une attaque hybride russe qui ferait des morts. Il a indiqué qu'aucune définition commune n'existe pour déterminer à partir de quand les actions russes franchissent la ligne exigeant une réaction forte, sans préciser quelles mesures l'Alliance devrait prendre. La Pologne et l'Estonie avaient demandé des consultations au titre de l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord après que des drones et des avions de chasse russes ont violé leur espace aérien, et M. Sikorski a laissé entendre que d'autres mesures pourraient être nécessaires. Interrogé sur ce qui constitue une attaque, il a déclaré :
La question est de savoir ce qui constitue une attaque, une attaque transfrontalière. Tant qu'il s'agit de dégâts matériels, c'est une chose, mais si des gens commencent à mourir, nous devrons tenir une nouvelle discussion très sérieuse au sein de l'OTAN.
Sabotages et avertissements des services de renseignement
Des représentants de cinq agences de renseignement européennes ont déclaré au Financial Times que des agents russes ciblaient des dirigeants de sociétés européennes de défense en vue de les assassiner. Le renseignement allemand a averti que la guerre de l'ombre menée par la Russie entrait dans une nouvelle phase, potentiellement meurtrière. En juillet, un missile de croisière russe Kh-101 est tombé dans un champ et a explosé dans l'est de la Pologne. En septembre, Berlin a accusé Moscou d'avoir orchestré une attaque de drones contre l'aéroport de Leipzig/Halle en août. La Pologne et les pays voisins s'inquiètent de la multiplication des cyberattaques, des violations de leur espace aérien et des tentatives de sabotage visant des cibles européennes, qu'ils considèrent comme partie intégrante d'une campagne russe destinée à affaiblir le soutien à l'Ukraine.
- Un missile de croisière russe Kh-101 est tombé dans un champ et a explosé dans l'est de la Pologne
- Attaque de drones contre l'aéroport de Leipzig/Halle, imputée plus tard à Moscou par Berlin
- Berlin accuse Moscou d'avoir orchestré l'attaque de drones de Leipzig/Halle
Sanctions, visas et diplomates
M. Sikorski a appelé les alliés européens à fermer les consulats russes, à réduire le nombre de diplomates russes et à limiter leur liberté de circulation. Il a proposé que tous les Russes entrant dans l'UE soient titulaires d'un passeport biométrique, ce qui, selon lui, rendrait plus difficile l'usage de fausses identités par des agents. Il s'est également prononcé pour la réduction du nombre de visas touristiques délivrés aux citoyens russes, rappelant que les pays de l'UE en avaient accordé près de 500 000 l'an dernier. D'éventuelles restrictions visant les diplomates et les touristes russes doivent être discutées lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg.
M. Sikorski a aussi soutenu un nouveau durcissement des sanctions contre Moscou. Il a qualifié le nouveau paquet, qui vise plus de 1 600 personnes et entités, de « train de sanctions le plus sévère à ce jour » et a déclaré qu'il répondait au refus de Vladimir Poutine de faire des concessions.
Pression sur la Russie autour des pourparlers sur l'Ukraine
Donald Trump a exhorté l'Ukraine à cesser ses attaques contre les raffineries russes, qui selon lui menacent l'approvisionnement énergétique mondial, avant d'évoquer un « cessez-le-feu énergétique » convenu. Aucune des deux parties n'a confirmé qu'un tel arrangement était entré en vigueur. Volodymyr Zelensky a déclaré que la Russie continuait d'attaquer les infrastructures énergétiques ukrainiennes et qu'un accord devrait protéger les installations énergétiques dans les faits, et non se limiter à restreindre les frappes contre les raffineries. S'exprimant auprès de Bloomberg, M. Sikorski a demandé à Washington de ne pas faire pression sur Kyiv dans les négociations visant à mettre fin à la guerre, et il a rappelé que la Russie avait lancé l'invasion à grande échelle de l'Ukraine et demeurait une menace pour la sécurité occidentale et la paix mondiale.
Nous apprécions l'engagement du président Trump dans les efforts visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine. En Pologne, toutefois, nous pensons que cela produira un résultat si la pression est appliquée à l'agresseur, et non à la victime.
Candidature au G20 et Royaume-Uni
Lors d'une visite à Londres, M. Sikorski a déclaré qu'il chercherait à obtenir une invitation pour la Pologne au sommet du G20 à Manchester. En retour, Varsovie soutiendrait les efforts visant à approfondir la coopération entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Il a indiqué que la Pologne attendait la réciprocité sur la participation au G20, car son développement économique des trente dernières années mérite d'être reconnu.


