
La Pologne laisse son taux directeur à 3,75 %, la banque centrale évaluant l'inflation énergétique
Le Conseil de politique monétaire a maintenu le taux de référence polonais inchangé le 7 octobre, son gouverneur Adam Glapiński invoquant les chocs énergétiques mondiaux et signalant des réserves d'or proches de 673 tonnes.
Décision de politique monétaire et niveaux des taux
Le Conseil de politique monétaire a clos sa réunion le mercredi 7 octobre 2026 en maintenant tous les taux d'intérêt de la Banque nationale de Pologne à leurs niveaux existants. La décision laisse le principal taux de référence à 3,75 %, niveau inchangé depuis une baisse de 25 points de base en mars 2026. Le taux lombard s'établit à 4,25 %, le taux de dépôt à 3,25 %, le taux de réescompte à 3,80 % et le taux d'escompte à 3,85 %. Le gouverneur de la banque centrale, Adam Glapiński, s'est exprimé devant les journalistes à Varsovie le jeudi 8 octobre pour expliquer l'évaluation macroéconomique qui sous-tend la décision.
- Taux de dépôt
- 3.25 %
- Taux de référence
- 3.75 %
- Taux de réescompte
- 3.8 %
- Taux d'escompte
- 3.85 %
- Taux lombard
- 4.25 %
Les coûts de l'énergie poussent l'inflation au-dessus de la cible
Les estimations rapides officielles de l'Office polonais de la statistique situent l'inflation des prix à la consommation à 4,0 % sur un an en septembre 2026, contre 3,4 % en août, avec une progression de 0,7 % sur un mois. Ce chiffre de septembre a porté la croissance des prix à la consommation au-dessus de la fourchette cible de la banque centrale, fixée à 2,5 % avec une marge de plus ou moins un point de pourcentage. M. Glapiński a déclaré que les prix de l'énergie avaient généré 60 % de la hausse de l'indice des prix à la consommation en septembre, une contribution supérieure de 1,6 point de pourcentage à celle enregistrée en juin. Il a attribué la hausse des prix des matières premières aux chocs d'offre internationaux provoqués par le conflit en cours au Moyen-Orient, qui ont fait monter les prix mondiaux du pétrole brut et du gaz naturel européen. Le patron de la banque centrale a ajouté que les coûts des carburants à la pompe avaient augmenté en raison de l'absence de mesures de protection gouvernementales.
Évaluation des effets de contagion et perspectives de novembre
Malgré la hausse des prix à la pompe, M. Glapiński estime que les effets secondaires dans les autres secteurs de l'économie restent contenus pour l'instant. Les calculs de la banque centrale indiquent que l'inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, a reculé en septembre, ce qui traduit une transmission limitée des prix aux biens et services courants. M. Glapiński a déclaré que les prévisions actuelles montrent que l'inflation annuelle pourrait repasser sous 3,5 % dès octobre. Répondant aux discussions de marché sur un éventuel resserrement monétaire lors de la réunion de novembre, il a indiqué qu'une hausse était possible mais qu'il ne l'attendait pas au vu des données actuelles. Le Conseil examinera les projections macroéconomiques actualisées préparées par les services de la banque avant de décider des taux d'intérêt en novembre. M. Glapiński a confirmé que l'autorité monétaire était prête à réagir si les pressions sur les prix s'élargissaient.
Si les risques liés à l'inflation augmentent, le Conseil est prêt à agir.
- Le Conseil de politique monétaire abaisse le taux de référence de 25 points de base
- L'inflation de septembre monte à 4,0 %, au-dessus de la borne haute de la cible de 3,5 %
- Le Conseil de politique monétaire vote le maintien du taux de référence à 3,75 %
- Adam Glapiński explique les facteurs de l'inflation et présente les réserves d'or
- Le Conseil examine la nouvelle projection macroéconomique pour arrêter sa position sur les taux
Risques budgétaires et réserves d'or en expansion
M. Glapiński a évoqué des facteurs externes et internes susceptibles d'entretenir les pressions inflationnistes jusqu'en 2027, notamment la demande des ménages, un chômage faible et l'activité économique en Allemagne. Il a relevé l'absence de resserrement budgétaire dans le projet de budget de l'État pour 2027, qui prévoit un déficit des administrations publiques de 7,1 % du produit intérieur brut. Tout en reconnaissant que des coûts d'emprunt plus élevés compliquent la gestion de la dette souveraine, M. Glapiński a défendu l'indépendance de la politique monétaire dans un récent message écrit.
Bien sûr, nous avons un déficit énorme, nous avons une dette qui croît rapidement. Des taux plus élevés n'aideront pas, bien sûr, mais notre objectif premier est de garder les prix sous contrôle.
Le gouverneur de la banque centrale a également indiqué que la Pologne détenait 672 tonnes et 900 kilogrammes d'or à la fin septembre 2026, pour une valeur de 348,6 milliards de zlotys. La banque maintient un objectif officiel de porter les réserves nationales d'or à 700 tonnes.


