
Le Parlement catalan débat d'une loi limitant l'achat de logements à la résidence principale, mais Junts et le PP retardent le vote par un recours juridique
Le Parlement catalan s'apprête à débattre d'un projet de loi qui limiterait l'achat de logements dans les zones tendues à la résidence principale ou à la location longue durée, mais les partis d'opposition Junts et le PP ont demandé au Conseil de garanties statutaires de la région d'examiner sa constitutionnalité, repoussant un vote final au plus tôt en septembre.
Les restrictions proposées
Le projet de loi, porté par le parti Comuns et soutenu par le PSC et l'ERC au pouvoir, modifie la loi catalane sur l'urbanisme pour permettre aux municipalités des zones de marché résidentiel tendu de restreindre les achats spéculatifs. Dans ces zones, qui couvrent 90 % de la population catalane, tout acheteur (particulier ou entreprise, gros propriétaire ou non) serait tenu d'utiliser le bien comme résidence principale ou de le louer comme logement permanent. Les locations de courte durée, les locations touristiques, les usages professionnels et la revente rapide seraient interdits. Les biens hérités tomberaient également sous le coup des règles, et les propriétaires disposeraient de douze mois pour se conformer. Des exceptions existent pour l'achat d'un logement pour un parent jusqu'au deuxième degré de parenté, et pour une seule résidence secondaire dans une municipalité différente. Les infractions seraient considérées comme très graves dans le cadre d'un régime de sanctions élargi.
Soutien politique et opposition
La loi est le prix du soutien des Comuns au budget du président Salvador Illa et représente l'intervention la plus ambitieuse jamais tentée en Espagne en matière de logement. Le parti de gauche soutient qu'elle freinera l'accumulation de logements par les investisseurs et les fonds.
Cid, le porte-parole des Comuns, a déclaré que les inégalités en Catalogne reposent sur ceux qui accumulent des logements pour percevoir des loyers, souvent de gros propriétaires et des banques. Junts et le PP, cependant, considèrent le projet de loi comme une atteinte au droit de propriété et à l'autonomie municipale.L'ordre du patronat et Junts exécutent.
Vergés a également accusé le gouvernement de tenter de faire adopter la loi en urgence par une seule lecture pendant l'été, qualifiant cette tactique de « manœuvre d'août ».Cela touche un droit fondamental, le droit au logement, et affecte également les compétences des municipalités.
Recours juridique et retard
Junts et le PP ont annoncé le 7 juillet qu'ils demanderont au Consell de Garanties Estatutàries (CGE), le Conseil de garanties statutaires de Catalogne, d'examiner la constitutionnalité du projet de loi. La demande suspend le processus parlementaire jusqu'à ce que le CGE rende son avis, ce qui peut prendre jusqu'à un mois. Le PP a également déclaré qu'il saisirait plus tard la Cour constitutionnelle espagnole. Le débat en séance plénière sur l'opportunité de traiter le projet de loi en une seule lecture était prévu cette semaine, mais le renvoi au CGE signifie qu'un vote final ne pourra avoir lieu avant la pause estivale.
- Junts et le PP annoncent qu'ils demanderont un examen par le CGE de la loi sur la spéculation immobilière.
- Le Parlement débat de l'opportunité de traiter le projet de loi en une seule lecture.
- Date limite pour que le CGE rende son avis non contraignant (un mois après le renvoi).
- Premier vote final possible sur la loi, selon des sources parlementaires.
La suite
Des sources parlementaires estiment que la loi ne sera pas soumise au vote avant septembre ou octobre, après que le CGE aura rendu son avis non contraignant. Même si le projet de loi finit par être adopté, les recours juridiques pourraient le faire annuler. Pour l'instant, la tentative la plus ambitieuse de remodeler le marché du logement catalan est en suspens.


