
La Linke de Berlin reporte son congrès au 31 octobre, les négociations de coalition s'éternisent
La Linke de Berlin a reporté son congrès, qui devait se prononcer vendredi 16 octobre sur l'ouverture de négociations de coalition, au 31 octobre. Le même jour, le chancelier Friedrich Merz a pressé le SPD et les Verts de mettre fin à leurs discussions avec la Linke.
Un congrès reporté alors que les discussions s'éternisent
La Linke de Berlin a reporté son congrès du vendredi 16 octobre au 31 octobre. Le directeur général du parti au niveau régional, Bjoern Tielebein, a informé les membres lundi 12 octobre que les discussions exploratoires avec le SPD et les Verts se poursuivaient et que leur date de fin restait incertaine. Le congrès devait examiner un document exploratoire finalisé et voter sur l'ouverture de négociations de coalition, mais les statuts du parti exigent que les délégués reçoivent le document 72 heures à l'avance, soit mardi soir 13 octobre au plus tard. Les vacances d'automne à Berlin, du 19 au 31 octobre, ont également pesé, et un achèvement des discussions d'ici mardi est jugé improbable. Les Verts avaient eux aussi prévu un congrès pour vendredi, qui ne se tiendra que si les trois partis trouvent un accord d'ici là.
- Élections à la Chambre des députés de Berlin, la Linke devient de loin le parti le plus fort
- La Linke, les Verts et le SPD présentent un accord commun contre l'antisémitisme
- La Linke de Berlin annonce le report de son congrès
- Séance constitutive du groupe parlementaire de la Linke, décision sur Vanessa Emde
- Date initialement prévue du congrès de la Linke, désormais reportée
- Nouvelle date proposée pour le congrès de la Linke
Merz presse le SPD de mettre fin aux discussions
Le chancelier Friedrich Merz, qui préside également la CDU, a appelé le SPD et les Verts à mettre immédiatement fin aux discussions avec « ce parti de gauche radicale ». Il a décrit la situation à Berlin comme un processus sans précédent et estimé qu'une majorité avec la CDU à la Chambre des députés de Berlin permettrait de former un gouvernement stable. Merz a qualifié la Linke berlinoise de « particulièrement extrême et radicale » et affirmé que l'antisémitisme au sein de son groupe parlementaire ne pouvait être passé sous silence. Dans une déclaration, il a ajouté :
J'espère que le SPD reviendra à la raison.
Merz a également averti qu'une coalition du SPD et des Verts avec la Linke à Berlin constituerait une « lourde charge » pour la coopération au niveau fédéral, remettant en cause la coalition fédérale avec le SPD. La Linke était devenue de loin le parti le plus fort lors de l'élection à la Chambre des députés de Berlin le 20 septembre.
Logement et sécurité divisent le trio
Au cinquième jour des discussions, les trois partis devaient aborder les transports, la protection du climat, la cohésion sociale ainsi que les loyers et le logement. Les loyers et le logement constituent le différend le plus vif : le président régional du SPD, Steffen Krach, rejette l'objectif de la Linke et des Verts de socialiser les grands groupes immobiliers, tandis que le co-président régional de la Linke, Maximilian Schirmer, a déclaré à la RBB :
Si la gauche gouverne, la socialisation doit aussi avoir lieu.
Krach a insisté sur la sécurité intérieure, affirmant que celui qui dirige l'administration de l'intérieur doit renforcer la police et l'Office de protection de la Constitution, ce qu'il a qualifié de « condition de base ». Schirmer soutient que l'Office de protection de la Constitution, dans sa forme actuelle, ne fonctionne pas, alors même que le pacte contre l'antisémitisme des trois partis les engage à renforcer les deux institutions pour protéger la vie juive à Berlin. Une caisse régionale vide complique le financement des promesses électorales, avec des écarts de plusieurs milliards en perspective. Schirmer a indiqué que les négociateurs voulaient prendre le temps nécessaire, laissant ouverte la question d'une décision d'ici vendredi.
Un différend au sein de la Linke
Le président fédéral de la Linke, Luigi Pantisano, a déclaré lundi que la « liberté d'expression » permettait aux membres de s'écarter des décisions du parti. Lors de la séance constitutive du groupe parlementaire de la Linke de Berlin, mardi 13 octobre, les membres doivent décider si Vanessa Emde, députée de Neukölln à la Chambre des députés, rejoint le groupe. Mme Emde rejette le droit des États à exister, ce qui contredit l'engagement du parti en faveur du droit à l'existence d'Israël, engagement figurant aussi dans le document de pré-exploration, et le SPD a officieusement demandé qu'elle n'y soit pas admise. Vendredi 9 octobre, la députée au Bundestag Tamara Mazzi a publié une lettre ouverte signée par environ 120 responsables de la Linke, critiquant le document pour avoir laissé le SPD et les Verts introduire dans le parti des « mécanismes de discipline et de division venus de l'extérieur ». Dix-huit des 64 députés de la Linke au Bundestag l'ont signée, et huit des signataires siègent à la direction fédérale, tous originaires d'Allemagne de l'Ouest. Dietmar Bartsch a estimé qu'il n'était « pas un hasard » que les signataires soient principalement des personnes n'ayant jamais mené de négociations de coalition et venant presque toutes de l'Ouest. Les trois partis ont présenté leur accord contre l'antisémitisme le jeudi 8 octobre, qui les engage en faveur du droit à l'existence d'Israël et menace d'exclusion en cas de manquement.

