
La Jamaïque demande au roi Charles III de soumettre la question des réparations pour l'esclavage au Conseil privé
Une délégation jamaïcaine menée par la ministre de la Culture Olivia Grange présentera une pétition à Londres demandant au roi Charles III de soumettre trois questions sur l'esclavage transatlantique au Comité judiciaire.
Trois questions juridiques pour le Conseil privé
Une délégation du gouvernement jamaïcain menée par Olivia Grange, ministre de la Culture, du Genre, du Divertissement et des Sports, doit soumettre une pétition au roi Charles III lundi à Londres. En tant que chef d'État de la Jamaïque, le monarque britannique sera invité à renvoyer trois questions juridiques spécifiques concernant la traite transatlantique des esclaves au Comité judiciaire du Conseil privé. Le comité judiciaire fait office de plus haute cour d'appel pour la nation caribéenne. La pétition est le premier cas d'un membre du Commonwealth utilisant cette voie juridique pour aborder les réparations pour l'esclavage historique. Le ministère a confirmé que la mission diplomatique présentera officiellement la documentation lors d'engagements officiels dans la capitale britannique.
Les questions juridiques sollicitent un avis consultatif sur le point de savoir si l'asservissement des Africains en Jamaïque était conforme au droit anglais, s'il violait le droit international et si le Royaume-Uni a actuellement une obligation légale d'accorder des réparations.
Cette nouvelle approche juridique est adoptée après des années de délibérations et vise à obtenir la résolution tant attendue de centaines d'années des abus les plus horribles que nos ancêtres africains ont subis.
Historique des indemnisations et réponse royale
Le gouvernement jamaïcain a déclaré qu'il cherchera des réponses à ces questions juridiques avant de décider de lancer une demande formelle d'indemnisation financière contre l'État britannique. La voie juridique examinée se concentre sur la clarification de la responsabilité souveraine plutôt que sur la fixation de conditions de paiement immédiates. Grange a souligné que le Royaume-Uni n'a achevé le remboursement des prêts contractés au XIXe siècle pour indemniser les propriétaires d'esclaves après l'abolition de l'esclavage qu'en 2015. Le palais de Buckingham a déclaré que le roi Charles III n'a pas l'autorité personnelle pour statuer sur la pétition et que tout renvoi au Comité judiciaire du Conseil privé doit suivre des mécanismes légaux.
Un porte-parole de la résidence royale a détaillé la position du monarque sur la réconciliation historique.
Le roi a exprimé à plusieurs reprises son engagement personnel et sans réserve à promouvoir une compréhension plus approfondie de la question de l'esclavage et à trouver des moyens de réparer les préjudices historiques pour le bien des communautés d'aujourd'hui.
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Discussions sur le rapatriement au British Museum
Lors de la visite diplomatique au Royaume-Uni, la délégation jamaïcaine prévoit également de rencontrer des représentants du British Museum. Les discussions porteront sur le rapatriement potentiel d'objets culturels pris pendant l'époque coloniale et conservés dans la collection de l'institution. Parmi les biens culturels demandés figurent des artefacts appartenant au peuple autochtone Taíno, que les autorités jamaïcaines identifient comme un patrimoine culturel essentiel.
L'initiative diplomatique a lieu avant une prochaine tournée dans les Caraïbes du monarque de 77 ans et de la reine Camilla, un voyage qui n'inclut pas la Jamaïque à son itinéraire. Les gouvernements caribéens de toute la région ont continué à demander des excuses officielles et des réparations aux puissances européennes pour la traite transatlantique. Alors que les membres contemporains de la famille royale britannique ont exprimé des remords pour l'implication de leurs ancêtres dans la traite des esclaves, ils se sont abstenus de présenter des excuses d'État ou d'accepter des accords financiers.


