
Le Parlement hongrois vote la destitution du président alors que Magyar fait adopter le 17e amendement constitutionnel
Le Parlement hongrois a adopté le 13 juillet 2026 un amendement constitutionnel qui met fin au mandat du président Tamás Sulyok, un proche du Fidesz, et lui donne cinq jours pour le signer sous peine de destitution.
Le vote et ses conséquences immédiates
Le Parlement monocaméral hongrois a adopté le 17e amendement à la Loi fondamentale du pays lundi 13 juillet 2026, avec 139 voix pour et six contre. L'amendement met fin au mandat du président Tamás Sulyok, élu en mars 2024 par le précédent Parlement dominé par le Fidesz, et prévoit qu'un successeur soit choisi pour siéger jusqu'à l'adoption d'une nouvelle constitution ou pour une durée maximale de cinq ans. Le Premier ministre Péter Magyar a qualifié cette journée de « jour important dans l'histoire moderne de la Hongrie et dans la transition vers la démocratie ».
Ce serait une trahison du peuple hongrois si nous ne touchions pas à cette constitution.
Le parti au pouvoir TISZA détient une majorité constitutionnelle dans l'assemblée de 199 sièges, ce qui lui permet de modifier la Loi fondamentale sans le soutien de l'opposition. Les députés du Fidesz ont boycotté la séance dans son intégralité. Gergely Gulyás, chef du groupe parlementaire Fidesz, a démissionné de ce poste lundi pour protester contre les changements.
Ce que contient l'amendement
Au-delà de la destitution du président, le 17e amendement introduit une limite de trois mandats ou de douze ans pour les mandats parlementaires, abaisse l'âge de la retraite des juges de la Cour constitutionnelle à 70 ans et crée un bureau spécial pour la récupération et la protection des biens détournés pendant les seize ans de pouvoir de Viktor Orbán. Il s'agit du deuxième amendement constitutionnel adopté sous le gouvernement Magyar ; le 16e amendement, adopté en mai, imposait une limite de huit ans au mandat du Premier ministre, en comptant tous les mandats depuis 1990, ce qui empêche effectivement Orbán d'occuper à nouveau cette fonction.
Ils ont organisé le pays de telle sorte que la volonté d'un seul homme soit devenue la source du travail législatif. Le parti TISZA a reçu un mandat clair et énorme, les deux tiers des voix, permettant le démantèlement de ce système.
L'ultimatum au président Sulyok
Magyar a annoncé samedi que Sulyok dispose de cinq jours pour signer l'amendement. S'il refuse, le Parlement engagera immédiatement une procédure de destitution. Le mandat de Sulyok devait courir jusqu'en mars 2029. Selon la constitution actuelle, un président peut être destitué pour non-respect de la Loi fondamentale, violation délibérée des devoirs de sa charge ou commission d'une infraction pénale. Sulyok a déclaré qu'il n'existait aucun motif juridique ou constitutionnel justifiant sa démission.
Il n'existe actuellement aucun motif juridique ou constitutionnel qui justifierait ma démission.
Sulyok a précédemment signé le 16e amendement en juin, mais a contesté le 17e amendement devant la Cour constitutionnelle. Il a également soumis des questions sur la légalité de la procédure de destitution à la Commission de Venise. Le rôle du président hongrois est en grande partie cérémoniel, bien que la fonction ait le pouvoir d'envoyer la législation à la Cour constitutionnelle pour un examen préventif.
Réaction du Fidesz et manifestations de rue
Plusieurs milliers de partisans d'Orbán ont manifesté devant le palais présidentiel à Budapest jeudi 9 juillet pour défendre Sulyok. Orbán lui-même n'a pas assisté à la manifestation ; il s'est rendu aux États-Unis pour la Coupe du monde de football et publie sur les réseaux sociaux ce qu'il appelle la mort de la démocratie hongroise. Le Fidesz a qualifié les changements constitutionnels de politiquement motivés et juridiquement incompatibles avec la Loi fondamentale.
La suite
Magyar a annoncé qu'un « grand projet commun » avec les citoyens sera lancé à l'automne pour rédiger une toute nouvelle constitution en remplacement de la Loi fondamentale de 2011 adoptée sous le Fidesz. La destitution des proches du Fidesz des principales institutions de l'État était une promesse de campagne centrale du TISZA. Depuis son entrée en fonction il y a plus de deux mois, Magyar a également appelé à la démission du président de la Cour constitutionnelle, du président de la Cour suprême et du chef du Conseil des médias.
- Tamás Sulyok élu président par le Parlement dominé par le Fidesz.
- Adoption du 16e amendement, instaurant une limite de huit ans au mandat du Premier ministre.
- Le président Sulyok signe le 16e amendement.
- Plusieurs milliers de partisans d'Orbán manifestent à Budapest pour défendre le président Sulyok.
- Le Parlement adopte le 17e amendement mettant fin au mandat de Sulyok ; un ultimatum de cinq jours pour la signature commence.


