
La Hongrie révoque le statut de réfugié de l'ex-ministre polonais de la Justice Ziobro et de son adjoint, ouvrant la voie à une extradition vers les États-Unis
Budapest a révoqué le statut de réfugié de l'ancien ministre polonais de la Justice Zbigniew Ziobro, de son épouse et de l'ex-adjoint Marcin Romanowski, ce qui soulève la perspective d'une bataille d'extradition avec les États-Unis.
L'ordre de révocation
Les autorités hongroises ont officiellement retiré le statut de réfugié et invalidé les documents de voyage de la Convention de Genève de trois ressortissants polonais : l'ancien ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, son épouse Patrycja Kotecka‑Ziobro et l'ancien ministre adjoint Marcin Romanowski. Le ministre des Affaires étrangères Radosław Sikorski a confirmé la décision sur X jeudi.
J'ai reçu une confirmation écrite que la Hongrie a révoqué le statut de réfugié de Marcin Romanowski, Zbigniew Ziobro et Patrycja Kotecka‑Ziobro. Elle a également invalidé leurs documents de voyage. Les rouages de la justice tournent lentement, mais ils tournent.
Cette décision émane de la nouvelle administration du Premier ministre Peter Magyar, qui s'était engagé à remettre les politiciens fugitifs à la Pologne. Romanowski avait obtenu l'asile en décembre 2024 après l'émission d'un mandat d'arrêt polonais et d'un mandat d'arrêt européen, tandis que Ziobro avait obtenu une protection en janvier 2026.
La réponse de Ziobro depuis les États-Unis
Ziobro, désormais aux États-Unis en tant que commentateur pour Telewizja Republika, a minimisé l'importance de la décision hongroise. Dans des déclarations au diffuseur, il a insisté sur le fait que son visa américain ne dépend pas du document révoqué.
Ils ne savent pas qu'un visa est indépendant du document sur lequel il a été délivré. Un visa vous permet de fonctionner dans un pays donné, par exemple les États-Unis, que ce document soit actuellement valide ou non.
Il a déclaré ne pas avoir encore consulté son avocat hongrois et avoir l'intention de vérifier les motifs de la décision, évoquant une procédure d'appel. Ziobro a également accusé le gouvernement polonais de mener une affaire à motivation politique.
Il n'y a pas de limite à l'absurdité que les autorités actuelles ne seraient pas capables de franchir.
Implications juridiques pour l'extradition
Le ministre polonais de la Justice et procureur général Waldemar Żurek a salué la décision hongroise, déclarant que le gouvernement utilisera « tous les moyens juridiques pour traduire les fugitifs devant un tribunal polonais ». Des experts juridiques estiment que la perte du statut d'asile supprime un obstacle clé.
La révocation de l'asile politique pourrait changer la situation de Zbigniew Ziobro. Si les autorités polonaises demandent son extradition depuis les États-Unis, il perd l'argument selon lequel la situation en Pologne est si grave qu'il a dû demander l'asile dans un autre pays. C'est un point pour l'accusation, qui devra convaincre les États-Unis du bien-fondé de l'extradition.
Si le séjour de Ziobro aux États-Unis devient irrégulier, les responsables polonais pourraient s'adresser à l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) américaine pour signaler une présence illégale.
Où se trouvent les fugitifs
Ziobro a confirmé le 10 mai avoir quitté la Hongrie pour les États-Unis via l'Italie, voyageant avec un visa de travail après avoir rejoint Telewizja Republika. La localisation de Marcin Romanowski reste inconnue ; des spéculations pointent vers la Serbie, mais aucune preuve n'a émergé. Son document de voyage hongrois a également été invalidé.
- Marcin Romanowski obtient l'asile en Hongrie après l'émission d'un mandat d'arrêt polonais et d'un mandat d'arrêt européen.
- Zbigniew Ziobro et Patrycja Kotecka‑Ziobro obtiennent le statut de réfugié en Hongrie.
- Ziobro confirme être aux États-Unis, ayant quitté la Hongrie via l'Italie avec un visa de travail.
- La Hongrie révoque le statut de réfugié et invalide les documents de voyage pour les trois personnes.
Contexte diplomatique
La décision marque un revirement politique net après le changement de gouvernement à Budapest. L'administration de Viktor Orbán avait accordé l'asile au trio, tandis que le cabinet entrant de Magyar s'est empressé d'annuler ces protections. Les responsables polonais considèrent cette étape comme une percée dans une longue poursuite judiciaire liée au scandale du Fonds pour la Justice.


