
Le ministre de l'Intérieur suspend les grenades de désencerclement alors que les manifestations lycéennes rassemblent 250 000 personnes dans le pays
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a suspendu l'usage des grenades de désencerclement contre les lycéens manifestants après qu'un adolescent de 15 ans a perdu sa main à Lens, à la suite de manifestations nationales qui ont fermé des centaines d'établissements.
Suspension des grenades de désencerclement après la blessure de Lens
Le gouvernement français a suspendu le déploiement des grenades de désencerclement lors des manifestations lycéennes le mercredi 7 octobre 2026. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé cette mesure après un incident survenu dans la ville de Lens, dans le Nord, le lundi 5 octobre, où un lycéen de 15 ans a perdu sa main lors d'affrontements avec les policiers anti-émeute. Laurent Nuñez a évoqué une forte probabilité qu'une munition policière non létale soit à l'origine de l'amputation, ce qui a entraîné la suspension immédiate dans l'attente des enquêtes administratives. L'IGPN, l'inspection générale de la police nationale, a ouvert 18 enquêtes distinctes pour déterminer si les agents ont respecté la proportionnalité de la force pendant la vague de manifestations en cours. La directive ministérielle fait suite aux critiques d'organisations de défense des droits civiques, de syndicats lycéens et de parlementaires de l'opposition sur les tactiques policières face aux manifestants mineurs.
Je suspends leur usage pour le mouvement lycéen jusqu'à ce que la lumière soit faite sur ce qui s'est passé dans ce cas.
- Début de la première vague de manifestations et de blocages lycéens dans les établissements français
- Un lycéen de 15 ans perd sa main à Lens lors d'affrontements avec les policiers anti-émeute
- Les manifestations nationales rassemblent des centaines de milliers de personnes et la police interpelle 488 personnes
- Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez suspend l'usage des grenades de désencerclement face aux lycéens
Mobilisation nationale et affrontements pour le maintien de l'ordre
La troisième journée de mobilisation nationale, le mardi 6 octobre, a donné lieu à des débrayages dans les villes françaises. Le ministère de l'Intérieur a estimé la participation nationale à 250 000 personnes, tandis que les organisations à l'origine des appels ont fait état de 500 000 manifestants dans les rues. À Paris, entre 56 000 et 100 000 personnes ont défilé entre la place de la République et la place de la Nation, où des enseignants ont formé des chaînes humaines le long du parcours pour protéger les élèves les plus jeunes. Les tensions sont montées près de la place de la Nation, où les forces de l'ordre se sont heurtées à environ 300 manifestants radicaux qui ont lancé des pierres, des engins incendiaires et du mobilier urbain. Les policiers ont répliqué avec du gaz lacrymogène, des canons à eau et des grenades de dispersion à Paris, Lyon, Strasbourg et Marseille. Les autorités ont interpellé 488 personnes dans le pays mardi, 43 agents des forces de l'ordre ont été blessés et le total des interpellations depuis le début des troubles, le 28 septembre, s'élève à 6 547.
- National (ministère de l'Intérieur)
- 250000
- National (organisateurs)
- 500000
- Paris (police)
- 56000
- Paris (organisateurs)
- 100000
Revendications sur les infrastructures et les coupes dans l'éducation
Les lycéens se sont mobilisés contre la dégradation des conditions de classe, la vétusté des bâtiments et le manque persistant de personnel dans les établissements du secondaire. Des manifestants de la banlieue parisienne ont cité des classes allant jusqu'à 38 élèves, l'absence de personnel technique et des infestations de rongeurs dans des bâtiments anciens. Des représentants lycéens, dont Elwann, du lycée Jacques Decour à Paris, ont exigé une augmentation du budget, des réparations immédiates des bâtiments et l'abrogation de la plateforme d'admission universitaire Parcoursup. Plus de 500 établissements restaient fermés totalement ou partiellement mercredi matin. S'exprimant devant l'Assemblée nationale, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a indiqué que 24 établissements avaient subi des dégâts graves causés par un incendie ou du vandalisme, touchant directement 30 000 élèves. Édouard Geffray a recensé 215 élèves blessés et 88 blessés parmi le personnel scolaire depuis la mi-septembre.
Nous n'avons jamais vu une chose pareille.
Conséquences politiques et solidarité transfrontalière
Les troubles ont entraîné des interventions gouvernementales et un débat parlementaire. Le président Emmanuel Macron a convoqué le Premier ministre Sébastien Lecornu et des ministres à une réunion en soirée au palais de l'Élysée pour évaluer la sécurité publique. S'adressant aux parlementaires, Sébastien Lecornu a condamné les actes de destruction commis en marge des manifestations et appelé à la responsabilité individuelle des mineurs, tout en critiquant La France insoumise. Des figures politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, la cheffe de file des Écologistes Marine Tondelier et le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, ont rejoint les manifestants à Paris. Les manifestations ont donné lieu à des actions transfrontalières en Italie, où des collectifs lycéens ont occupé des établissements secondaires à Turin et à Rome, des délégations d'élèves italiens se rendant à Paris avant les dates de grève internationale prévues le 20 novembre.


