La France s'en prend à elle-même et remet en question la qualité de l'arbitrage après sa défaite en demi-finale de la Coupe du monde contre l'Espagne
Une défaite 2-0 au AT&T Stadium d'Arlington, au Texas, a mis fin au parcours de la France en Coupe du monde en demi-finale, suscitant des admissions franches de la part des joueurs et des questions précises de l'entraîneur Didier Deschamps sur la performance de l'arbitre salvadorien.
L'Espagne a mis fin au parcours de la France en Coupe du monde avec une victoire décisive 2-0 en demi-finale au AT&T Stadium d'Arlington, au Texas, mardi soir. Le résultat a laissé les joueurs français et l'entraîneur Didier Deschamps aux prises avec une performance qu'ils ont décrite comme techniquement insuffisante, ponctuée de questions pointues sur l'arbitrage de l'arbitre salvadorien Iván Barton.
Autocritique française
Rayan Cherki, l'attaquant de Manchester City entré en jeu en seconde période en remplacement de l'inefficace Olise, a livré l'analyse la plus franche de la soirée. Il a insisté sur le fait que la chute de la France venait de l'intérieur, pas de l'arbitre ni de leurs adversaires.
C'est incroyablement dur, nous avions tout pour atteindre la finale. Pour être honnête, je pense que toutes les équipes nous craignaient et la seule équipe qui nous a battus, c'est nous-mêmes. Nous nous sommes vaincus. Nous n'avons pas perdu contre l'arbitre. Nous n'avons pas perdu contre l'Espagne. Nous avons perdu contre nous-mêmes.
Il a concédé que l'équipe de Luis de la Fuente a joué selon ses forces tandis que la France ne l'a pas fait, reconnaissant que l'Espagne était supérieure dans tous les domaines et semblait vouloir la victoire davantage. Kylian Mbappé a fait écho au sentiment de déficit technique, déclarant que la France avait été en dessous du niveau requis face à une équipe qui a très bien joué. Il a souligné un manque de danger offensif et des erreurs de passes qui auraient pu créer des occasions de but, acceptant que l'Espagne avait montré quelque chose de plus psychologiquement et mentalement.
Deschamps sur l'arbitre
Didier Deschamps a reconnu la nette supériorité technique de l'Espagne mais est revenu à plusieurs reprises sur la désignation d'Iván Barton. Le sélectionneur français n'a pas formulé d'accusation directe mais a présenté son mécontentement comme une question qu'il laissait aux journalistes pour y répondre eux-mêmes.
Si je dis quoi que ce soit, je passerai pour un mauvais perdant parce que nous avons perdu. Mais je vous demande : cet arbitre a-t-il le niveau pour arbitrer une demi-finale ? Ce n'est pas seulement le penalty. C'est une accumulation de choses.
Il a fait référence au penalty accordé contre Digne pour une faute sur Lamine Yamal, transformé par Mikel Oyarzabal pour le premier but, mais a souligné que son mécontentement s'étendait à de multiples situations qu'il jugeait défavorables à la France. Dans des entretiens avec M6 et beIN Sport, il a demandé si Barton avait la qualité nécessaire pour un match de cette envergure et a insisté sur le fait que son avis n'était pas uniquement dicté par la défaite.
Le contrôle de l'Espagne et les limites de la France
Deschamps a admis que son équipe a été empêchée de jouer son style préféré. La capacité de l'Espagne à intercepter les attaques tôt et sa maîtrise de la possession ont forcé la France à adopter une posture réactive, annihilant les transitions rapides qui avaient submergé les précédents adversaires. Le sélectionneur a noté un manque de précision technique et d'énergie, soulignant que son remplacement à la mi-temps d'Adrien Rabiot reflétait son mécontentement face à des passes qui n'ont pas lancé de contre-attaques. Mbappé, laissé isolé par la rupture dans la construction du jeu français, a été la principale victime d'un système qui n'a pas pu lancer sa ligne d'attaque rapide composée de Dembélé, Barcola et du capitaine lui-même.
Fin d'une ère
Plusieurs sources ont rapporté que la défaite met fin au mandat de Deschamps de plus d'une décennie, Zinedine Zidane étant pressenti pour prendre la relève. Le sélectionneur a refusé de confirmer si le prochain match pour la troisième place contre le perdant de la demi-finale Argentine-Angleterre serait son dernier, déclarant seulement qu'il restait pleinement engagé à préparer l'équipe pour le match de samedi. Il a demandé que les réalisations de l'équipe ne soient pas balayées à cause d'une défaite, tout en réitérant que l'Espagne avait simplement montré plus ce soir-là.
L'Espagne a montré quelque chose de plus que nous dans ce match. Nous devons l'accepter ; c'est le plus haut niveau, même si ça fait mal.

