
La France abaisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,7 %, sous l'effet du conflit au Moyen-Orient et d'un premier trimestre atone
Le ministre des Finances, Roland Lescure, a annoncé cette révision mardi, invoquant un premier trimestre faible et l'impact du conflit au Moyen-Orient, alors que le gouvernement prépare de nouvelles coupes budgétaires.
Révision des prévisions
Le gouvernement français a abaissé mardi sa prévision de croissance du PIB pour 2026 à 0,7 %, contre 0,9 % prévu depuis la mi-avril. Le ministre des Finances, Roland Lescure, a annoncé ce changement lors d'une réunion du comité d'alerte sur les finances publiques, une instance de contrôle créée en 2025. La précédente prévision de 0,9 % avait déjà été réduite par rapport à un chiffre initial de 1 % en avril, lorsque le gouvernement avait également relevé son estimation de l'inflation en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Cette révision tient compte d'un début d'année moins favorable que prévu, lié notamment à la législation budgétaire spéciale, ainsi que de la situation internationale, en particulier le conflit au Moyen-Orient.
- Le gouvernement fixe une prévision de croissance initiale de 1 % pour 2026.
- Prévision abaissée à 0,9 % en raison de la guerre au Moyen-Orient ; estimation de l'inflation relevée.
- La Banque de France abaisse sa prévision pour 2026 à 0,5 % (avant l'accord Iran-États-Unis).
- Le gouvernement révise sa prévision à 0,7 %, en phase avec l'Insee, le FMI et l'OCDE.
Raisons de la dégradation
L'économie s'est contractée de 0,1 % au premier trimestre, un recul surprise qui a donné un ton morose à l'année. Le ministère des Finances a indiqué que le deuxième trimestre serait marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'activité, et a adopté une approche prudente pour les troisième et quatrième trimestres. Selon l'Insee, l'institut national de la statistique, l'économie devrait rebondir avec une croissance de 0,3 % au deuxième trimestre avant de ralentir à 0,1 % au cours des deux derniers trimestres.
Si le recul de l'inflation observé en juin et la reprise de la consommation sont des signes encourageants, ils ne suffiront probablement pas à atteindre une croissance de 0,9 % pour l'année.
Alignement institutionnel
La nouvelle prévision gouvernementale de 0,7 % correspond à celles de l'Insee, du Fonds monétaire international et de l'OCDE, qui prévoient également une croissance de 0,7 % pour la France cette année. La Banque de France est plus pessimiste : elle a ramené sa propre prévision à 0,5 % en juin, même si cette estimation n'intégrait pas l'accord entre l'Iran et les États-Unis conclu peu après, qui a contribué à faire baisser l'inflation à 1,8 % en juin contre 2,4 % en mai.
- Gouvernement
- 0.7 %
- Insee
- 0.7 %
- FMI
- 0.7 %
- OCDE
- 0.7 %
- Banque de France
- 0.5 %
Implications budgétaires
Une croissance plus faible complique les calculs budgétaires du gouvernement. La France vise un déficit public de 5 % du PIB en 2026, après 5,1 % en 2025, le deuxième plus élevé de la zone euro derrière la Belgique. La dette publique s'élevait à 3 536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre. Le gouvernement avait déjà annoncé 6 milliards d'euros d'économies en avril, et de nouvelles coupes budgétaires devaient être dévoilées plus tard dans la journée de mardi. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présidé la réunion du comité d'alerte, qui a réuni ministres, parlementaires, représentants des collectivités locales, responsables de la sécurité sociale et syndicats pour évaluer la situation budgétaire tendue et fixer une orientation pour les finances publiques.


